par jean | Fév 22, 2016 | ARTICLES, Société et culture en mouvement |
Sens et bonheur au travail : malgré tout, c’est possible
La situation du travail en France est préoccupante. Le taux de chômage est particulièrement élevé. C’est un poids qui pèse sur la jeunesse. Dans la grande mutation en cours, des métiers disparaissent et d’autres naissent. La reconversion des perdants est bien souvent difficile. Les relations entre employés et employeurs continue à souffrir d’un effet de domination. Et, de plus, l’accélération technologique entraine un accroissement du stress dans divers secteurs. On peut donc entretenir une sombre image de la situation du travail en France.
Cependant, si on poursuit l’investigation, on constate que cette image ne rend pas compte entièrement de la réalité. Il y a aussi actuellement des changements en cours qui sont porteurs d’une amélioration sensible dans les conditions de travail. Mais ces changements sont souvent encore à leurs débuts et donc peu visibles. Par suite d’un état d’esprit négatif, ils sont également sous-estimés. Cette méconnaissance ralentit le mouvement innovant qui s’esquisse aujourd’hui.
Cette évolution du travail s’inscrit dans une grande mutation de l’économie dont on commence à percevoir les orientations telles que par exemple Jérémy Rifkin les présente dans son livre : « La Troisième révolution industrielle » (1). Et parallèlement, on observe une avancée d’un état d’esprit nouveau. Le même Jérémie Rifkin montre, dans un autre ouvrage, une émergence de l’empathie (2). La collaboration, la convivialité correspondent à des aspirations montantes est se traduisent par des pratiques nouvelles comme en témoigne l’essor de l’économie collaborative (3) ou le développement d’espaces nouveaux, « tiers lieu » pour une cordialité informelle (4). Ces changements, ces tendances sont particulièrement visibles à l’échelle internationale. En France, on peut s’interroger sur les freins qui interviennent dans les mentalités comme, par exemple, un manque de confiance, particulièrement prononcé (5).
Mais il y a aussi des voix nombreuses qui indiquent et balisent les voies d’une évolution positive. Ainsi, Jean Staune, bien connu pour son action innovante pour développer une vision du monde nourrie par le dialogue entre foi et science (6), est impliqué professionnellement dans l’enseignement du management. A partir d’une culture pluridisciplinaire, il a écrit un livre : « Les clés du futur » (7) qui tient son pari de « réinventer ensemble la société, l’économie et la science ». Cet ouvrage, qui nous ouvre les portes du monde de demain, ne peut manquer d’envisager le rôle nouveau des entreprises : « C’est quoi une entreprise vraiment responsable ? » (p 611). Aujourd’hui, Jacques Lecomte, un des principaux experts de la psychologie positive (8), auteur du livre sur « La bonté humaine » que nous avons présenté sur ce blog (9), vient de publier un livre sur « les entreprises humanistes » (10). Ces entreprises portent une conception nouvelle du travail. Voici donc, là aussi, un courant encore peu connu, voire méconnu, qui est en train de se développer et de changer la donne. Des personnalités emblématiques ont salué les ouvrages de Jean Staune et de Jacques Lecomte. Jacques Attali a préfacé « Les clés du futur ». Edgar Morin évoque l’étude sur « les entreprises humanistes » comme « une contribution importante à l’humanisation du travail et au travail de l’humanisation ».
Un livre-ressource pour une vision nouvelle de l’entreprise
L’énoncé des grandes sections du livre de Jacques Lecomte sur les entreprise humanistes, nous permet de saisir l’ampleur et l’importance du projet : « L’épanouissement de la personne au travail. Des relations d’équipe harmonieuses. L’entreprise au service de la société. Les réponses aux défis environnementaux. Repenser les raisons d’être des entreprises ».
Cet ouvrage conjugue des savoirs issus de la recherche et une présentation particulièrement accessible. Vingt chapitres bien ciblés se succèdent avec des titres attirants. A chaque fois, l’auteur nous communique « une synthèse des travaux scientifiques et présente de multiples expériences concrètes », à l’échelle internationale, cela va de soi. La démonstration est rigoureuse, mais elle est aussi clairement et agréablement présentée. Chaque chapitre est précédé de quelques citations signifiantes et se termine par une brève synthèse : « Résumons-nous ». Ainsi, ce livre de 500 pages qui est une véritable « somme » sur ce thème, n’est en rien pesant. Il est percutant car il met à mal de nombreux préjugés, et, en même temps, il est enthousiasmant, car il met en évidence l’apparition d’un nouvel état d’esprit, la montée de nouvelles pratiques.
Pour écrire ce livre, l’auteur nous dit s’être inspiré de trois sources complémentaires d’inspiration : « la psychologie positive, le convivialisme et une vision optimiste de l’être humain » (p 10-13). Ces conceptions sont elles-mêmes récentes et innovantes. Ainsi ce livre conjugue un regard neuf et la mise en évidence d’une réalité émergente. Manifestement, il est en phase avec les aspirations nouvelles qui montent tout particulièrement dans les jeunes générations. Ce livre est ainsi remarquablement tissé.
