par jean | Fév 15, 2012 | ARTICLES, Société et culture en mouvement |
Le microcrédit à la portée de tous : Babyloan
Aujourd’hui en Europe, nous sommes entré dans un temps de crise économique et financière qui affecte les conditions d’existence de beaucoup de gens et suscite en conséquence des craintes et des agressivités. Le monde change. Des économies émergentes apparaissent et modifient le paysage international. Cependant, si la pauvreté qui régnait autrefois dans la majorité des pays du monde a régressé, elle est toujours là et pèse encore sur une multitude d’existences. La lutte pour une vie meilleure continue et un grand nombre d’organisations non gouvernementales sont mobilisées à cette fin. Cependant on perçoit de plus en plus l’implication des « pauvres » eux-mêmes dans les efforts engagés pour améliorer leurs conditions de vie. Une des formes de cet engagement est la multiplication des initiatives soutenues par le microcrédit. Tout récemment, un « appel de Paris pour une microfinance responsable » témoigne du caractère international de ce mouvement dont l’initiateur, Mohammad Yunus a reçu en 2006 le prix Nobel de la paix.
Aujourd’hui, grâce à internet, nous sommes tous concernés. Notre « prochain » n’est plus seulement celui qui vit dans notre environnement immédiat. À travers le web, nous rejoignons les hommes et les femmes de la terre entière. Connaissez-vous le site : « Sept milliards d’autres » ? http://www.6milliardsdautres.org/index.php
C’est un site particulièrement impressionnant, car, à travers 6 000 portraits vidéos, nous y rencontrons l’humanité dans toute sa diversité, du pêcheur brésilien à l’avocate australienne, de l’artiste allemand à l’agriculteur afghan, et pouvons y entendre les préoccupations, les aspirations, les questionnements des êtres humains en réponses à des questions simples comme : « Qu’avez vous appris de vos parents ? Que souhaitez-vous transmettre à vos enfants ? Quelles épreuves avez-vous traversé ? Que représente pour vous l’amour ?… ».
Aujourd’hui, on le sait, l’attention à l’autre peut s’exercer de bien des manières. C’est le cas dans les sites qui nous permettent de connaître les conditions d’existence et les besoins de beaucoup de gens qui font appel au microcrédit et à qui on peut apporter ainsi « un coup de main ». Comment ne pas nous rendre compte que, dans nos sociétés occidentales, nous sommes, malgré tout, relativement privilégiés et ne pas participer à un moyen très simple et accessible à tous : « Parce que notre prêt solidaire permet à un micro entrepreneur de développer ses activités, prêtez ! ».
J’ai découvert les sites de microcrédit : Babyloan et Microworld http://www.microworld.org/fr (1) en écoutant la radio, en l’occurrence BFM, et c’est vraiment une satisfaction de participer à cette activité.
Quelques mots sur le site : Babyloan qui met l’accent dans son fonctionnement sur la convivialité : http://www.babyloan.org/fr/
Toute une équipe est à l’œuvre. Fondateur et président de Babyloan, Arnaud Poissonnier, témoigne d’un itinéraire qui caractérise bien ce mouvement. De banquier de gestion de fortune, il est devenu le responsable d’une « entreprise sociale ». Babyloan n’est pas une association, mais une des premières entreprises sociales françaises, créée en février 2008. L’entreprise sociale a une caractéristique commune avec les autres entreprises : elle doit atteindre l’équilibre économique. Mais elle s’en distingue en se consacrant à la résolution d’un problème, par exemple l’amélioration du sort de plus démunis, et ne cherchant pas le profit pour ses actionnaires.
Entrons donc dans le site deBabyloan. Nous y découvrons une grande diversité de projets qui font appel au microcrédit. Ces projets sont présentés dans le contexte humain de ceux qui font appel à nous : leur existence familiale, leurs conditions de vie, leurs motivations. On entre ainsi en contact virtuel avec des personnes et on peut devenir leur « prochain », celui qui va à la rencontre de l’autre dans un mouvement de sympathie.
Et ensuite le processus est très simple : « Je choisis un projet. Je fais un prêt solidaire à partir de 20 euros qui participe au financement du microcrédit de l’entrepreneur choisi. Celui-ci développe son activité et me rembourse sans intérêt »… C’est un acte de solidarité : « En proposant de prêter et non de donner, Babyloan représente une nouvelle forme de solidarité respectueuse de la dignité du bénéficiaire et qui rompt avec la logique le l’assistanat ».
