par jean | Avr 16, 2012 | ARTICLES, Expérience de vie et relation, Hstoires et projets de vie, Société et culture en mouvement, Vision et sens |
L’expérience de Patrick.
Patrick a suivi des études supérieures dans le domaine de la médiation culturelle. Il a notamment réalisé un mémoire sur la perception des arts africains en France. A la suite de ces études, il s’oriente vers des activités professionnelles dans le domaine de l’éducation. Parallèlement, entre 20 et 25 ans, il découvre progressivement la Parole de Dieu et la foi chrétienne. Il se marie avec Nicole qui l’encourage dans cette évolution. Ils ont aujourd’hui trois enfants.
Aujourd’hui, Patrick travaille dans le domaine associatif au service de l’enfance. Patrick a toujours eu un désir d’apprendre au contact des autres. Dans cette perspective, à travers le milieu chrétien qu’il fréquente, il a accédé à un service d’aumônerie dans une prison. Quelle a été sa motivation ?: partager la foi qui a transformé sa vie pour que son expérience puisse bénéficier à ceux qu’il rencontre ; répondre à la demande de Christ qui nous appelle à visiter les prisonniers.
Ce qui est important, nous dit Patrick, c’est être vrai, exprimer avec sincérité les expériences vécues, ne pas jouer un rôle. En toutes circonstances, Patrick cherche à fonder sa réflexion sur la parole biblique. Pour lui, la Parole de Dieu est avant tout un message d’amour : Dieu nous aime chacun comme on est. Dieu nous encourage à nous aimer les uns les autres et nous exhorte à lui manifester notre amour.
On pourrait se demander en quoi les prisonniers ont besoin d’un tel message. De fait, ils ressentent souvent un besoin de considération, d’estime d’eux-mêmes. Au cours de leur vie, ils ont manqué d’affection et d’amour et la parole de Jésus retentit chez eux avec d’autant plus de force. Patrick leur rappelle aussi qu’aux yeux de Dieu, il n’y a aucun péché qui ne puisse être pardonné. Cette affirmation du pardon est source de libération, d’autant qu’elle va bien au-delà de la justice humaine.
Il y a là pour les prisonniers un horizon de vie parce que la plupart d’entre eux ressentent un sentiment d’injustice et de persécution dans l’attitude qu’ils ont perçue chez les représentants de la justice, considérant que leur cas personnel n’a pas été examiné dans toute sa profondeur et toute sa dimension. Ainsi, ils estiment ne pas avoir été suffisamment entendus et écoutés. Ils ont donc besoin d’avoir une oreille attentive à ce qu’ils ont vécu. Pour autant, le rôle de Patrick n’est pas de s’associer à leur critique de la justice, mais de leur proposer une autre dimension de la justice qui inclut le renouvellement à travers le pardon des péchés et la reconstruction que propose Jésus à travers sa résurrection.
Le changement apporté par la réception du message de Christ leur permet de s’affranchir d’une culpabilité qui est entretenue par le système judiciaire. Comme en prison des gens ayant accompli des délits ou des crimes très différents se mélangent et se côtoient, la transformation apportée par l’Evangile appelle également un changement de regard les uns sur les autres. C’est-à-dire que puisque nous sommes tous aimés de Dieu, nous sommes appelés à nous aimer les uns les autres. L’expérience de Patrick lui permet de dire qu’il a vu des détenus changer de regard et de comportement.
Cette intervention de Patrick s’inscrit dans une volonté de dialogue, d’échange. Il ne s’agit pas d’apporter un enseignement. C’est la relation qui compte. Dans cet esprit, Patrick nous dit qu’il a reçu des prisonniers au moins autant qu’il a pu leur apporter. « Ainsi, nous dit-il, aux yeux de Dieu et connaissant la trajectoire des uns et des autres, je me rends compte que je ne suis pas supérieur, ni même à l’abri d’une défaillance. Ce qui est important, c’est que nous sommes tous aimés de Dieu. »
Contribution de Patrick
par jean | Avr 8, 2012 | ARTICLES, Vision et sens |
La mort est une réalité si courante que nous risquons de l’accepter comme une fatalité. De près ou de loin, la mort se fait entendre. Elle est tapie ou bruyante. L’actualité s’en fait constamment l’écho. En regard, pour vivre, nous avons besoin de nous situer dans une inspiration de vie, et même de savoir quelles sont nos raisons de vivre. « J’ai mis devant toi la vie et la mort. Choisis la vie ! »(Deutéronome 30.19)
Le théologien Jürgen Moltmann nous aide à percevoir la mort comme le terme d’une puissance de destruction et, en regard, il proclame, en Christ, la victoire de la vie sur la mort.
