Identifier et dépasser les mécanismes autobloquants
Selon Thomas d’Ansembourg
« Te changer toi peut tout changer » (1), c’est le titre d’un récent livre de Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute et formateur, qui, à partir de sa propre évolution, en est venu à apporter des éclairages pertinents vis-à-vis des représentations qui entravent beaucoup de gens, si bien que nous avons fréquemment présenter ses diagnostics et ses approches sur ce site (2). Ecoutons comment l’auteur présente son message (3) : « J’ai la joie, depuis plus de trente ans, d’enseigner un processus de connaissance de soi permettant de mettre le meilleur de soi au service de la vie communautaire. Je constate énormément de difficultés à trouver du rythme et du sens qui nous conviennent. Beaucoup de personnes vivent à un rythme qui ne les arrange pas du tout, qui sont piégés dans une accélération, une impression de passer de choses à faire en choses à faire, à faire sans un mouvement de discernement et de recul, et cela amène beaucoup de brutalité dans nos rapports, mais également de dépendance, d’addiction, de mécanisme de compensation. Nous avons donc besoin d’apprendre à mieux nous connaitre pour éviter ces pièges-là ». C’est pourquoi Thomas d’Ansembourg a écrit ce livre : « Je souhaite par cet ouvrage contribuer à certaines prises de conscience. J’observe depuis plus de trente ans beaucoup de mécanismes dans lesquels nous sommes pris, piégés sans même le savoir. Cela fait partie d’une culture ambiante, donc on ne le voit pas. On ne peut pas sortir d’un piège lorsqu’on ne sait pas qu’on est pris dedans. Et donc, j’identifie dans ce livre cinq mécanismes que j’ai appelés autobloquants parce que quand on est piégé dedans, nous sommes comme autobloqués dans notre processus d’évolution personnelle, mais aussi collective alors que quand on connait le piège, quand on le comprend, on peut petit-à-petit travailler à le démanteler. J’invite à prendre conscience de ces pièges liés à la culture, comme je l’évoque, et ainsi nous donner l’occasion de nous en sortir, de pouvoir retrouver une vie qui ait avantage de sens, qui soit plus solidaire et surtout beaucoup plus joyeuse ». Alors, ce livre correspond à un besoin : « Nous pouvons le lire si nous sentons que notre vie est plate, qu’elle manque de sens, qu’elle tourne en rond, qu’elle se répète et que peut-être nous avons pris le pli de nous y résigner alors qu’au fond, nous aimerions une vie qui soit davantage savoureuse, qui ait du goût et du sens, du sens personnel et vivant, qui nous donne du goût pour nous lever le matin pour ce projet qu’on appelle la vie et d’y trouver notre place. Donc c’est une invitation à ne pas se résigner à une attitude un peu mortifère et à retrouver la joie d’être en vie et de collaborer au projet de la vie commune ».
Identifier et dépasser les mécanismes autobloquants
Nous n’avons pas toujours conscience des pressions sociales auxquelles nous sommes exposés et qui tendent à nous conduire à l’adoption de normes collectives qui ne sont pas nécessairement favorables. Nous adoptons une attitude conformiste. Mais cette attitude peut nous asservir. Thomas d’Ansembourg nous propose un exemple : « Le système scolaire conventionnel considère qu’être assis sans bouger durant toute la journée est normal ce qui est pourtant contre-nature et à contre-sens de l’élan de vie de tout être humain et particulièrement de l’enfant… il n’est pas étonnant qu’éduqués de la sorte à contresens, nous finissions par considérer que nous sentir bloqués chaque matin dans les mêmes embouteillages, puis assis devant des écrans à longueur d’année soit un mode de vie ‘normal’ »… L’habituel prend le pas sur le sensé, le « normal étouffe le vivant et l’ennui s’installe en mode de vie » (p 69). Il y a donc bien des « automatismes de pensée, croyances ou programmations », des habitudes qui peuvent compromettre la qualité de vie à laquelle nous aspirons, et ce non pas seulement au niveau personnel et interpersonnel, mais également sur le plan communautaire. Ces habitudes sont tellement intégrées dans nos cultures collectives… que la plupart du temps, nous ne le voyons pas. Elles sont invisibles, et nous ne doutons même pas qu’elles commandent nos pensées, engendrent nos humeurs, induisent nos comportements, orientent nos choix… Je les qualifie d’autobloquantes parce qu’elles s’activent inconsciemment d’une manière qui inhibe tant notre responsabilité que notre liberté de penser et d’agir, compromettant ainsi notre évolution individuelle et sociale » (p 70). Dans ce livre, Thomas d’Ansembourg nous aide à prendre conscience de ces habitudes, puis à les dépasser en nous proposant des alternatives. Il traite ainsi de cinq grandes empreintes culturelles :
- La culture du malheur, du goût du drame et de l’attachement à la souffrance
- La culture des rapports de force combatifs et de l’addiction à l’affrontement
- Le culte de la méfiance – fermeture – contraction par rapport à la nouveauté et au changement
- La culture de la séparation – division – binarité et du cloisonnement – rejet
- La culture de la lutte contre le temps et de la course à tout bien ‘faire’ qui en résulte au détriment souvent de la qualité d’ ‘être’ (p 70).