Babyloan est devenu leader européen dans ce secteur. Aujourd’hui, plus de 13 000 personnes participent à son activité : « En 2011, vous avez prêté 1 500 000 euros à plus de 3 500 projets. Vous avez soutenu ainsi 20 000 personnes ».
Et voici, comme exemples, quelques projets auxquels nous nous intéressons :
« Les uniformes de Carmen » à Lima. Pérou
Sanchez Carmen, âgée de 62 ans, mère de 6 enfants, passionnée de couture, fait appel au microcrédit pour développer un atelier de confection qui fabrique des uniformes et des tenues de sport pour plusieurs écoles.
http://www.babyloan.org/fr/projects/carmen-sanchez-erazo-de-espinoza/les-uniformes-de-carmen/6107
« Les agrumes d’Amani ». Gaza
Amani, 31 ans, mère de 5 enfants, cultive une parcelle de terre et vend ses oranges pour gagner sa vie ; elle fait appel au microcrédit pour louer une autre terre et y installer une serre pour cultiver des légumes. http://www.babyloan.org/fr/projects/amani-hamduna/les-agrumes-damani/8558
« Les canards d’Essi ». Togo
Essi, agée de 53 ans, mère de 3 enfants, participe à un petit groupe de quatre femmes solidaires. Elle fait appel au microcrédit pour développer un élevage de canards ;
http://www.babyloan.org/fr/projects/essi-novissi-kitikpo/groupe-les-canards-dessi/8385
« Têtê. Elevage de poules ». Togo
Marié et père de 2 enfants, 30 ans, Tété élève des poules pondeuses et vend les œufs. Il sollicite un prêt pour acheter 300 poussins et de la nourriture pour ses poules. http://www.babyloan.org/fr/projects/tete-mensah/tete-elevage-de-poules/8207
« Les cacaoyers et le maïs d’Agustina ». Equateur
Agustina, 72 ans, travaille avec passion dans ses plantations de cacaoyers et de maïs. Elle vit avec son époux dans une modeste maison. Elle fait appel au microcrédit pour un achat d’engrais et de graines. http://www.babyloan.org/fr/projects/agustina-de-la-cruz-mora-mendoza-/les-cacaoyers-et-le-mais-dagustina/8528
La solidarité dans la convivialité ! Participer ainsi au microcrédit, c’est un bonheur !
JH
(1) Microworld , autre site de microcrédit, est un projet du groupe Planet Finance, organisation de grande envergure dont la compétence et l’efficacité sont signifiées notamment par la personnalité de son président Jacques Attali.
par | Fév 15, 2012 | ARTICLES, Expérience de vie et relation, Société et culture en mouvement |
J’ai découvert SIFE (Students In Free Entreprise) il y a 3 ans, alors que des étudiants de 4ème année lançaient SIFE Sciences Po Lille. L’objectif est, pour les étudiants, de s’investir dans des projets d’entreprenariat au service de la société. En prenant en compte le contexte économique, environnemental et social, il s’agit de « renforcer les capacités des personnes dans le besoin afin d’améliorer leurs qualités et leur niveau de vie ».
SIFE est une aventure humaine extraordinaire. En équipe nous nous montons des projets contribuant à rendre le monde un peu meilleur, un peu plus juste. On apprend énormément les uns des autres et aussi de tous les acteurs que nous rencontrons pour mener nos projets : associations, entreprises, personnes âgées, jeunes défavorisés, militants… Faire partie de SIFE, c’est également rentrer dans une communauté. En France plus de 25 équipes SIFE d’environs 20 personnes sont actives et mènent des projets locaux et internationaux. Cette année l’équipe SIFE Sciences Po Lille, composée de 30 membres s’investit dans 5 projets: atelier de théâtre avec des jeunes roms et non roms, ateliers culturels intergénérationnel, commercialisation de soieries et de thés produits par des laotiens issus des minorités, renforcement de l’agriculture dans un village béninois.
Dans le monde ce sont plus de 15 000 étudiants qui se mobilisent pour changer des situations révoltantes et proposer un autre modèle
L’entrepreneuriat social se distingue de l’assistanat en ce qu’il donne une place, un rôle et des responsabilités aux bénéficiaires. L’entrepreneuriat social met en œuvre des solutions innovantes pour répondre à des besoins sociétaux et se veut pérenne de par son modèle économique (ne dépendant pas de subventions). L’argent est un moyen pour résoudre des défis sociaux, mais non pas une fin en soi.
Pour moi SIFE fut l’opportunité de m’investir en tant qu’étudiante pour mettre ma foi et mes valeurs en action. Ayant soif d’alternatives, je trouve dans SIFE, un moyen concret de me mettre au service des autres et de transformer un petit peu ce qui ne va pas autour de moi. Loin des grands débats et grandes rhétoriques sur ce qui pourrait être fait différemment, je suis heureuse de contribuer avec tant d’autres personnes à un changement ancré dans la réalité .