Avec lui, nous pouvons analyser les processus qui mènent à la mort. Cette analyse s’effectue à différents niveaux.
Il est clair qu’à travers l’exploitation, l’oppression et l’aliénation, la puissance destructrice de la mort est particulièrement apparente à l’échelle politique. « Certaines décisions ont des conséquences incalculables pour la vie de millions de gens. Elles rendent la vie difficile et souvent impossible. Chaque jour, les faibles, les pauvres et les malades doivent lutter pour la survie.. ». Aujourd’hui, on voit aussi combien la protection du vivant est devenue un enjeu majeur.
La puissance destructrice qui mène à la mort se fait sentir également dans la vie sociale à travers le rejet, l’isolement et une solitude croissante.
Dans notre propre existence, face à la tentation du non sens ou de l’abandon, nous avons nous même chaque jour à prendre parti chaque jour pour la vie. « Chaque matin, la vie doit être à nouveau affirmée et aimée puisque, aussi bien, elle peut être déniée, refusée ou rejetée ».
« Pour lutter contre la mort et ne pas abandonner, nous avons besoin de croire que la mort peut être vaincue… La résurrection de Christ porte le « oui » de Dieu à la vie et son « Non » à la mort, et suscite nos énergies vitales… Les chrétiens sont des gens qui refusent la mort . « L’origine de la foi chrétienne est une fois pour toute la victoire de la vie divine sur la mort : « La mort a été engloutie dans la victoire » (1 Cor 15.54). C’est le cœur de l’Evangile. C’est l’Evangile de la Vie ».
Si la fête de Pâques évoque la résurrection de Jésus, en quoi contribue-t-elle à modifier pratiquement nos représentations et nos comportements ?
Ici Jürgen Moltmann proclame l’engagement chrétien dans le processus de la vie. « Là où Christ est présent, il y a la vie et il y a l’espoir dans la lutte de la vie contre la puissance de la mort…. Dans un amour créatif pour la vie, nous percevons que nous ne sommes pas seulement partie prenante aux énergies naturelles de la vie. Nous expérimentons aussi « les puissances du siècle à venir » (Héb 6.5). « Au commencement, était la Parole… En elle, était la Vie et la Vie était la lumière des hommes (Jean1.4). L’évangile de Jean est marqué par une théologie de la vie ».
Recevons et partageons la déclaration de foi que Jürgen Moltmann nous exprime en ces termes : « Cette théologie de la vie doit être le cœur du message chrétien en ce XXIè siècle. Jésus n’a pas fondé une nouvelle religion. Il a apporté une vie nouvelle dans le monde, et aussi dans le monde moderne. Ce dont nous avons besoin, c’est une lutte partagée pour la vie, la vie aimée et aimante, la vie qui se communique et est partagée, en bref la vie qui vaut d’être vécue dans cet espace vivant et fécond de la terre » (3) .
J.H.
Source
(1) Jürgen Moltmann. In the end..the beginning. Fortress presss. 2004 (Prochaine parution en français aux éditions Empreinte sous le titre : « De commencements en recommencements »
Jürgen Moltmann. La venue de Dieu. Cerf,1977
(2) Life against death, p. 75-77. Dans : Jürgen Moltmann. Sun of rightneousness, arise ! Fortress Pres, 2010.
(3) Texte à partir de l’article : « La vie contre la mort » dans le blog concernant la pensée de Jürgen Moltmann : http://www.lespritquidonnelavie.com/
par jean | Avr 8, 2012 | ARTICLES, Vision et sens |
Dans son livre : « Sa présence dans ma vie », Odile Hassenforder aime se rappeler et nous rappeler que la vie n’est pas dépourvue de sens. Ainsi, le dernier chapitre du livre est intitulé : « Tout se tient. Unité et harmonie en Dieu ». Elle écrit : « Qui suis-je pour être « collaboratrice » du créateur ? (Psaume 8). Dieu continue à créer avec chacun de nous et avec moi. « Le Père céleste agit sans cesse », dit Jésus, et il m’invite à participer à la nouvelle création mise en route dans sa résurrection » (p. 209). Extrait de ses écrits personnels et jusqu’ici non publié, dans une forme suggestive, ce texte est court, mais accompagné par des versets bibliques auxquels elle nous renvoie, il nous invite à aller au delà de nos impressions immédiates. JH
Comprendre la sagesse de Dieu.
Dieu a construit sa création
selon des règles de vie.
A nous de les observer
Admirer … adorer le Créateur.
A nous de rentrer dans ses places
Et de collaborer
Car il nous donne la force : toutes qualités : don, vie…intelligence.
Tout le long de la Vie.
Les refus, les obstacles opposés par les hommes sont utilisés par Dieu. Car les hommes enfermés dans leurs erreurs sont l’occasion d’une ouverture pour d’autres.