Chacun des chapitres correspondants allient observations, constats, recours aux diverses approches des sciences humaines et les grandes orientations de pensée de l’auteur s’y déploient avec constance.
Cette lecture est à la fois accessible et dense. Elle se veut libératrice. Pour y appeler le lecteur, nous présentons un des chapitres : « Quatrième mécanisme autobloquant. La culture de la séparation-division »
La culture de la séparation-division
La culture de séparation-division est issue d’une manière de penser. « La raison et l’esprit logique ont façonné l’habitude d’analyser, catégoriser, classer, synthétiser et ranger les choses dans des cases, ce qui a, bien sûr, permis des progrès considérables dans les sciences et les technologies, mais souvent au détriment d’une vision inclusive et systémique qui tiennent compte des interactions, effets retardés et effets rebonds » (p 205-206). De même, dans le sillage de la pensée cartésienne, « pendant deux siècles, la science dans une vision réductionniste est restée convaincue que « le tout correspond à la somme des parties et vice versa. Depuis la découverte de la complexité, au milieu du XXe siècle, la science s’ouvre au constat que ‘le tout est plus que les parties’ et qu’il y a donc des propriétés émergentes ou qualités nouvelles qui se font jour du fait des interactions et qui ne sont donc pas attribuables aux parties composantes » (p 206). L’auteur cite Edgar Morin, le promoteur de la pensée complexe. « La pensée complexe (du latin complexus qui signifie : tisser ensemble) a pour but de relier dans notre perception habituelle ce qui ne l’est pas » (p 207). L’auteur renvoie également à la vision de la mécanique quantique et à de nombreuses découvertes hors conventionnelles (p 208) (4).
L’auteur ajoute que l’approche de Descartes – selon laquelle l’esprit serait séparé et distinct de la matière -, qui a formaté pendant deux siècles nos systèmes de pensée, se révèle inexacte. Or cette vision a contribué à ce que l’homme maltraite et gaspille la matière, et particulièrement la nature, considérée comme « une chose sans âme livrée à son pouvoir et à sa merci » (p 208).
La pensée logique occidentale a également contribué à privilégier un mode de pensée binaire (soit-soit) par rapport à un mode de pensée complémentaire non dualiste, inclusif (et ceci…et cela). Est binaire le fait de penser en termes qui s’opposent, qui divisent et appauvrissent le discernement, avec les multiples variantes de la dichotomie. Tandis que la pensée complémentaire s’exprime par des termes qui cohabitent, des formulations qui fédèrent et concilient » (p 217). L’auteur cite à nouveau Edgar Morin qui évoque sa confrontation avec la pensée binaire : « L’erreur de la pensée binaire qui ne voit que l’alternative (ou/ou) et se révèle incapable de combiner la conjonction (et/et) » (p 210). Thomas d’Ansembourg perçoit les effets néfastes de la pensée binaire dans la vie des gens. « Elle constitue, à mes yeux, une des causes majeures des tensions subtiles dans lesquelles nous nous entretenons sans même en avoir conscience et la violence souvent feutrée qui en découle… Nos vies divisées peuvent se révéler infernales » (p 211). L’auteur estime en avoir souffert lui-même avant de s’engager dans la pratique de la communication non violente où il a appris à côtoyer régulièrement l’énergie qui se dégage petit à petit du fait de formuler nos pensées de façon inclusive et complémentaire » (p 212). Comme psychothérapeute, cette pratique l’a aidé à accompagner beaucoup de personnes ‘vers la formulation conjuguée de ce vers quoi elles tendent’. « Ainsi je vois tous les jours des personnes se libérer de leurs ‘enfer-mements’ dès qu’elles dépassent la pensée binaire et retrouvent leur unité. Une énergie profonde et joyeusement créative nait de la consonance des polarités par ce travail d’exploration et d’ouverture de conscience. Celui-ci peut requérir un investissement de temps et d’attention, dont le ‘retour sur investissement’ se révèle systématiquement inestimable. Je suis porté par le rêve que le bénéfice citoyen de ce type de pratique soit de plus en plus connu et promu » (p 214).