Anneline
par jean | Fév 15, 2012 | ARTICLES, Vision et sens |

Fatalité. Résignation. Immobilité. Enfermement. Peur. Tristesse. Mort. Fuite. Ailleurs. « Sans vision, le peuple périt » (Prov. 29.18).
Bourgeonnement. Engendrement. Emergence. « Douleurs de l’enfantement » (Rom. 8.22). Projet. Anticipation. Nouveauté. Avenir. Espérance.
« Espérer : considérer ce qu’on désire comme devant se réaliser » (Petit Robert). Je m’attends à toi. J’ai confiance.
Souffrance. Angoisse. Déprime. Malgré tout. « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous » (Rom. 8.31)). « J’ai mis devant toi la vie et la mort. Choisis la vie » (Deut. 30.19).
Amour. Communion. Sur la terre comme au ciel. « Dieu fait pour nous des projets de bonheur et non de malheur » (Jér. 29.11).
Promesse. « Dieu qui donne la vie aux morts et qui appelle les choses qui ne sont point comme si elles étaient » (Rom. 4.7)). Christ ressuscité. Vie . Puissance de Vie. « Il souffla sur eux et leur dit : Recevez le Saint Esprit » (Jean 20.22). Souffle du Dieu Vivant.
« Il est au milieu de vous et dans le monde entier. Il porte des fruits et Il va grandissant » (Colossiens 1.6). Nouvelle création. « Dieu tout en tous » (1 Cor.15.26). « Voici, je fais toutes choses nouvelles » (Ap. 21.5).
En marche. « Abonder en espérance par la puissance du Saint Esprit » (Rom.15.13).
JH
par jean | Déc 27, 2011 | ARTICLES, Expérience de vie et relation |
La dimension humaine du travail social
« L’autre, celui qu’on accompagne n’est pas « un problème ». On ne réduit pas l’autre à un problème. C’est d’abord quelqu’un qui a des talents, qui a des valeurs… La personne a besoin qu’on l’aide à révéler ses dons ». Ce sont des paroles fortes. Elles sont prononcées par le préfet chargé de la cohésion sociale et de l’égalité des chances dans la région Languedoc Roussillon en inaugurant le centre de formation de l’association « Initiatives » à Montpellier. Les discours officiels sont souvent plus convenus. Ici, à travers la conviction de cet homme, Monsieur Parisot, un souffle passe et nous impressionne. Il va à l’essentiel : « Ce qui compte, ce n’est pas la technique, c’est l’homme.. »
Ainsi peut-il encourager les stagiaires qui commencent à se former comme moniteur, éducateur dans le secteur du médico-social. En « se lançant dans cette aventure, ils participent à la construction d’une société plus humaine ». « C’est un très beau métier. La société est souvent morose, trop morose. On a besoin d’hommes et de femmes qui croient que la vie est belle et que cette vie mérite d’être accompagnée ».
Et, dans le même mouvement, il salue la dimension humaine de l’association « Initiatives » . « Initiatives » a créé à Bourg la Reine (92), un organisme de formation professionnelle et diplômante dans les métiers sociaux, médico-sociaux et éducatifs et étend aujourd’hui ses activités à Montpellier. La vie d’une association, c’est une aventure collective. Cette histoire qui a commencé, il y a 22 ans, témoigne de valeurs profondes. « Quand on aime ce qu’on fait, on avance. Quand on aime ce qu’on fait, c’est qu’on y a mis la place de l’homme ». Dans l’inspiration chrétienne protestante qui irrigue cette histoire, il y a une « culture de la résistance » pour que l’homme reste à sa place » .
Quand on connaît les responsables de cette association, et notamment son directeur animateur, notre ami Pascal Colin, on sait que ces paroles sont accordées à des convictions profondes et à une dynamique de vie qu’un homme en charge de la cohésion sociale sur un territoire a su reconnaître. Il y a dans cette vidéo un message d’espoir qui mérite d’être partagé !