Mais quelles sont plus précisément les intentions de l’auteur ? Jacques Lecomte nous les expose dans le prologue. Il part d’une expérience : celle du redressement et de la réussite de l’entreprise française Armor, spécialisée dans les technologies d’impression. Deux postulats majeurs ont été à l’origine de cette évolution victorieuse : « Une sensibilité humaine et la confiance accordée à chacun des employés de l’entreprise ; un engagement en faveur de l’environnement ». « Cette histoire illustre remarquablement la plupart des valeurs qui sont présentes dans ce livre : la motivation par le sens donné au travail, la confiance dans les collaborateurs, le leadership serviteur, le sentiment de la justice organisationnelle, la finalité humaniste de l’entreprise, sa responsabilité sociétale et environnementale, y compris dans des moments difficiles » (p 9). Si ces valeurs ont fondé la réussite de cette histoire, la recherche de Jacques Lecomte montre qu’effectivement « certaines valeurs et attitudes fondamentales (confiance en l’autre, empathie, respect, coopération, bienveillance, esprit de service, etc.) peuvent avoir un impact positif au sein des organisations… La pertinence de ces valeurs se vérifie aussi dans les relations entre les entreprises et le monde extérieur, les rapports entre industriels et militants humanitaires ou environnementaux aboutissant à de bien meilleurs résultats lorsqu’ils sont marqués par une confiance réciproque lucide, un pari sur la bonne volonté et la sincérité d’autrui, plutôt que lorsqu’ils sont caractérisés par la suspicion et la dénonciation mutuelle… Ceci invite à une perspective élargie. La dernière partie de ce livre reconsidère radicalement la raison d’être des entreprises… Plutôt que d’être orientées vers la recherche d’une augmentation du profit au bénéfice des actionnaires, elles devraient être des communautés de femmes et d’hommes qui agissent ensemble au service du bien commun » (p 10).
L’optimisme, un levier pour changer le monde
Jacques Lecomte conclut son livre par un appel à l’optimisme comme levier pour changer le monde. Et il invoque au départ une magnifique pensée d’Helen Keller, une jeune fille aveugle et sourde, qui a été délivrée de son enfermement : « L’optimisme est la foi qui conduit à la réussite. Rien ne peut être fait sans espoir » (p 462).
Avec Jacques Lecomte, nous pensons que de bonnes pratiques, des pratiques positives peuvent se répandre aujourd’hui. Et, dans ce domaine, l’auteur nous donne quelques exemples de changements rapides dans les représentations. « Tout change très vite, souvent positivement, même si les médias ont tendance à relayer les mauvaises nouvelles. Il y a vingt ans, un individu qui aurait parlé de bienveillance et d’empathie en entreprise serait passé pour un doux rêveur. De nos jours, ces attitudes paraissent d’une évidente nécessité. Il y a vingt ans, peu d’industriels s’impliquaient dans une démarche de responsabilité environnementale. C’est aujourd’hui une pratique courante. Ce qui était exception est maintenant devenu la règle » (p 463).
Un processus ouvert vers l’avenir
Dans le monde d’aujourd’hui, sachons ne pas voir seulement les décompositions et les déconstructions, mais aussi les recompositions et les reconstructions. Bien plus, il y a dans ce livre un air de nouveauté. Un nouveau paysage est en train d’apparaître. A ce point, on pouvait ne pas s’y attendre, mais ce nouveau regard est en phase avec une analyse rigoureuse des pratiques innovantes et la mise en évidence des changements dans les mentalités. Dans notre propre démarche interprétative, nous voyons là une émergence dans laquelle nous reconnaissons une inspiration de l’Esprit. Dans l’espérance, nous sommes enclins à regarder vers l’avenir (11).
Dans une situation de crise où les difficultés abondent, ce livre vient ouvrir un horizon. Certes, pour certains qui subissent de plein fouet les intempéries économiques, cet ouvrage peut paraître décalé. Mais, pour une bonne partie d’entre nous, il n’indique pas seulement une perspective à long terme, mais aussi un processus qui a déjà commencé. Il nous invite à oeuvrer en ce sens là où nous sommes et déjà en communiquant à ce sujet. Ce livre est un excellent outil pour permettre cette communication, car il encourage et légitime tous ceux qui veulent travailler dans cet esprit.
J H
(1) Rifkin (Jérémie). La troisième révolution industrielle. Comment le pouvoir latéral va transformer l’énergie, l’économie et le monde. LLL Les liens qui libèrent, 2012. Sur ce blog : « Face à la crise, un avenir pour l’économie » : https://vivreetesperer.com/?p=354
Voir aussi : « Rifkin (Jérémie). La nouvelle société du coût marginal zéro. Les liens qui libèrent, 2014
(2) Rifkin (Jérémie). Une nouvelle conscience pour un monde en crise. Vers une civilisation de l’empathie. Les liens qui libèrent, 2011. Sur ce blog : « La force de l’empathie » : https://vivreetesperer.com/?p=137
(3) Voir sur ce blog : « Une révolution de l’« être ensemble » (présentation du livre : « Vive la co-révolution. Pour une société collaborative) : https://vivreetesperer.com/?p=1394
« Société collaborative. La fin des hiérarchies » : https://vivreetesperer.com/?p=2205
(4) Sur ce blog : « Appel à la fraternité. Pour un nouveau vivre ensemble » : https://vivreetesperer.com/?p=2086
(5) Sur ce blog : « Promouvoir la confiance dans une société de défiance. Les pistes ouvertes par Yves Algan » » : https://vivreetesperer.com/?p=1306
(6) Jean Staune est, entre autres, le co-fondateur de l’Université interdisciplinaire de Paris et l’auteur d’un livre signifiant : « Notre existence a-t-elle un sens ? Une enquête scientifique et philosophique » (2007).
