Sillage de vie

Commentaires et témoignages autour du livre : « Sa présence dans ma vie ».

 

Voici maintenant un an qu’est paru le livre : « Sa présence dans ma vie ». Au long de sa vie terrestre, Odile a été en dialogue avec un  grand nombre de personnes qui ont témoigné des bienfaits que cette relation a engendrés . Aujourd’hui, à travers ce livre, cette conversation se poursuit. Voici quelques échos de cette conversation. C’est un sillage de vie.

 

 

Elizabeth. Cadre. Institution sociale

 

J’ai lu ce livre à plusieurs reprises et je reprends des passages régulièrement.

Ce livre est fascinant et admirablement bien écrit.

Les remarques sont profondes et pleines d’éternité.

On sent qu’Odile a vraiment vécu les différents passages, car c’est exprimé avec simplicité et vérité.

J’y trouve tous les jours des encouragements. Cet ouvrage est pour moi une exhortation quotidienne.

 

 

Lucie. Une cousine. Renouveau charismatique

 

Ce livre est une vraie découverte pour moi.

Pour nous, pour moi, Odile était une femme forte, paisible, très solide, très rassurante et profondément heureuse.

Elle l’était vraiment devenue puisqu’elle écrit à 70 ans : je vis une profonde joie de reconnaissance de devenir de plus en plus moi-même.

Cependant, et c’est tout l’intérêt du livre, on peut voir tout son cheminement malgré les difficultés de départ : les épreuves, son cheminement spirituel et le sommet auquel elle est arrivée à la fin de sa vie.

C’est un très beau témoignage. Je pense qu’il aidera beaucoup de personnes à avancer dans la confiance en Dieu. C’est parce qu’elle a souffert qu’elle a pu aider les autres à son tour.

Cet ouvrage est présenté d’une façon si accessible que dès le premier soir, j’avais lu une grande partie du livre. Je l’ai repris ensuite au goutte à goutte pour mieux en profiter. On aimerait à chaque page souligner un passage qui nous touche particulièrement.

 

 

Françoise. Retraitée. Culture philosophique

 

C’est avec beaucoup d’empathie, d’admiration et de reconnaissance que j’ai lu ce témoignage.

Ce qui me frappe, c’est l’intelligence de l’écriture ciselée par sa vie,  ciselée par sa foi et comme tissées ensemble.

J’espère que maintes personnes pourront lire ce témoignage (qui pourrait susciter un groupe de lecteurs/lectrices ?).

 

 

Anne. Professeur. Expérience charismatique

 

Ayant eu le privilège de voir Odile juste avant son voyage vers le Père, moment où la vérité profonde de l’être se fait dense, je trouve que les pages que j’ai déjà lues, donnent à ce moment un sceau d’éternité.

Pour moi, la parole prophétique qu’elle a prononcée en ma présence, se déroule sous mes yeux : « Le Seigneur continue son œuvre » à travers elle en nous la laissant proche de nous, sur notre table de chevet. Quel cadeau !

 

 

Michèle. Animatrice. Epouse d’un pasteur.

 

J’ai dévoré le livre d’Odile. Il me semblait l’entendre parler comme elle le faisait si bien.

J’ai beaucoup apprécié ce recueil. J’ai déjà prêté le livre à une amie et je pense que je vais en commander quelques uns pour les diffuser autour de moi.

Je rends grâce à Dieu pour tout ce qu’il a fait pour Odile et pour les répercussions sur tous ceux qu’Odile a pu approcher, entourer de ses conseils et de son affection si tendre et si ferme à la fois.

 

 

Paul. Un ami médecin.

 

J’ai beaucoup apprécié la présentation de la vie et de la pensée d’Odile.

Oui, Odile a été une vraie témoin de l’amour de Dieu.

A aucun moment de sa maladie qui a été un très long chemin, je ne l’ai jamais sentie en révolte.

Elle puisait la Vie directement dans la Vie éternelle.

