par jean | Mai 15, 2014 | ARTICLES, Vision et sens |
Face aux pensées négatives, Dieu nous visite et nous libère.
Méditation de Cécile de Broissia à propos du Cantique de Zacharie (1)
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Cécile de Broissia nous introduit dans un univers relationnel porteur d’une vie pleine et abondante. Rejoignant d’autres contributions publiées sur ce blog (2), elle nous appelle à entrer dans la confiance et dans la bienveillance en voyant le bien, disant le bien, recevant le bien : « La première parole que Zacharie prononce s’adresse à Dieu pour le bénir, dire du bien de Lui. N’est-ce pas le propre de tout croyant de dire du bien ? Croire en soi et dire du bien de soi, croire en les autres et croire qu’ils nous veulent du bien et enfin croire en Dieu qui ne nous veut que du bien puisqu’il n’est qu’amour ». Dieu est à notre côté dans notre combat contre les pensées négatives qui font obstacle et viennent ternir notre vie. « Il attend que nous lui ouvrions la porte de notre cœur, que nous lui demandions se nous aider et par la brèche ouverte, avec la force de son bras, il vient nous visiter et nous arracher aux mains de nos ennemis ». Voilà une méditation qui vient à notre rencontre dans le concret de notre existence, une parole qui sonne juste et qui nous encourage.
J H
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Cantique de Zacharie (Luc 1, 67-79)
Zacharie, son père, fut rempli de l’Esprit Saint et prononça ces paroles prophétiques :
« Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël, parce qu’il a visité son peuple pour accomplir sa libération.
Dans la maison de David, son serviteur, il a fait se lever une force qui nous sauve.
C’est ce qu’il avait annoncé autrefois par la bouche de ses saints prophètes :
Le salut qui nous délivre de nos adversaires, des mains de tous nos ennemis.
Il a montré sa miséricorde envers nos pères, il s’est rappelé son Alliance sainte :
Il avait juré à notre père Abraham qu’il nous arracherait aux mains de nos ennemis,
Et nous donnerait de célébrer sans crainte notre culte devant lui,
Dans la piété et la justice, tout au long de nos jours.
Et toi, petit enfant, on t’appellera prophète du Très-haut,
Car tu marcheras devant le Seigneur pour lui préparer le chemin,
Pour révéler à son peuple qu’il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés.
Telle est la tendresse du cœur de notre Dieu.
Grâce à elle, du haut des cieux, un astre est venu nous visiter ;
Il est apparu à ceux qui demeuraient dans les ténèbres et l’ombre de la mort,
Pour guider nos pas sur le chemin de la paix. »
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Zacharie vient de faire l’expérience du doute et de l’incroyance qui l’ont rendu muet. Quand il retrouve la parole, il partage aux autres ce qu’il a longuement contemplé dans le silence et sa parole jaillit en un chant de bénédiction et d’action de grâce.
La première parole que Zacharie prononce s’adresse à Dieu pour le bénir, dire du bien de Lui. N’est ce pas le propre de tout croyant de dire du bien ? Croire en soi et dire du bien de soi, croire en les autres et croire qu’ils nous veulent du bien et enfin croire en Dieu qui ne nous veut que du bien puisqu’il n’est qu’amour.
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Nous passons tous par des moments de doute, d’incroyance, de méfiance, de jalousie, de peur, de soupçon dans nos relations avec nous-mêmes, les autres et Dieu. Ces pensées négatives nous empêchent de vivre et nous font du mal, ce sont là nos ennemis intérieurs et nos adversaires qu’il nous faut combattre. Dieu est à notre côté dans notre combat. Il attend que nous lui ouvrions la porte de notre cœur, que nous lui demandions de nous aider et par la brèche ouverte, avec la force de son bras, il vient nous visiter et nous arracher aux mains de nos ennemis.