Chercher le positif que Dieu tire des déviations, épreuves.
Car Il poursuit son œuvre.
Et donne sa grâce, son pardon à tous les hommes
toutes les nations
qui reconnaîtront
Le Dieu de l’Univers
Manifesté à chacun.
Odile Hassenforder
15.10.2006
Textes bibliques en regard
Esaïe 28.23-29
Ecoutez ma parole attentivement.
Quel laboureur laboure la terre en tout temps pour y semer ?..
C’est son Dieu qui l’instruit des règles à suivre
l’enseigne
Car on ne foule pas l’aneth à l’aide d’un rouleau…
Tout cela vient de l’Eternel le Seigneur (de l’Univers).
Son plan est merveilleux
Sa sagesse est immense.
Proverbe 22.19
Pour que tu mettes ta confiance en l’Eternel,
Je vais t’instruire.
Psaume 92
versets 5-7
Ce que tu fais, Seigneur, me remplit de joie
L’ouvrage de tes mains, j’acclamerai
Tes pensées sont grandioses
Tes pensées sont profondes.
L’insensé n’y connaît rien
Le sot ne peut les comprendre.
verset 9
Eternel, tu es souverain pour l’éternité…
Voici. Tes ennemis périssent.
Romains 11
verset 33
Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science
verset 28-32
Si on considère comment les juifs ont refusé l’Evangile,
Devenus ennemis de Dieu, c’est pour votre bien.
Si on considère le choix de Dieu, ils sont ceux que Dieu aime à cause de leurs ancêtres, car Dieu ne change pas d’idées.
Vous connaissez Dieu parce que les juifs ont désobéi.
Eux aussi connaissent son pardon.
Car Dieu a emprisonné les hommes dans leur désobéissance afin de faire grâce à tous…
Les écrits d’Odile Hassenforder sont une ressource à laquelle nous faisons appel dans ce blog : Voir : « La grâce d’exister » (septembre 2011), « Lorsque Dieu nous parle de bonheur » (octobre 2011), « Accueillir la vie » (décembre 2011), « Horizon de vie » (février 2012).
par | Mar 2, 2012 | ARTICLES, Hstoires et projets de vie, Vision et sens |
Témoignage et réflexion de Philippe Molla en dialogue avec le texte précédent : « Dedans…dehors ! Face à l’exclusion, vivre une commune humanité ».
Merci à Jean pour ce travail personnel si précieux pour moi !
Encore un texte qui respire la liberté !
Ces mots résonnent tellement en moi que j’éprouve le besoin d’écrire
quelques pensées personnelles :
C’est pour moi un appel à sortir de mes conceptions humaines de qui je
crois être, ce regard souvent faussé qui m’empêche d’aller vers
l’autre. Mon prochain que je catalogue si facilement par ce qui
« frappe l’oeil « . Ne suis-je pas le prochain de mon prochain ?
J’ai tellement à apprendre de l’autre, d’une rencontre. Souvent l’homme se
plaint de ne pas trouver Dieu, peut-être par ce qu’il ne sort pas de
son enclos. Qui est notre maître, la crainte ou l’Amour ?
Qu’apprenons-nous dans notre milieu où nous nous construisons ?
Les différences de l’autre sont-elles une menace pour nous ? Ce » qui
sommes nous ? » que nous avons construit, si fragile, faut-il par tous
les moyens le protéger ? Pourquoi ?
À l’âge de 18 ans, je me sentais fort, bien construit. J’avais mes
réponses sur beaucoup de sujets. Cela me donnait beaucoup d’assurance
et une paix intérieur. Mes petites réponses toutes faites sur la vie,
la religion, sur Dieu, me faisaient croire que je détenais la vérité !
(et oui ! J’avais l’esprit bien étroit ! Comme si je pouvais détenir
Dieu, la vérité !)
Mais cette construction m’a inconsciemment isolé. Si l’autre avait
une conception de la vie très différente de la mienne, j’avais
tendance à le cataloguer et le classer par catégorie. J’avais appris
dans ma religion que l’autre était dehors et moi dedans. J’avais
appris à inviter mon prochain dans mon enclos, mon système de pensée
humain, ce que j’appelle « La pensée unique ».
Dans cette démarche aucune connexion profonde avec l’autre n’était
possible. Pourtant, cette connexion est si précieuse, elle n’exige
rien de l’autre, elle n’attend rien de l’autre. Cette connexion où
Dieu peut enfin se révéler parce qu’il est synonyme d’AMOUR!
Alors comment ai-je trouvé le chemin de la liberté, de l’amour, de la
guérison intérieur ?
A travers de vraies rencontres !