Elle reste pour moi un être qui a su vivre sa foi en pleine lumière.

 

 

Véronique. Une amie d’une famille amie. Musicienne.

 

Merci d’avoir ouvert la malle aux trésors !

A la lecture de ces textes, j’ai été profondément touchée. Ils sont pour moi un enseignement précieux. Ils m’éclairent vraiment sur mon chemin.

Beaucoup sont des témoignages magnifiques qu’Odile nous laisse comme des cadeaux de vie. Ils sont basés sur du concret, sur des faits de vie toujours à la lumière de la Parole de Dieu et débouchent sur une vraie réflexion qui ne cesse de m’interpeller, car je les lis, je les relis tranquillement.

La plupart  se lisent facilement, parlant à la fois au cœur et à l’esprit.
Je pense que beaucoup de gens pourront être touchés à travers ces écrits.

 

 

Chacun de ces échos nous dit quelque chose de ce que livre apporte, évoque, suscite. Nous y voyons l’œuvre de l’Esprit, un Souffle de Vie.

 

Source : Ces quelques textes font partie d’un ensemble de témoignages recueillis après le départ d’Odile et la publication du livre .  Le livre d’Odile a été présenté par Françoise Rontard sur le site de Témoins : http://www.temoins.com/evenements-et-actualites/sa-presence-dans-ma-vie.html. Des commentaires sur le livre y ont été ajoutés par la suite, parmi lesquels nous avons extraits ceux qui sont présentés ici.


Il y a toujours des jardins avec des roses (1)

2-sa-presence-dans-ma-vie-odile-hassenforder_02Dernièrement, je visitais une exposition dans une ancienne grange-relais de diligence du temps jadis. J’ai été frappée par le regard lumineux de notre hôtesse. Elle nous expliqua comment, avec son mari, elle avait réparé et parfois reconstruit le bâtiment. Elle nous raconta l’histoire de quelques poutres. Celle-ci était arrivée et avait trouvé sa place au moment voulu ; celle-là avait pris place à la bonne dimension. Une troisième, provenant de la destruction d’une maison ancienne, avait été mise de côté pour être utilisée au bon moment.

Ainsi au long des années, ce magnifique bâtiment avait pris forme. Toute cette aventure avait été et est encore pour elle source de joie. Elle nous exprima cette joie débordante avec une profonde reconnaissance pour les bienfaits qu’elle avait reçus . Elle témoignait, sans la nommer, d’une présence supérieure. Au cours des années, tout s’était mis en place à travers des événements appropriés. C’était un mouvement de vie dans lequel elle s’inscrivait.

Dans le même état d’esprit, en traversant son jardin, elle nous partagea son émerveillement devant tel splendide rosier qu’elle avait changé de place parce qu’il végétait. Plus loin, un rosier grimpant prenait racine dans un sol de briques : il avait du trouver le chemin d’un interstice pour pénétrer dans une terre fertile.

Au fur et à mesure de la visite, je me laissais imprégner par la joie profonde que suscite la reconnaissance pour l’harmonie de la vie perçue par-delà le visible. Comment nommer cette harmonie de vie ? Le mot : « Providence » me vient à l’esprit. Ce mot est peu employé aujourd’hui, et, pour certains, il a un caractère désuet. Selon le dictionnaire, il vient d’un mot latin qui signifie : « pourvoir ». « Il s’agit de la sage conduite de Dieu dans la création et les évènements ». Par extension, « Etre la providence de quelqu’un, c’est être la cause de son bonheur, combler ses désirs, veiller sur elle avec sollicitude ». Dans la Bible, Dieu pourvoit à tous les besoins de ceux qui se confient en Lui (2).

Ainsi je peux vivre la présence de Dieu non seulement en constatant son œuvre, mais aussi plus profondément en y collaborant. Etre attentive, accueillir ce qui m’est offert ou proposé, me laisser inspirer pour trouver la place juste au moment voulu… Une telle attitude suscite une joie qui dilate le cœur aux dimensions de l’univers que Dieu tient dans sa main avec sollicitude et bonté. « En Lui, j’ai la vie, le mouvement et l’être » (3).