(7) Staune (Jean). Les clés du futur. Réinventer ensemble la société, l’économie et la science. Plon, 2015
(8) Jacques Lecomte est responsable du site : http://www.psychologie-positive.net
(9) Lecomte (Jacques). La bonté humaine. Altruisme, empathie, générosité. Odile Jacob, 2012. Sur ce blog : « La bonté humaine » : https://vivreetesperer.com/?p=674
(10) Lecomte (Jacques). Les entreprises humanistes. les Arènes, 2016
(11) « Espérer et agir. Agir est espérer. L’espérance comme motivation et accompagnement de l’action » : http://www.lespritquidonnelavie.com/?p=900 « Nous devenons actif pour autant que nous espérions. Nous espérons pour autant que nous puissions entrevoir des possibilités futures. Nous entreprenons ce que nous pensons être possible ». Introduction à la pensée de Jürgen Moltmann, théologien de l’espérance et auteur d’un livre sur « L’Esprit qui donne la vie », sur le blog : http://www.lespritquidonnelavie.com
Voir aussi sur ce blog :
« Pour une intelligence collective. Eviter des décisions absurdes et promouvoir des choix pertinents » : https://vivreetesperer.com/?p=763
« Bienveillance Humaine. Bienveillance divine. Une harmonie qui se répand » : https://vivreetesperer.com/?p=1842
par | Mai 6, 2013 | ARTICLES, Vision et sens |
Dispersion, lâcher prise, ressourcement et rayonnement.
Propos de Jean-Claude Schwab recueillis au fil d’une conversation.
Quelles sont les préoccupations auxquelles les gens sont confrontés aujourd’hui ?
« Aujourd’hui, beaucoup de gens ont de la peine à vivre, à se poser dans la vie. Cela vient du fait que le contexte social ou professionnel dans lequel nous vivons se délite et que les institutions qui nous emploient ne nous apportent plus le même soutien. Il arrive même que certains professionnels (même des ecclésiastiques) ne sont plus portés par leur institution. Ils ne trouvent plus de reconnaissance sociale non plus. Du coup, cela fait porter un immense fardeau sur leurs épaules, tant sur le plan professionnel que sur le plan personnel. On se sent à la limite du supportable, du possible. Ce matin, j’étais avec un collègue, en formation continue. Rien ne le soutient. … »C’est toi qui dois te promouvoir personnellement ». C’est un immense fardeau. D’où l’importance de plus en plus grande d’avoir accès à d’autres appuis, à ses ressources personnelles d’une part et d’autre part aux autres ressources qui peuvent être disponibles.
Face aux manques d’appuis et de repères, quelle forme de ressourcement personnel proposes-tu aux gens ?
Pour moi, les ressources personnelles, c’est l’espace qu’on se donne pour recevoir son être de Dieu. Quand tu fais silence devant Dieu, il se passe quelque chose que tu ne peux pas produire par toi-même. Quand tu te présentes devant le Dieu de miséricorde, pour moi, c’est le Dieu de Jésus-Christ, il se passe quelque chose de mystérieux. C’est le sentiment fort d’exister, ce noyau indestructible de mon être qui n’est pas seulement une ressource, mais une source qui se renouvelle. Je suis alors dans le non-faire et non plus dans « tout ce qu’il y a à faire » et qui me dépasse. Je suis dans le sabbat. Je renonce à toutes les raisons d’exister autres que « d’être là ». Et alors il m’est redonné le sentiment de cette réalité du fondement de mon existence. C’est comme si je me laissais couler au fond de la piscine pour aller y toucher le fond et remonter ensuite.
Sur quoi se fonde cette expérience spirituelle et comment les gens la vivent-ils ?
En vivant cela avec certains de mes vis-à-vis, et en communiquant avec eux à ce sujet, je vois qu’ils font cette expérience et qu’ils trouvent un positionnement par rapport au tourbillon de la vie. Je travaille surtout avec des chrétiens, mais dans les sessions que j’organise, il y a aussi des gens hors cadre, hors milieu chrétien. Mon langage s’inspire de la Bible, mais il est accessible à tous. Parmi les paroles bibliques qui m’inspirent, il y a ce texte que je trouve tout à fait central, et qui parle à chacun. Paul dit : « Je suis qui je suis, par la grâce de Dieu », 1 Corinthiens 15.10. C’est tout un chemin : Paul se compare d’abord aux autres apôtres plus grands que lui, pour ensuite ne plus se comparer du tout et se situer dans son être profond fondé dans l’être du Christ: « Je suis qui je suis ». On trouve dans l’Evangile une approche analogue lorsque Jésus déclare : « Avant qu’Abraham fut, Je suis » (Jean 8.58). Il affirme une réalité centrale de son être, indestructible. L’appel du psaume 46 (verset 11), lorsque Dieu dit : « Arrêtez et sachez que je suis Dieu », je le vis comme une invitation à cette même démarche : s’arrêter, faire le Shabbat, c’est à dire : renoncer à tout ce qui semble justifier mon existence pour en retrouver le fondement. Dans l’expérience même qu’on peut faire lorsqu’on s’arrête, et qu’on laisse passer les distractions, on reçoit un sentiment fort d’exister. Cette perception-là redonne un courage de vivre. Ceux qui entrent dans cette démarche en font l’expérience.