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Zacharie annonce un Dieu proche, incarné, qui s’intéresse à nous et vient nous visiter aujourd’hui comme il a visité autrefois son peuple. Tout à coup, il lui est donné de comprendre ce qui lui arrive et de relier son histoire personnelle à celle de son peuple. Comme Dieu a libéré son peuple de l’esclavage et conduit en terre promise, Dieu a libéré Zacharie de son incroyance et de son mutisme. Zacharie nous invite à relire notre histoire et à faire mémoire de toutes les fois où nous sommes visités. Dieu nous fait signe par un évènement, une rencontre, une joie, une épreuve…
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Zacharie bénit encore le Seigneur : Il a montré sa miséricorde envers nos pères, il s’est rappelé son Alliance Sainte. Oui, Dieu est un Dieu bon et fidèle. Il est le seul en qui nous pouvons avoir totalement confiance car il ne nous oubliera jamais et nous relèvera même si nous l’oublions. Il nous l’a promis : « Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Matthieu 28, 20). Il nous a promis de nous donner de célébrer sans crainte notre culte devant lui dans la piété et la justice tout au long de nos jours. Tout simplement vivre notre vie dans le réel de son existence en n’ayant pas peur, puisant notre force, notre courage de vivre, dans la certitude que le Seigneur nous accompagne. Et pour avoir cette certitude de la présence de Dieu à nos côtés, il nous est bon de prendre un moment dans la journée pour nous relier à Dieu : prendre conscience et le remercier pour les bienfaits reçus des autres et aussi pour tout le bien qu’il nous a permis de faire. Accepter notre vie telle qu’elle est avec le bon et le moins bon, surtout avoir confiance en la bonté de Dieu pour nous tels que nous sommes et demander de l’aide pour être tout au long de nos jours plus humain, plus vivant, plus aimant, plus juste avec nous-mêmes, les autres et Dieu.
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Imaginons ensuite Zacharie, ce prêtre âgé, s’adressant à son enfant avec tendresse et le prenant dans ses bras. Et toi, petit enfant, on t’appellera prophète du Très-Haut.
Devenir tout petit pour laisser à Dieu toute sa place. Ne pas se prendre pour Dieu mais marcher devant le Seigneur pour lui préparer le chemin, pour révéler à son peuple qu’il est sauvé, que ses péchés sont pardonnés. Se montrer tendre et bienveillant envers nous-mêmes, les autres et Dieu afin que chacun croie en lui-même, en les autres et en Dieu.
Croire et témoigner de la tendresse de Dieu qui ne nous abandonne pas à nos ténèbres et à nos chemins de mort et se laisser guider par Jésus, lumière intérieure, vers un chemin de paix.
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Cécile de Broissia
Le samedi 26 avril 2014, invitée sur le blog : « Au bonheur de Dieu », animée par Michèle Jeunet, Sœur Michèle au Cénacle de Versailles.
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(1) Méditation du Cantique de Zacharie, sur le blog « aubonheurdedieu-soeurmichele » : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/article-invite-es-cecile-de-broissia-11-cantique-de-zacharie-123445316.html
(2) Voir aussi sur le blog : Vivre et espérer : « Bienveillance humaine. Bienveillance divine. Une harmonie qui se répand. Lytta Basset : Oser la bienveillance » : https://vivreetesperer.com/?p=1842
« Développer la bonté en nous, un habitus de bonté » : https://vivreetesperer.com/?p=1838
« Quelle est notre image de Dieu ? » : https://vivreetesperer.com/?p=1509
« Comme les petits enfants » : https://vivreetesperer.com/?p=1640
« Entrer dans la bénédiction » : https://vivreetesperer.com/?p=1420
« La beauté de l’écoute » : https://vivreetesperer.com/?p=1219
Voir aussi une autre méditation de Cécile de Broissia présentée sur le site de Témoins : « Une invitation à la confiance. Annonce à Zacharie » : http://www.temoins.com/ressourcement/une-invitation-a-la-confiance-annonce-a-zacharie
par jean | Déc 2, 2021 | ARTICLES, Beauté et émerveillement, Emergence écologique, Vision et sens |

Louez l’Eternel du bas de la terre, Monstres marins et vous tous abimes :
Feu et grêle, neiges et brouillards ;
Vents impétueux qui exécutez ses ordres ;
Montagnes et toutes les collines ;
Arbres fruitiers et tous les cèdres ;
Animaux et tout le bétail ;
Reptiles et oiseaux ailés ;
Qu’ils louent le nom de l’Eternel
Car son nom seul est élevé ;
Sa majesté est au dessus de la terre et des cieux
Psaume 148 7-10,13
Dans cette séquence (1), frère Richard Rohr partage sur la manière de « voir » et de percevoir Dieu dans les formes de la nature sur la base d’une spiritualité incarnée.