Bien sûr, il y a bien des malheurs dans ce monde, mais il y a toujours des jardins avec des roses. Ces jardins sont une porte vers la Vie.

 

Odile Hassenforder

 

(1)            Cette visite remonte à une excursion en Beauce en juin 2004. Ce texte d’Odile a été publié dans son livre : Sa présence dans ma vie (Empreinte temps présent, 2011) (p 217-218). Cet article s’inscrit parmi d’autres textes d’Odile publié sur ce blog : https://vivreetesperer.com/?s=Odile+Hassenforder

(2)            Epitre aux Philippiens. Chap. 4 v 19

(3)            Livre des Actes. Chap. 17 v 28

 

 

Dame confiance

Un témoignage présenté dans le livre : « Sa présence dans ma vie »

 

Quand on veut encourager un ami à faire face à un moment difficile, en le quittant, une expression nous vient facilement à l’esprit : « Bon courage ! ». Ainsi veut-on l’aider à faire face à travers une intonation qui cherche à galvaniser son énergie et dans laquelle nous mettons tout notre allant. Mais a-t-il en lui les forces correspondantes ? Cette parole cherche à entraîner un sursaut, mais ensuite tout peut retomber, et parfois plus bas encore.

De fait, nous avons oublié,  peut-être parce que nous sommes troublé, peut-être parce que nous ne le savons pas clairement, que tout ne dépend pas de nous, qu’il y a une force supérieure à laquelle nous pouvons faire appel, dans laquelle nous pouvons puiser. Oui, nous pouvons ensemble entrer dans une dynamique qui nous dépasse. Cette attitude peut engendrer des miracles. « La foi jouit de la force même de Dieu », nous dit Jürgen Moltmann. C’est pourquoi d’elle seule il est dit ce qui est réservé à Dieu : « Tout est possible à celui qui croit » (Mc 9.23). (Jésus, le Messie de Dieu p.163-164). Alors notre parole d’encouragement peut se transformer. Ce n’est plus : « Bon courage ! ». C’est : « Confiance ! ». La confiance s’inscrit dans un mouvement porteur qui nous dépasse.

 

Odile, atteinte d’un cancer, a découvert la puissance de ce mot auprès de celle qu’elle a appelée : « Dame confiance » (1).

« « Mon traitement se termine avant la perfusion de mon amie. En partant, je lui dis un banal « Bon courage ! ». Alors, une voix tonitruante retentit sur un ton péremptoire. « On ne dit pas « Courage ! ». On dit « Confiance ». C’est une dame d’un certain âge, allongée sur un lit un peu plus loin, qui a si vigoureusement réagi. Je l’avais remarqué à son arrivée : une forte personnalité gaie, d’une grande vitalité. Son exclamation m’a fait l’effet d’un courant électrique. J’ai bondi vers elle : « Vous avez raison ! ». Et je l’ai embrassée… Une force intérieure m’animait. Je suis partie, gonflée à bloc ! La joie au cœur d’une espérance de vie. C’est vraiment curieux qu’un message, qu’un simple mot soit porteur d’un message aussi fort… ».

Et, dès lors, la famille, les amis vont s’associer à la demande d’Odile : « Ne me dites pas « Courage », mais « Confiance ». « Le mot de passe est devenu : « Confiance ! », vœu d’une santé meilleure ». C’est l’expression d’une puissance de vie, d’une grâce divine en action. Aujourd’hui encore, cette mémoire porte vie. « Dame confiance a semé une petite graine en devenir d’un grand arbre où le corps fatigué, les âmes dépressives vont pouvoir se reposer et reprendre vie… ». Une simple parole : « Confiance ! ».