Parmi les ressources disponibles, quelle est la place donnée aux relations humaines ?
Parmi les ressources qui sont mises à notre disposition, certaines viennent directement de Dieu et d’autres viennent de nos relations humaines. Je m’inspire beaucoup du texte d’Esaïe 50.4 : « Le Seigneur éveille mon oreille pour que j’écoute comme les « appreneurs »; il m’a donné une langue exercée, pour que je puisse soutenir par la parole celui qui est abattu… ». Ce texte met en lien une attitude profonde en Dieu avec la relation aux autres. Dans cette posture dépouillée devant Dieu, de l’arrêt, du silence et de l’écoute intérieure, je trouve ce noyau vital personnel, qui permet ensuite d’être un soutien pour les autres. Evidemment, quand on fait cela, il y a un retour à l’expéditeur. Lorsque tu entres dans une telle relation avec les autres, tu es nourri toi-même, sans pour autant que cela devienne ta raison de vivre ».
Propos de Jean-Claude Schwab recueillis au fil d’une conversation.
Jean-Claude Schwab est pasteur. Il participe activement au réseau : Expérience et théologie et a la responsabilité du site correspondant : http://www.experience-theologie.ch/accueil/
On pourra lire deux articles de Jean-Claude Schwab sur le site de Témoins :
« Au cœur du cyclone » : http://www.temoins.com/parole-ouverte/au-coeur-du-cyclone.html
« Voici une bonne nouvelle : habiter mon corps » : http://www.temoins.com/developpement-personnel/voici-une-bonne-nouvelle-habiter-mon-corps.html
Nous vous invitons à visiter également l’article : « Paix et joie en Dieu. Approche pour une méditation. La vision de Jürgen Moltmann dans « Ethics of Hope » sur le site : « L’Esprit qui donne la vie »
http://www.lespritquidonnelavie.com/?p=880
par jean | Mai 20, 2021 | Emergence écologique, Hstoires et projets de vie |
Interview de Rodolphe Gozegba
Docteur en théologie après la soutenance d’une thèse sur Jürgen Moltmann, un pionnier de la théologie écologique, Rodolphe Gozegba est rentré dans son pays, la Centrafrique, en décembre 2020. Avec une association déjà à l’œuvre : A9, il a immédiatement commencé à entreprendre une action de sensibilisation pour la réalisation d’une autonomie alimentaire dans la ville de Bangui. Rodolphe répond ici à quelques questions.
A quels besoins, le développement de l’autonomie alimentaire à Bangui répond-il ?
Tout d’abord je voudrais vous remercier pour l’intérêt que vous portez à mon pays la Centrafrique, qui est en souffrance depuis de nombreuses années. Mais au début de l’année 2021, celle-ci s’est encore exacerbée. Par la coupure en raison de conflits politiques de la route d’approvisionnement venant du Cameroun et du Tchad, le pays et surtout la capitale Bangui ont frôlé la famine. La capitale ne recevait plus de denrées même essentielles. Sa dépendance alimentaire vis-à-vis de l’extérieur devenait flagrante.
L’association A9 dont l’objectif est d’améliorer la vie quotidienne des Centrafricains par la réalisation de 9 actions à plus ou moins long terme a décidé de commencer par cette première action d’urgence : permettre à la capitale puis au pays tout entier d’acquérir son autonomie alimentaire. Cette première opération est intitulée « Nourris ta ville en 90 jours ».
Quel accueil cette action a-t-elle rencontré et rencontre-t-elle aujourd’hui?
L’association A9 a été lancée officiellement dans la capitale de Bangui le 23 avril 2021, sous le parrainage de la Mairie de Bangui. Je profite d’ailleurs de la présente pour adresser encore mes plus vifs remerciements à monsieur le Maire et à tout le Conseil municipal pour l’accueil chaleureux et efficient qu’ils nous ont réservé.
Durant cette journée, nous avons présenté les objectifs de l’association et avons explicité devant nombre de journalistes et de personnes à haute responsabilité des domaines publics ou privés l’opération « Nourris ta ville en 90 jours ».
Le projet a fait l’objet d’un très bon accueil, d’autant plus qu’il coïncide avec les préoccupations actuelles de la mairie de Bangui et du gouvernement.
Après un premier travail de sensibilisation, dans quelle étape expérimentale, cette action entre-t-elle aujourd’hui?