En regard des incitations à la séparation que l’auteur décèle dans certaines croyances religieuses (p 215) ou bien ressent dans certaines pratiques sociales comme la forme dominante de scolarisation (p 216), c’est une pensée holistique qui est mise en avant avec une citation de Charles Eisenstein : « Si l’essence de la guerre est le réductionnisme – réduire l’univers à un objet, réduire la vie à une chose, réduire autrui à un ennemi, (autrement dit, si simplifier la complexité pour avoir quelque chose à combattre) – alors pour élaborer un récit de paix, le premier pilier fondateur devrait être la pensée holistique. Cette pensée-là comprend que chaque chose est intimement reliée à toutes les autres Que tout fait partie du tout. Qu’exister, c’est être en relation… Nous sommes tous inter-existants… En utilisant un terme bouddhiste, le fondement d’un récit de paix est ‘l’inter-être’ : un moi connecté dans un monde vivant et interdépendant, par opposition à un individu séparé dans un monde autre » (p 220).
Thomas d’Ansembourg s‘interroge sur les vecteurs de la culture de séparation. Il incrimine en particulier le rôle d’une école classique. : « La scolarité nous coupe de pans entiers de notre être. Elle privilégie en effet le savoir intellectuel, la logique, l’intelligence logico-mathématique… la qualité du faire… soit uniquement des activités mentales et néglige en premier lieu le corps… Qu’en est-il de toutes les autres pratiques favorisant notre incarnation, ici et maintenant, et nos intelligences kinesthésiques comme le chant, la danse et le théâtre, le tai-chi et le yoga, l’impro, la prise de parole et l’art oratoire, l’escalade et le tir à l’arc » (p 216). Il dénonce ‘le monopole de l’intelligence logico-mathématique, au détriment de multiples autres canaux d’intelligence’. « Selon différents chercheurs, nous disposons de dix à douze canaux d’intelligence… Les systèmes scolaires n’en privilégient souvent que deux : l’intelligence logico-mathématique et l’intelligence verbo-linguistique… Peu ou pas de notions et de formations pratiques sont proposées pour prendre soin de l’intelligence émotionnelle, de l’intelligence relationnelle, de l’intelligence corporelle et kinesthésique, de l’intelligence musicale et rythmique, de l’intelligence collective, de l’intelligence spirituelle » (p 222-223).
Dans sa pratique de psychothérapeute, Thomas d’Ansembourg peut constater les dégâts engendrés par la culture de séparation-division. Les personnes « témoignent qu’elles sont coupées de leur corps, ne le sentent que quand il fait mal, qu’elles sont coupées de leurs émotions, ne les ressentent que quand elles sont douloureuses, qu’elles sont coupées de leurs talents et doutent qu’elles puissent en avoir, qu’elles sont coupées de leurs intuitions… alors qu’elles aient souvent accumulé les diplômes académiques… » (p 223). L’auteur s’élève contre ce gâchis et prône une nouvelle approche éducative.