 

JH

 

(1)               Odile Hassenforder. Sa présence dans ma vie. Empreinte, 2011 (Dame confiance p.161-163). Ce livre a été évoqué à plusieurs reprises sur ce blog et il est présenté par Françoise Rontard sur le site de Témoins :

http://www.temoins.com/actualites/evenements-et-actualites/805-sa-presence-dans-ma-vie-odile-hassenforder-temoignages-d-une-vie-et-commentairres-de-lecteurs.html

Comprendre la sagesse de Dieu

Dans son livre : « Sa présence dans ma vie », Odile Hassenforder  aime se rappeler et nous rappeler que la vie n’est pas dépourvue de sens. Ainsi, le dernier chapitre du livre est intitulé : « Tout se tient. Unité et harmonie en Dieu ». Elle écrit : « Qui suis-je pour être « collaboratrice » du créateur ?  (Psaume 8). Dieu continue à créer avec chacun de nous et avec moi. « Le Père céleste agit sans cesse », dit Jésus, et il m’invite à participer à la nouvelle création mise en route dans sa résurrection » (p. 209). Extrait de ses écrits personnels et jusqu’ici non publié, dans une forme suggestive, ce texte est court, mais accompagné par des versets bibliques auxquels elle nous renvoie, il nous invite à aller au delà de nos impressions immédiates.   JH

 

Comprendre la sagesse de Dieu.

 

Dieu a construit sa création

selon des règles de vie.

A nous de les observer

Admirer … adorer le Créateur.

 

A nous de rentrer dans ses places

Et de collaborer

Car il nous donne la force : toutes qualités : don, vie…intelligence.

Tout le long de la Vie.

 

Les refus, les obstacles opposés par les hommes sont utilisés par Dieu. Car les hommes enfermés dans leurs erreurs sont l’occasion d’une ouverture pour d’autres.

Chercher le positif que Dieu tire des déviations, épreuves.

Car Il poursuit son œuvre.

 

Et donne sa grâce, son pardon à tous les hommes

toutes les nations

qui reconnaîtront

Le Dieu de l’Univers

Manifesté à chacun.

 

Odile Hassenforder

15.10.2006

 

 

Textes bibliques en regard

 

Esaïe 28.23-29

 

Ecoutez ma parole attentivement.

Quel laboureur laboure la terre en tout temps pour y semer ?..

C’est son Dieu qui l’instruit des règles à suivre

l’enseigne

Car on ne foule pas l’aneth à l’aide d’un rouleau…

Tout cela vient de l’Eternel le Seigneur (de l’Univers).

Son plan est merveilleux

Sa sagesse est immense.

 

Proverbe 22.19

 

Pour que tu mettes ta confiance en l’Eternel,

Je vais t’instruire.

 

Psaume 92

versets 5-7

 

Ce que tu fais, Seigneur, me remplit de joie

L’ouvrage de tes mains, j’acclamerai

Tes pensées sont grandioses

Tes pensées sont profondes.

L’insensé n’y connaît rien

Le sot ne peut les comprendre.

 

verset 9

Eternel, tu es souverain pour l’éternité…

Voici. Tes ennemis périssent.

 

Romains 11

verset 33

Combien profondes sont les richesses de Dieu, sa sagesse et sa science

 

verset 28-32

Si on considère comment les juifs ont refusé l’Evangile,

Devenus ennemis de Dieu, c’est pour votre bien.

Si on considère le choix de Dieu, ils sont ceux que Dieu aime à cause de leurs ancêtres, car Dieu ne change pas d’idées.

Vous connaissez Dieu parce que les juifs ont désobéi.

Eux aussi connaissent son pardon.

Car Dieu a emprisonné les hommes dans leur désobéissance afin de faire grâce à tous…

 

Les écrits d’Odile Hassenforder sont une ressource à laquelle nous faisons appel dans ce blog : Voir : « La grâce d’exister » (septembre 2011), « Lorsque Dieu nous parle de bonheur » (octobre 2011), « Accueillir la vie » (décembre 2011), « Horizon de vie » (février 2012).