Comme vous l’avez compris, les autorités locales, à travers la Marie de Bangui, approuvent le projet et appuient l’initiative d’A9.
Il nous appartient maintenant d’engager concrètement cette action en nous tournant vers les habitants de la capitale. Il est essentiel que ceux-ci se sentent concernés et s’investissent dans la réalisation effective de cette opération.
Pour ce faire, A9 va organiser arrondissement par arrondissement (Bangui compte au total 8 arrondissements) la sensibilisation des Banguissois pour les inciter à mettre en culture les lopins de terre à côté de leur maison qui sont actuellement pour l’essentiel d’entre eux laissés inexploités.
Le travail de A9 va s’étaler sur plusieurs mois où elle devra être disponible pour former, répondre aux questions, encourager, motiver de nouveaux adhérents, organiser des évènements valorisant le travail accompli (concours du plus beau jardin, du plus beau légume, concours de dessin, création d’un marché permettant la vente du surplus de récolte…).
A9 souhaite aussi distribuer des graines aux adhérents à titre d’encouragement et même des outils, tels une bêche ou une houe, à ceux qui sont trop pauvres pour l’acquérir par leurs propres moyens.
A cet effet, A9 a déjà lancé récemment par radio un appel au don d’outil et est en attente des résultats.
Dans quel esprit, cette campagne se déroule-t-elle?
Cette opération doit être perçue comme essentielle. Elle va permettre aux Banguissois d’acquérir leur autonomie alimentaire et de ne plus être dépendants de l’extérieur pour se nourrir. Elle va aussi jouer un grand rôle économique dans la mesure où cette agriculture urbaine – pour lui donner le nom qu’elle mérite – peut non seulement nourrir une population qui parfois n’a les moyens que de manger une fois par jour, mais aussi créer des emplois ou en tous cas donner un complément de revenus.
Nous espérons beaucoup pouvoir toucher les jeunes personnes (jeunes femmes et jeunes hommes) souvent sans travail, faute d’en trouver, et de leur permettre ainsi de se créer une source de revenus dont ils pourront être fiers.
Dans ces débuts, une phase évidemment difficile, comment envisager un soutien de cette action à l’échelle internationale?
Vous le savez, la réalité est toujours là ! Tout projet aussi magnifique soit-il, aussi primordial surtout soit-il, nécessite de l’argent. A9 a investi jusqu’à présent ses fonds propres, ceux qui lui ont été confiés par ses membres de la première heure. Mais le projet est tellement vaste que toute aide sera la bienvenue : plus nous serons nombreux à croire en ce projet, et à y travailler, plus vite il pourra avancer et donner de fruits rapidement.
Interview de Rodolphe Gozegba
par Jean Hassenforder
Voir aussi sur Vivre et espérer
En route pour l’autonomie alimentaire
https://vivreetesperer.com/en-route-pour-lautonomie-alimentaire/
Et un article de Rodolphe Gozegba dans : Oubangui medias : https://oubanguimedias.com/2021/05/14/centrafrique-dr-rodolphe-gozegba-lautonomie-alimentaire-peut-etre-acquise-en-90-jours/?fbclid=IwAR0OfusKC5Ctnd1E8Xq57TSbwGDsARj4rXiTDQ4dThMWtuZpuTsYCn0sJ5k
par jean | Mar 23, 2015 | ARTICLES, Expérience de vie et relation, Vision et sens |
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Apprécier et reconnaître ce qui est bon en chacun
En suivant notre fil facebook, nous avons rencontré une parole qui nous a rejoint profondément : « I believe that appreciation is a holy thing, that when we look what is best in a person we happen to be at the moment, we are doing what God does. So in appreciating our neighbor, we are participating in something truly sacred » : « Je crois qu’une appréciation positive appartient au registre de la sainteté, et que quand nous reconnaissons ce qui est le mieux dans une personne avec laquelle il nous arrive d’être à un certain moment, nous sommes en train de faire ce que Dieu fait. Ainsi, en appréciant notre prochain, nous participons à une réalité qui est vraiment sacrée ».
Fred Rogers, un homme qui, à la télévision, a su parler au cœur profond
Qui a exprimé aussi bien la grâce d’une appréciation positive de ce qui est bon et beau dans ceux que nous rencontrons ? C’est un homme mûr, pasteur américain qui, à un moment de sa vie, s’est engagé dans la participation à une émission de télévision à l’intention des enfants : « Mister Rogers Neiborhood » où il a apporté une présence authentique et chaleureuse. C’était un homme âgé qui aimait les enfants. Pour cette œuvre, Fred Rogers s’est vu décerné un prix en 1997. Après avoir été présenté « comme le meilleur des voisins que chacun de nous ait pu avoir », la parole fut donnée à cet homme humble et empathique qui en profita pour demander à l’assistance de prendre avec lui dix secondes pour « penser aux gens qui vous ont aidé à devenir ce que vous êtes, ceux qui ont pris soin de vous et ont voulu pour vous ce qui était le meilleur pour votre vie ». De fait, il en résulta un moment d’intense émotion.