Thomas constate également les méfaits de l’individualisme. « Aujourd’hui, on constate tant d’angoisse et d’anxiété, particulièrement chez les jeunes, nourries par l’illusion, de la séparation, de la division et de l’éloignement, et donc par l’absence vertigineuse de conscience, pour chacun, d’être relié à une dimension plus grande qu’eux–mêmes, d’être relié à tout le vivant. Ce n’est pas par leurs études, ni par leur emploi… encore moins par leur quête désespérante d’appréciation sur les réseaux qu’ils trouveront réponse à leurs questions. Mais par l’ouverture de conscience que permet un travail d’intériorité, ils peuvent se donner l’occasion de ressentir le tressaillement intime et la présence fidèle de la vie qui les traverse et les relie à tout » (p 231). Thomas d’Ansembourg constate le développement d’un égocentrisme : je-me-moi, le recul du : tu-te-toi, et il déplore le moindre appel au nous. « Je parle ici du nous tous, l’ensemble du vivant, humain et non humain, tous les passagers du vaisseau céleste. Je ne vise pas les nous autres qui opposent les uns aux autres, mécanisme de division tant répandu, perpétué par des tribus, des familles, les partis politiques, les idéologies et souvent les religions ». L’auteur nous présente au contraire un vrai nous. Ce ‘nous’ engendre un sentiment de profond bien-être intime, nourri de sécurité relationnelle, d’appartenance soutenante, de projet commun inspirant et donc de sens…Nos apprentissages successifs pourraient être orientés par le sens du nous, le nous qui nous relie à tout et au Tout, dans une conscience subtile et vaste de ce que signifie appartenir : ‘faire partie de, y avoir part’. Ainsi nous pourrions être aussi attentifs à notre développement moral qu’à notre développement intellectuel et professionnel » (p 228-229).
Thomas d’Ansembourg poursuit « en appelant nos sociétés déconnectées de la vie et nos esprits colonisés par la raison et la technologie à se réenraciner dans la terre, ses rythmes et ses saisons, ouvrir sa conscience au foisonnement des interactions et connexions qui permettent, maintiennent et font croitre la vie, se reconnecter ainsi au souffle (de la racine latine ‘spir’) et aux cycles qui font que la vie inspire, respire, expire , et retrouver la sensation jubilatoire primordiale qui l’accompagne de se savoir vivant dans un monde vivant » (p 233).
Dans sa vision de l’humanité, Thomas d’Ansembourg invite naturellement à éviter la violence en la transformant en conflits. « Ce que je sais, c’est que la violence est la pire façon de régler les différends puisqu’elle entraine systématiquement la violence en retour, explosive ou larvée… Le philosophe Patrick Viver et nous invite précisément à transformer la violence en conflit : conflit parlé, discuté, argumenté, conflit mûri et métamorphosé en étape ou clé de croissance. Et pour ce faire, nous avons à lâcher la croyance, déjà évoquée, que l’homme serait un loup pour l’homme et que la violence et la guerre lui seraient indissociables » (p 236).
L’auteur évoque la thèse selon laquelle « l’apparition de la violence entre humains remonterait à l’époque de la sédentarisation, soit il y a un peu prés dix mille ans. « C’est dans ce creuset millénaire que s’est forgé notre système de pensée. Ce n’est que si nous pouvons prendre conscience qu’il a été forgé, justement, que nous pouvons voir naitre une certaine confiance dans le fait que ce système de pensée n’est peut-être pas une fatalité » (p 237).
En fin de ce chapitre, Thomas d’Ansembourg ouvre un horizon en évoquant les expériences qui traduisent un nouveau mode de pensée et un nouveau mode de vivre. Il nous présente une méditation en terme de prise de conscience autour de notre respiration, une respiration qui ‘est le signe de la vie en moi’, qui manifeste ‘un échange qui est la base de la vie’, qui est une expérience que nous partageons avec les autres êtres vivants, une source de ‘gratitude pour la fidélité du Souffle en nous, dans tous les sens de ce mot’. Et, « pour clore ce moment, dans cette attention plus éveillée à la vie en vous et autour de vous, étant peut-être plus conscient du tissage et du métissage entre tous les règnes, et du cousinage entre toutes les choses, je vous invite é fréquenter cette question-ci, parmi mille autres : De quoi suis-je séparé ? » (p 246-249). Thomas d’Ansembourg nous fait part de l’orientation qui se dégage du vécu de cette méditation. « J’anime cette méditation de présence à la vie en nous et autour de nous au début de chaque séminaire. Je ne compte plus les réactions émues des participants, combien partagent qu’ils n’ont jamais pensé à écouter leur corps d’une manière générale, ni le souffle et encore moins à lui témoigner de la gratitude. Qu’ils n’ont jamais pensé à se relier tant à la vie en eux qu’à la vie autour d‘eux. Et qu’ils sont parfois bouleversés de prendre la mesure de cette interconnexion entre les règnes (végétal, animal, humain) et l’appartenance à ce vaste projet qui nous dépasse et qu’on appelle la vie. Et qu’enfin, la croyance qu’ils sont seuls et séparés se dissout par la conscience que : je ne suis séparé de rien, si ce n’est par la pensée divisante et cloisonnante » (p 240).