Développer la bonté en nous, un « habitus de bonté »

#

Du bon grain et de l’ivraie.

 #

#

Quel est notre regard sur nous-même tel qu’il est influencé par notre parcours psychologique et notre héritage religieux (1) ? Comment recevons nous la parabole du bon  grain et de l’ivraie rapportée par l’évangile de Matthieu ? Le commentaire de Michèle Jeunet, Sœur Michèle au Cénacle de Versailles (2) nous invite à choisir la bonté : « bonté du grain, bonté de la terre, bonté du monde, bonté de l’homme qui sème, bonté de Dieu ».

         « Nous sommes dans le fondamental de la création. « Dieu vit que cela était bon » (Genèse 1). Et nous sommes dans le fondamental d’une création en histoire. Non pas un monde tout fait, statique, immobile. Ce qui est semé est pour une croissance, une création  continuée        Croire en ce qui est bon en nous, croire que ce qui a été semé par Dieu en nous est bon et le développer au maximum, en y mettant toute notre énergie, notre créativité. « C’est le développement de la bonté en nous, un « habitus » de bonté qui fera se  dessécher l’ivraie ».

#

J H

#

Évangile de Matthieu au chapitre 13 verset 24 à 30

Il en va du Royaume des Cieux comme d’un homme qui a semé du bon grain dans son champ.

Or, pendant que les gens dormaient, son ennemi est venu, il a semé à son tour de l’ivraie, au beau milieu du blé, et il s’en est allé.

Quand le blé est monté en herbe, puis en épis, alors l’ivraie est apparue aussi.

S’approchant, les serviteurs du propriétaire lui dirent :

« Maître, n’est-ce pas du bon grain que tu as semé dans ton champ ? D’où vient donc qu’il s’y trouve de l’ivraie ? »

Il leur dit :

« C’est quelque ennemi qui a fait cela ».

Les serviteurs lui disent :

« Veux-tu donc que nous allions la ramasser ?

Non, dit-il, vous risqueriez, en ramassant l’ivraie, d’arracher en même temps le blé.

Laissez l’un et l’autre croître ensemble jusqu’à la moisson ; et au moment de la moisson je dirai aux moissonneurs : Ramassez d’abord l’ivraie et liez-la en bottes que l’on fera brûler ; quant au blé, recueillez-le dans mon grenier. »

#

Développer la bonté en nous

#

« Il est des titres qui sont trompeurs. Est-ce vraiment la parabole de l’ivraie ?

#

         Cette parabole est d’abord en continuité de celle du semeur. Le semeur a semé du bon grain dans un terrain qui est bon. S’il sème ce qui est bon, c’est que lui-même est bon. Une sainte,  Thérèse Couderc,  disait de lui : « il est bon, il est plus que bon, il est la bonté ». Bonté du grain, bonté de la terre, bonté du monde, bonté de l’homme qui sème, bonté de Dieu. Nous sommes dans le fondamental de la création : « Dieu vit que cela était bon » Gn 1. Et nous sommes dans le fondamental d’une création en histoire. Non pas un monde créé tout fait, statique, immobile. Ce qui est semé est pour une croissance, une création continuée : grain puis épi, puis blé. Entre semailles et moisson, il y a le temps de l’histoire, le temps de la liberté de veiller à la croissance de ce qui est bon. Responsabilité qui est nôtre. Etre veilleur pour que la vie semée par Dieu vienne à maturité. Ce n’est pas du tout fait de toute éternité, immobile mais c’est une semence riche d’avenir, un don à faire qui périrait s’il ne peut s’épanouir grâce à la bonne terre de nos vies, de nos réponses humaines, don et accueil qui vont ensemble porter à maturité la nouveauté de l’épi.