L’article rappelle l’œuvre de Fred Rogers (1) et nous rapporte également dix paroles prononcées par lui. Ces paroles sont bien souvent émouvantes parce que nous ressentons personnellement leur profonde vérité. A partir de l’expression d’une vie en relation, elles font écho en nous. Nous en présentons ici quelques unes.
Des paroles qui touchent et éclairent
« Nous vivons dans un monde dont nous avons besoin de partager la responsabilité. Il est facile de dire : « Ce n’est pas mon enfant, ma communauté, mon univers. Ce n’est pas mon problème ». Et puis, il y a ceux qui voient le besoin et qui y répondent. Je considère ces gens comme mes héros ».
« Qu’est-ce qui pousse toujours plus des gens à vouloir davantage que ce qu’ils pourront utiliser ou avoir besoin ? Je pense tout bonnement que c’est l’insécurité. Comment faire connaître au monde que les signes extérieurs qui font fortune ne sont pas finalement ce qui est important pour être accepté ? »
« Comme être humain, notre rôle est d’aider les gens à réaliser combien chacun de nous est vraiment rare et précieux. A l’intérieur de nous, il y a quelque chose d’unique. C’est notre rôle de nous encourager les uns les autres à discerner cet apport original et à trouver les moyens d’en développer l’expression ».
« Je pense que chacun aspire à être aimé. Et, en conséquence, la plus grande chose que nous puissions faire est d’aider les gens à savoir qu’ils sont aimés et capables d’aimer ».
« Je crois qu’une appréciation positive appartient au registre de la sainteté et que, quand nous reconnaissons ce qui est le mieux dans une personne avec laquelle il nous arrive d’être à un certain moment, nous sommes en train de faire ce que Dieu fait. Ainsi, en appréciant notre prochain, nous participons à une réalité qui est vraiment sacrée ».
Chacune de ces réflexions éclaire le potentiel de notre manière d’être en relation . A certains moments, nous avons été encouragés et fortifiés par l’attention et l’affection qui nous ont été portées. Nous savons combien nos paroles peuvent elles aussi être porteuses d’encouragement et favoriser un processus de guérison et de libération. Fred Rogers nous permet d’aller à l’essentiel : un amour reçu et donné, une reconnaissance mutuelle, une appréciation de ce qui est bon et beau. C’est une harmonie à travers laquelle la présence de Dieu se manifeste.
J H
(1) « 10 Mr Rogers quotes you need to read » : http://www.relevantmagazine.com/culture/10-mr-rogers-quotes-you-need-read
Sur ce blog, autres textes sur ce thème :
« Amitié ouverte » (Jürgen Moltmann) : https://vivreetesperer.com/?p=14
« La beauté de l’écoute » (Frère Roger) : https://vivreetesperer.com/?p=1219
« Bienveillance humaine. Bienveillance divine. Une harmonie qui se répand » (Lytta Basset) : https://vivreetesperer.com/?p=1842
Dea petits riens de grande portée : la bienveillance au quotidien « (Odile Hassenforder) : https://vivreetesperer.com/?p=1849
« D’une religion enfermante à la vie » (Philippe Molla) : https://vivreetesperer.com/?p=1931
par jean | Avr 6, 2015 | ARTICLES, Hstoires et projets de vie, Société et culture en mouvement |
Pour un nouveau vivre ensemble.
La France traverse aujourd’hui un passage difficile. Affectées par un chômage massif, des populations sont affectées par le précarité et le mal être. Les frustrations engendrent l’agressivité et la défiance. Dans un univers mondialisé, le manque de point de repères, la perte de cadres de vie stables, une fragmentation du tissu social engendrent l’insécurité qui se mue en crainte de l’autre, en peur de l’étranger. Tout est donc aujourd’hui en question : une économie qui peine à se renouveler, mais aussi les séquelles d’un passé, celui d’un pays hiérarchisé, marqué par la longue opposition des deux France issues de la Révolution française. Des personnalités et des associations viennent d’appeler à une mobilisation pour une société plus fraternelle (1). C’est une juste intuition. Sans vision, un peuple meurt (2). Pour permettre le vivre ensemble, nous avons besoin de référents nouveaux en terme de valeurs et de récits, et de pratiques nouvelles en terme d’attitudes et de comportements.
Mais nous dira-t-on, dans les conditions actuelles, appeler à la fraternité, en promouvant une dynamique, n’est ce pas faire preuve d’un idéalisme éthéré ? On peut déjà répondre. La fraternité n’est pas un simple supplément d’âme, c’est une inspiration qui, en fin de compte, fonde la vie sociale. En effectuant pour cet article, une recherche documentaire sur internet, nous avons visionné une courte vidéo qui relate la fête de la fraternité organisée par Ségolène Royal, le 29 septembre 2008 (3). Le temps était dur puisque la crise économique venait d’éclater. Cette fête était mal perçue dans les arènes politiques. C’était une initiative à contre courant. C’était un pari d’espérance et aujourd’hui on peut en redécouvrir le caractère pionnier. Nous avons noté ainsi cette parole de Ségolène Royal : « On commence à comprendre qu’il faut changer radicalement de système autour de la fraternité. La fraternité pour moi, c’est encore mieux que la solidarité parce que c’est la fraternité qui la fonde et qui lui donne le sentiment d’humanité sans lequel la politique serait un simple métier sans âme, une simple transaction entre des intérêts bien compris. Parce que ce qui arrive de mauvais à l’autre où qu’il soit, finit par générer quelque chose de mauvais pour soi-même et aussi parce que ce qui arrive de bon à l’autre, finit par créer du bonheur chez soi ».