Ma rencontre avec ma femme Martine a progressivement révélé mon état
d’homme préfabriqué par la société, par la religion. Notre amour et
sa patience m’ont beaucoup aidé.
A travers, d’autres rencontres aussi. En particulier, une rencontre
profonde avec un homme, qui m’a fait entrevoir ce qu’est un partage où
il n’y a pas de place pour le jugement, les préjugés… Et ensuite, il
n’y en eu beaucoup d’autres.
Dieu a permis que je passe par des tempêtes intérieurs, des problèmes
professionnels, la maladie… Ces épreuves m’ont fragilisé. Mais c’est
dans cet état de fragilité que de véritables rencontres ont surgies.
Où l’amour de Jésus-Christ s’est manifesté, apportant guérison,
changement de mentalité et reconstruction de l’être.
J’ai découvert que Dieu se cache dans notre prochain ! Nous Le
trouvons quand nous acceptons notre fragilité, notre vulnérabilité.
Jésus-Christ n’est pas venu en super héros, mais Il a choisi de
s’exposer. Il a accepté de se rendre vulnérable, fragile, dans le seul
but d’atteindre le coeur de celui qui se sent en manque de tout,
rejeté, exclu, pauvre, pêcheur, malade, seul dans sa souffrance,
esclave de ses vices, prisonnier de sa religion, prisonnier de son
clan familial, prisonnier de sa société…
Quand j’ai lu le titre « Dedans…Dehors », j’ai tout de suite pensé à la
parabole du Bon Berger.
Cette invitation à la liberté.
Et aussi au mot église.
Ce mot église est très peu utilisé dans les évangiles. Donc, j’imagine
que Jésus l’a très peux prononcé. Peut être pour éviter qu’il soit
mal utilisé, mal interprété en créant des divisions entre tous les
hommes, des clans. Tous ces hommes à qui Jésus-Christ a donné sa vie
sur la croix, cette croix si douloureuse. Cette croix, où, bras
ouverts, il dit: «Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils
font.» L’Amour personnifié, ne laissant aucune place pour le jugement !
Cette Amour qui unit tous les hommes !
Ce mot église, « ekklesia » en grec, composé de ek et dérivé de kaleo.
Ek: hors de
Kaleo: donner un nom, appeler.
On pourrait traduire église par » les appelés par leur nom (dans le
sens unique, relation personnelle et intime avec le créateur) à sortir
hors de »
Pour comprendre la parabole du Bon Berger, il faut connaître comment
procédait un berger à l’époque de Jésus. Le berger avait un associé
qui gardait les moutons dans la bergerie, le gardien. Quand le berger
se rapprochait de la bergerie, il commençait à appeler ses brebis par
leur nom. (Cette notion de donner un nom unique à chaque brebis,
montre que le berger connaissait bien ses brebis, il passait beaucoup
de temps avec elles) Alors le gardien ouvrait la porte et les brebis
couraient avec excitation rejoindre leur berger. Le berger faisait
demi-tour et marchait en direction des verts pâturages.
Les brebis reconnaissent très bien la voix et les sons . Je connais
bien ce sujet. J’ai passé beaucoup de temps dans ma jeunesse avec une
brebis et son agneau:
Une brebis a soif de liberté, elle recherche à atteindre toujours
l’herbe fraîche qui se trouve de l’autre coté de la clôture.
il faut beaucoup de patience pour approcher une brebis.
Elle est vite dominée par la crainte, ce qui la pousse à mettre sa vie
en danger, ainsi que la vie de son agneau…
Je finirai par ces passages:
Jean 10:4
Quand IL les a tous fait sortir, il marche devant eux. Et ses moutons
le suivent, parce qu’ils connaissent sa voix.Ils ne suivront jamais
quelqu’un d’autre. Au contraire, ils fuiront loin de lui, parce qu’ils
ne connaissent pas la voix des autres personnes.»
Il n’y a pas de crainte dans l’amour, mais l’amour accompli chasse la
crainte; car la crainte suppose le châtiment, et celui qui craint
n’est pas accompli dans l’amour. (1 Jean. 4.18)
Alors sortons découvrir ce que Dieu a caché comme trésors merveilleux !
Ces trésors préparés spécialement pour nous, être unique, aimé de
son créateur !!
Psaumes 65:
Quand TU passes, les richesses débordent. Les terres sèches sont
couvertes de récoltes, les collines sont entourées de joie. Les
pâturages portent les moutons et les chèvres, les vallées sont
couvertes de blé. Toute la campagne chante et danse de joie.
Alors qu’est ce qui nous empêche de faire de véritables rencontres où
la VIE circule
Philippe Molla
Voir sur ce blog (7 octobre 2011) un autre texte de Philippe :
« Un chantier peut-il être convivial ? »