#

         Ce titre trompeur est en cohérence avec la réaction des serviteurs qui se focalisent sur l’ivraie, leur question sur son origine et surtout leur doute : « N’est-ce pas du bon grain que tu as semé ? ». Leur doute qui frise le soupçon.  Mais leur question n’est-elle pas la nôtre ? Leur doute et leur soupçon ne sont-ils pas les nôtres ? Cette question du mal qui nous taraude tous, qui est souvent un obstacle à la foi. La réponse du propriétaire est la même que celle de la Genèse. C’est un ennemi qui a semé de l’ivraie. La Genèse parle d’un serpent qui insinue le doute sur le don qui est fait, qui insinue le doute sur la bonté du donateur.

Que faut-il donc faire ? Arracher au risque de détruire la bonté des épis de blé ? Ce serait faire le jeu de l’ennemi.

#

         Le propriétaire fait une autre option. Celle de la confiance dans le blé semé et dans la terre qui participe à la nouveauté de l’épi. Confiance dans l’épi assez fort pour ne pas se laisser étouffer par l’ivraie. Dans nos vies, il y a du bon grain et de l’ivraie. N’est-ce pas une erreur de se focaliser sur l’ivraie ? L’homme de cette parabole nous conseille un autre chemin. Croire en ce qui est bon en nous, croire que ce qui a été semé en nous par Dieu est bon et le développer au maximum, en y mettant toute notre énergie, notre créativité. C’est le développement de la bonté en nous, un « habitus » de bonté qui fera se dessécher l’ivraie. Et non un arrachage volontariste qui risque de dessécher la vie en nous.

#

Michèle Jeunet

#

(1)            Nos représentations sont influencées encore aujourd’hui par notre héritage religieux qui, pour une part, laisse des traces de peur par rapport à Dieu et de condamnation par rapport aux hommes. C’est le contraire de la bonne nouvelle de l’Evangile. Dans un livre récent : « Oser la bienveillance » (Albin Michel, 2014), la théologienne Lytta Basset met en évidence les effets négatifs de la conception du péché originel. Elle décrit « la généalogie et l’impact de cette notion profondément nocive qui remonte à Saint Augustin et qui  contredit les premiers Pères de l’Eglise. Elle montre comment ce pessimisme radical est totalement étranger à l’Evangile. Tout au contraire, les gestes et paroles de Jésus nous appelle à développer un autre regard sur l’être humain, fondé sur la certitude que nous sommes bénis dès le départ et le resterons toujours. Appuyé sur le socle de cette Bienveillance originelle, chacun de nous peut oser la bienveillance, envers lui-même et envers autrui et passer ainsi de la culpabilité à la responsabilité » (texte en couverture). On pourra lire aussi sur ce blog une mise en perspective d’un livre de Jacques Lecomte : La bonté humaine, altruisme, empathie, générosité. Odile Jacob, 2012 https://vivreetesperer.com/?p=674

(2)            Homélie de Sœur Michèle : le bon grain et l’ivraie (9 décembre 2013).  Sur le blog : aubonheurdedieu-soeurmichele : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/article-homelie-de-soeur-michele-le-bon-grain-et-l-ivraie-mt-13-24-30-121518838.html

#

Voir aussi sur ce blog : « geste d’amour » (Odile Hassenforder) : https://vivreetesperer.com/?p=1204

Dans le livre d’Odile Hassenforder : « Sa présence dans ma vie », on pourra lire un chapitre : La bonté de Dieu (p 87-91)

#

Sur ce blog, deux autres contributions de Michèle Jeunet :

Quelle est notre image de Dieu ? https://vivreetesperer.com/?p=1509

Se sentir aimé de Dieu https://vivreetesperer.com/?p=1752

#

De bonnes ressources dans le recueil de textes rassemblés par Michèle Jeunet dans un livre récemment paru : Michèle Jeunet. Méditer une Parole de liberté. Catéchèses bibliques et lectio divina. Editions Croix du Salut, 2013. « Il s’agit pour moi d’aider les gens à ouvrir la Bible pour qu’elle soit vraiment un lieu de méditation qui éclaire leur vie et leur fasse découvrir un Dieu Ami de leur vie, présent au cœur de leur existence ».