Si notre société traverse aujourd’hui un passage difficile, l’appel à la fraternité témoigne d’une prise de conscience qui s’appuie sur la vitalité du tissu associatif et humanitaire en France, mais qui s’inscrit aussi dans un mouvement en profondeur à l’échelle internationale.
Ces évolutions en cours sont parfois bien visibles. D’autres sont en germination comme des « signaux faibles » (4) qui demandent attention. Dans son livre : « Chemin de guérison » (5), Frédéric Lenoir traite des différentes étapes de l’individualisme dans les sociétés modernes. Après la montée de l’autonomie dans des sociétés encore structurées, on est entré pendant quelques décennies dans une période où s’est affirmé un individualisme égocentré. Aujourd’hui, une nouvelle phase apparaît : de plus en plus, l’exercice de l’autonomie s’inscrit dans un désir croissant de relation, d’interrelation. Des études sociologiques mettent en évidence le développement d’une culture nouvelle où la convivialité est désormais une pratique et une aspiration. Ainsi apparaît la notion de « Tiers lieu », un espace nouveau entre la vie institutionnelle et la vie privée. Des milieux conviviaux et informels apparaissent dans différents domaines (6), dans une dynamique internationale. Ce mouvement se répand et il y a aujourd’hui sur facebook, un groupe intitulé : « Tiers lieu. Open source » (7). Dans le contexte du web qui permet le partage à grande échelle, dans les années récentes en France, à partir de nombreuses initiatives, un mouvement en faveur de l’économie collaborative (8) grandit rapidement. On peut ainsi apprécier l’essor rapide d’une communauté comme « OuiShare » (9). Cependant, il semble bien que les esprits bougent à tous les niveaux. Ainsi les sciences humaines sont plus attentives aux sentiments altruistes (10). La notion d’empathie, bien mise en évidence dans un grand panorama historique et sociologique de Jérémie Rifkin (11) gagne du terrain dans les consciences. Ces différents signes témoignent d’une évolution dans l’esprit du temps. Voici un contexte favorable pour la réception d’un appel à la fraternité.
« Dimanche 11 janvier s’est exprimée dans un immense élan collectif la prise de conscience qu’une société désunie est une société désarmée. Mais ce mouvement, pour être durable, doit s’organiser et impliquer chacun d’entre nous, bien au delà de notre conception actuelle de la démocratie qui privilégie l’action politique en négligeant l’action citoyenne. C’est pourquoi si l’on ne veut pas décevoir, le moment est venu de changer de paradigme en faisant de l’action politique le levier de l’action citoyenne comme nous y invite le pacte républicain qui projette la liberté et l’égalité vers la fraternité… C’est pourquoi nous appelons les plus hautes autorités de l’Etat, mais aussi les responsables locaux à affirmer avec force leur intention d’inscrire le volet fraternité de la République dans leurs toutes premières priorités… L’objectif est notamment de favoriser toutes les dynamiques individuelles, associatives et institutionnelles aptes à construire de nouvelles relations d’écoute, d’entraide et de respect entre les cultures, les âges et les territoires… Pour illustrer au plus vite cette ambition, il pourrait par exemple, comme le propose également l’observatoire de la laïcité, être organisé dès cette année, une semaine nationale de la Fraternité… » (1). On lira avec un particulier intérêt la liste des premiers signataires qui témoigne d’une grande diversité des participants et d’un engagement important du mouvement associatif dans ses différentes composantes (12).
Dans le même esprit, le journal « Libération » à publié une tribune (13) de deux personnalités : Abdennour Bidar, philosophe, spécialiste de l’Islam et Patrick Viveret, philosophe et sociologue. Ce texte va plus loin dan une analyse philosophique et spirituelle de l’enjeu. « Le défi de notre société est de se donner à elle-même un grand cap, un horizon d’espérance et d’action collective, une direction porteuse d’un véritable projet de civilisation et d’une véritable vision de l’homme. Au beau milieu de tous ces gouffres qui s’élargissent, un abime plus immense encore s’est ouvert qui menace de nous engloutir tous : celui de la différence entre les conceptions du sacré… Nous devons tout faire pour apprendre d’urgence à cultiver ensemble le sens et la jouissance concrète d’un sacré partageable. D’un sacré constitué et enrichi par tous nos héritages, que l’on soit croyant ou non croyant. Notre chance est que ce sacré partageable a déjà un premier nom, un visage dessiné, celui de la fraternité… La fraternité est une valeur républicaine et une valeur religieuse et une valeur ancienne et une valeur moderne, et une valeur à réinventer, dont il faut avoir enfin collectivement l’audace ».