Une vision nouvelle
Thomas d’Ansembourg nous a rapporté comment à partir d’un ressenti critique de sa vie, il en était venu à chercher une autre manière d’envisager la vie, trouvant un nouveau mode de pensée et de comportement dans la communication non violente, puis élargissant son champ de vision à travers des lectures et des recherches et une vaste expérience de psychothérapeute. Ce livre, ‘Te changer toi pour tout changer’, nous introduit ainsi dans une vision qui s’écarte des habitudes de pensée traditionnelles en nous appelant à des prises de conscience des mécanismes autobloquants auxquels nous sommes soumis. Nous avons rapporté ici sa réflexion sur l’un d‘entre eux : la culture de la séparation-division.
À cet égard, Thomas d’Ansemboug en a vu des traces dans l’éducation catholique pratiquante qu’il a reçue. (p 215). Cette remarque n’est pas infondée. La conception du péché originel a engendré crispation et peur pendant des siècles et encore aujourd’hui dans certains milieux religieux comme le montre Lytta Basset (5). Cependant, cette culture de la séparation est rejetée aujourd’hui par des théologiens comme ceux auxquels nous nous référons sur ce blog. C’est le cas de Jûrgen Moltmann qui envisage Dieu en terme d’une Communion Trinitaire à laquelle participe l’Esprit qui donne la vie (6). C’est un Esprit sans frontières. À la Pentecôte, des privilèges immémoriaux sont abolis. La barrière entre l’humanité et la nature s’efface. « Dieu est ‘Celui qui aime la vie’ et son Esprit est dans toutes les créatures. Cette doctrine de la Création qui part de l’Esprit Divin, inhabitant, est aussi en mesure de fournir des points de départ pour un dialogue avec les philosophies anciennes et nouvelles de la nature, non mécanistes, mais intégrales… Si on comprend le créateur, sa création et son but de façon trinitaire, alors le créateur habite par son Esprit dans l’ensemble de la création et dans chacune de ses créatures et il les maintient ensemble et en vie par la force de son Esprit » (7). Dans son livre, ‘La Danse divine’ (8), Richard Rohr nous parle aussi de la révolution trinitaire : « La révolution trinitaire, en cours révèle Dieu comme toujours avec nous dans toute notre vie et comme toujours impliqué. Elle redit la grâce comme inhérente à la création et non comme additif additionnel à quelques personnes qui méritent. Cette révolution a toujours été active comme le levain dans la pâte, mais aujourd’hui, on comprend mieux la théologie de Paul et celle des Pères orientaux à l’encontre des images punitives plus tardives de Dieu qui ont dominé l’Église occidentale… Dieu est celui que nous avons appelé Trinité, le ‘Flux’ (flow) qui passe à travers toute chose sans exception et cela depuis le début. Ainsi toute chose est sainte pour ceux qui ont appris à la voir ainsi. Toute impulsion vitale, toute force orientée vers le futur, toute pulsion d’amour, tout ce qui tend vers la vérité, tout émerveillement devant une expression de bonté, tout bond d‘élan vital, tout bout d’ambition pour l’humanité et la terre, est éternellement un flux du Dieu trinitaire ». Cette vision d’un Dieu relationnel est à l’exact opposé d’une culture de la division-séparation.
J H
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- Thomas d’Ansembourg. Te changer toi peut tout changer. Harper Collins, 2026 ; Interview de l’auteur sur Métamorphoses : https://www.youtube.com/watch?v=q_U-M8o4AgQ
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