JH
La vidéo sur dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/xmk5rm_inauguration-montpellier-discours-parisot
Site internet de l’association Initiatives : http://www.initiatives.asso.fr/
par jean | Déc 27, 2011 | ARTICLES, Expérience de vie et relation, Vision et sens |
Participer aux forces qui circulent et construisent dans le mouvement de la vie, c’est aussi refuser l’isolement et le repli sur soi. En terme spirituel, c’est participer à l’œuvre de l’Esprit qui donne vie (1). De plus en plus, cette conscience se répand, et, pourtant, nous savons par expérience les obstacles que nous ressentons. Il y a en nous de mauvais plis hérités du passé qui limitent et encombrent nos psychismes. Cependant, Dieu, en Christ et dans l’Esprit, vient à nous comme Celui qui aime, donne et libère, en nous a ppelant à participer à la vie divine. Cette inspiration se répand à travers des relations humaines. Mais, là aussi, des représentations héritées du passé peuvent faire obstacle : dogmatisme, légalisme, volontarisme. C’est comme si un cadre plus ou moins contraignant nous était imposé d’en haut. Cette attitude est bien illustrée par une formule présente dans des catéchismes anciens : « Les vérités à croire. Les commandements à pratiquer ». Mais, sous d’autres formes et dans différents milieux, on peut rencontrer aujourd’hui cet état d’esprit.
Odile Hassenforder, dans le livre : « Sa présence dans ma vie » (2), rapporte son expérience. Parce qu’un jour, elle a reçu le don de Dieu dans sa plénitude, elle a poursuivi son existence dans l’accueil de l’Esprit. Aussi, en regard des rigidités qu’elle a pu rencontrer, elle sait nous communiquer son élan intérieur et nos aider à accueillir et recevoir la vie divine. Ce message transparaît dans plusieurs chapitres de son livre. Voici quelques extraits significatifs.
Ce désir au fond de moi
« Ce désir au fond de moi d’être imprégné de la vie divine est suscité par l’Esprit. Donc, j’ai à accueillir son œuvre en moi et ensuite, à donner mon accord pour qu’il me rende capable du vouloir, puis du faire, vis-à-vis des actes qui lui plaisent. C’est très différent que de me forcer, de rassembler ma volonté pour agir… (p 119)
Accueillir l’œuvre de Christ en moi.
« J’entend souvent : « Il faut », Je dois », c’est à dire par mes propres forces. Dans la conversion, il y a certes une décision de notre part, c’est vrai pour toute chose, mais nous ne pouvons décider d’agir comme Jésus si nous n’en avons pas la grâce. Notre attitude juste est celle de l’accueil de l’œuvre de Jésus en nous, décision qu’elle se fasse en nous par l’Esprit, dans l’espérance, dans notre marche vers… La mort de Jésus a été la conséquence du refus humain à la vie divine. Le mal perd son pouvoir dans la résurrection qui donne la vie. A nous d’accueillir l’œuvre de Christ en nous en prenant conscience qu’il demeure en nous et en décidant de demeurer en Lui. Jésus n’est pas extérieur à nous comme un modèle à suivre, mais il demeure en nous » (p 121).
Nous sommes le plaisir de Dieu
Je me rend compte que nous sommes le plaisir de Dieu… La création est un acte d’amour qui éclate de Dieu : Père, Fils et Esprit pour partager, donner, dialoguer… Dieu prend plaisir à créer, à recréer ce qui est endommagé… Dieu aime toute sa création d’un amour identique pour chacun… Alors ! Dieu est d’autant plus content lorsque nous recevons (p 90).
Libres paroles sur la venue du Dalaï Lama à Paris.
« Ce succès montre la soif de spiritualité de nos contemporains : soif de paix, de tolérance, d’amour….
Et nous chrétiens, qu’avons-nous à apporter ? Nous parlons aussi d’amour. Je ne me crois pas meilleure que les autres. Depuis le jour où Dieu s’est révélé à moi à travers une prière exaucée et où j’ai découvert que je recevais de lui, paix et plénitude, je suis entré dans un univers spirituel, une nouvelle dimension. Dans la relation avec Dieu, en Jésus-Christ, je suis assuré de sa sollicitude jusque dans l’éternité… Je vois la présence de Dieu à l’œuvre aujourd’hui. Au milieu de l’ivraie, tout le négatif que nous rabâche les médias, je vois aussi le blé qui porte du fruit… » (p199).
« Dieu fait pour nous des projets de bonheur et non de malheur » (Jérémie 29.11). C’est bien dans cet esprit que nous sommes appelés à vivre. Entraidons-nous pour accueillir la Vie dans nos vies .
JH
(1) Voir le site : www.lespritquidonnelavie.com
Hassenforder (Odile). Sa présence dans ma vie. Empreinte, 2011. Site : www.editions-empreinte.com Présentation sur le site de Témoins accompagnée de commentaires et de témoignages : « Sa présence dans ma vie » http://www.temoins.com/evenements-et-actualites/sa-presence-dans-ma-vie.html