Comment vivre ensemble entre êtres humains ? A travers l’histoire, on peut observer la mise en oeuvre de l’inspiration de l’Evangile telle que Michel Clévenot nous la rapporte dans sa série historique : « Les hommes de la fraternité » (14). Si, en Occident, le thème de la liberté a été moteur, aujourd’hui il mérite d’être explicité. Sur ce blog (15), le théologien Jürgen Moltmann nous fait entrer dans une dimension plus vaste de cette valeur. « Dans une perspective historique, on constate que la liberté s’est affirmé fréquemment en terme de lutte pour le pouvoir. Il y a des vainqueurs et des vaincus. Cela a été le cas dans la société antique. La liberté apparaît comme une « maîtrise ». Celui qui comprend la liberté comme maîtrise ne peut être libre qu’au détriment des autres hommes… Au fond, il ne connaît que lui-même et ce qu’il possède. Il ne voit pas les autres comme des personnes… » . Mais la liberté peut être conçue différemment comme participation. « C’est le concept de la liberté communicative. C’est dans l’amour mutuel que la liberté humaine trouve sa réalité. Je suis libre et me sens libre lorsque je suis respecté et reconnu par les autres et lorsque, de mon côté, je respecte et reconnais les autres… Si je partage ma vie avec d’autres, l’autre n’est plus la limite, mais le complément de ma liberté… La vie est communion dans la communication. Nous nous communiquons mutuellement de la vie… ». C’est bien là que la liberté rejoint la fraternité. Il y a des moments de l’histoire française où la fraternité a été prise en compte. Ce fut le cas en 1848. Aujourd’hui, c’est la tempête en politique, mais nous sommes appelés à voir plus loin. L’appel à la fraternité est un point de repère qui se manifeste à partir de la société civile comme une aspiration à un autre genre de vie et comme une interpellation au monde politique pour une autre manière de faire société.
J H
(1) Appel : Maintenant, construisons la fraternité : http://odas.net/IMG/pdf/appel_fraternite_2015_-.pdf
(2) Proverbes 29.18
(3) Sur youtube : Fraternité avec Ségolène Royal : https://www.youtube.com/watch?v=sOx5i95wPGM
(4) Sur wikipedia : « En intelligence économique, les signaux faibles sont les éléments de perception de l’environnement, opportunités ou menaces qui doivent faire l’objet d’une attention anticipative, appelé veille.. » http://fr.wikipedia.org/wiki/Signaux_faibles
(5) Frédéric Lenoir. Chemin de guérison. Fayard, 2012
Sur ce blog : « Un chemin de guérison pour l’humanité » : https://vivreetesperer.com/?p=1048
(6) « Emergences d’espaces conviviaux et aspirations contemporaines. Troisième lieu (« Third place ») et nouveaux mode de vie » : http://www.temoins.com/evenements-et-actualites/recherche-et-innovation/etudes/emergence-despaces-conviviaux-et-aspirations-contemporaines-troisieme-lieu-l-third-place-r-et-nouveaux-modes-de-vie
(7) Tiers lieux. Open source francophone. Sur facebook : https://www.facebook.com/groups/tilios/
(8) A propos de l’économie collaborative : « Une révolution de l’être ensemble » (« Vive la co-révolution ! Pour une société collaborative : Anne-Sophie Novel et Stéphane Rioux ») : https://vivreetesperer.com/?p=1394
« Anne-Sophie Novel, militante écologiste et pionnière de l’économie collaborative » : https://vivreetesperer.com/?p=1975
(9) « Ouishare. communauté leader dans le champ de l’économie collaborative » : https://vivreetesperer.com/?p=1866
(10) « Quel regard sur la société et sur le monde » : https://vivreetesperer.com/?p=191
(11) « Vers une civilisation de l’empathie. A propos du livre de Jérémie Rifkin » : http://www.temoins.com/etudes/recherche-et-innovation/etudes/vers-une-civilisation-de-lempathie-a-propos-du-livre-de-jeremie-rifkinapports-questionnements-et-enjeux
(12) Sur le site de l’Observatoire national de l’action sociale délocalisée, liste des premiers signataires qui montre l’étendue du champ couvert : http://odas.net/L-Odas-soutien-l-appel-a-la-fraternite-lance-par
(13) Sur le site de Libération : « Le 11 mars, faites de la fraternité ! » (Abdennour Bidar, Patrick Viveret) : http://www.liberation.fr/societe/2015/03/10/le-11-mars-faites-de-la-fraternite_1218112 Patrick Viveret est l’auteur d’un recueil intitulé : « De la convivialité. Dialogue sur la société conviviale à venir ». Et un « Manifeste convivialiste » est paru en 2013 (Voir : note 15)
(14) Michel Clévenot : les hommes de la fraternité. Voir : « Un historien de la fraternité » : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/dha_0755-7256_1993_num_19_2_2101
(15) « Une vision de la liberté… La liberté comme maîtrise… La liberté comme participation… La liberté comme avenir… Egalité, liberté, fraternité… Vers une civilisation conviviale » : https://vivreetesperer.com/?p=1343
Voir aussi, sur le site de Témoins, la vision de Guy Aurenche : « La fraternité sauvera le monde » : http://www.temoins.com/societe/culture-et-societe/societe/la-fraternite-sauvera-le-monde.html