Au mois de décembre, il y a encore, par-ci par-là, quelques roses qui résistent, pour un temps, à la venue de l’hiver. Elles n’ont plus la prestance des beaux jours, mais, dans leur fragilité, elles manifestent une intensité de vie. Dans la rétraction de la végétation, la morosité des tiges effeuillées, elles sont là comme des expressions lumineuses, une beauté qui nous accompagne et nous encourage. Ce sont là des signes de vie et d’espérance qui balisent notre chemin. Surprise ! Dans la grisaille du temps, une note de couleur attire l’attention. Au passage, la prise de vue peut être maladroite, mais elle témoigne d’un puissant attrait. Des roses en hiver : quel cadeau !
Bien connue, n’est-ce pas la parole de Jésus, rapportée dans l’évangile de Matthieu (7.1-5) : « Pourquoi regardes-tu la paille dans l’oeil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans le tien ? » C’est un appel à ne pas juger, à ne pas condamner l’autre. Mais dans quel esprit allons-nous entendre cette parole ? Avec quelle grille de lecture ? Dans un milieu porté lui-même à juger, à condamner, cette parole pourra engendre un transfert : passer de la condamnation de l’autre à sa propre condamnation. Et, comment enlever soi-même la poutre de son œil ?
En écoutant le commentaire de Luc Olivier Bosset (1), la situation s’éclaire. Parce que cette parole est entendue dans un esprit d’amour et de bienveillance, elle nous ôte toute culpabilisation et nous engage dans une relation constructive. Ainsi, nous dit-il, ôter la poutre qui est dans notre œil, c’est sortir de ce qui nous pèse, de notre propre malaise : « Prend le temps de sortir de ton malaise, de ton agacement, alors tu seras dans de bonnes dispositions d’esprit pour aider l’autre à sortir de sa paille ». Et puis pour comprendre l’autre, n’a-t-on pas besoin d’être soi-même empli de bienveillance, une bienveillance encouragée et nourrie par la bienveillance qui nous est portée et que l’on reçoit. « Lorsqu’on se sent aimé, nous sommes prêt à accueillir différemment les aspérités, les défauts du caractère de l’autre ».
Dans l’amour de Dieu, « remplis ton réservoir ! », nous dit Luc Olivier Bosset…