10 octobre 2021
Contempler la création
La spiritualité de la création a ses origines dans les Écrits hébraïques tels que les psaumes 104 et 148. C’est une spiritualité qui est enracinée, en premier, dans la nature, dans l’expérience, et dans le monde tel qu’il est. La riche spiritualité hébraïque a formé l’esprit et le cœur de Jésus ».
Richard Rohr fait remarquer alors combien nous sommes habitués à penser la religion en terme d’idées, de concepts et de formules trouvés dans des livres. « Ce n’est pas là où la religion commence. Ce n’est pas la spiritualité biblique. Celle-ci commence en observant ce qui est ».
Paul écrit : « Déjà depuis la création du monde, l’essence invisible de Dieu et sa puissance éternelle ont été vues clairement par la compréhension de l’esprit des choses créées » (Rom 1.20). Nous connaissons Dieu à travers les choses que Dieu a faites. La première fondation de toute vraie vision religieuse est tout à fait simplement d’apprendre à voir et à comprendre ce qui est ».
Or, selon Richard Rohr, « la contemplation, c’est rencontrer la réalité dans sa forme la plus simple et la plus directe, sans jugement, sans explication et sans contrôle ».
Richard Rohr nous appelle à voir dans le monde les « vestigia Dei », ce qui signifie les empreintes de Dieu. Apprendre à aimer pour voir. « Nous devons commencer avec une pierre. Puis nous passons de la pierre au monde végétal et nous apprenons à apprécier les choses qui grandissent et à voir Dieu en elles. Peut-être, une fois que nous pourrons voir Dieu dans les plantes et les animaux, nous pourrons voir Dieu dans nos prochains. Et puis, nous pourrons apprendre à aimer le monde. Et puis quand tout cet amour aura pris place, quand ce regard sera advenu, quand de telles personnes viendront à moi et me diront qu’elles aiment Jésus, j’y croirais. Elles sont capables d’aimer Jésus. Leur esprit est préparé. Leur esprit est libéré et il a appris à voir et à recevoir, comment rentrer en soi et en sortir. De telles personnes pourraient bien comprendre comment aimer Dieu ».
La dance de la vie
Richard Rohr voit en François d’Assise comme un premier exemple de quelqu’un qui a découvert en lui-même la connexion universelle de la création. Il nous fait part d’un apport de Sherri Mitchell sur la sagesse de s’accorder dans l’harmonie de la réalité.
« Chaque chose vivante a son propre chant de la création, son propre langage et sa propre histoire. En vue de vivre harmonieusement avec le reste de la création, nous devons vouloir écouter et respecter toutes les harmonies en mouvement autour de nous ». C’est faire appel à tous nos sens pour envisager le monde. « Quand nous vivons comme des êtres disposant de plusieurs sens, nous découvrons que nous sommes capables de comprendre le langage de chaque chose vivante. Nous entendons la voix des arbres et nous comprenons le bourdonnement des abeilles. Alors nous commençons à réaliser que c’est la substance inter-tissée de ces rythmes flottants qui nous tient dans un équilibre délicat avec toute vie. Alors notre vie et notre place dans la création commencent à faire sens d’une manière complètement nouvelle.
Sherri Mitchell nous raconte ensuite une expérience de cet ordre.
Dans une chaude journée d’été, dans un état méditatif, elle a remarqué le minuscule rampement d’une fourmi près d’un brin d’herbe.
« Comme j’observais la fourmi en train de bouger, son petit corps a commencé à s’illuminer. Puis le brin d’herbe sur lequel il marchait s’est lui aussi éclairé. Comme j’étais là et j’observais, tout l’endroit qui m’entourait a commencé à s’éclairer. J’étais assise, m’émerveillant tranquillement devant cette vue nouvelle, sans bouger de peur de la perdre. Pendant que j’étais assise là, respirant avec le monde autour de moi, les fermes lignes de mon être ont commencé à s’estomper. Je me suis sentie en expansion et en train de me fondre avec tout ce que j’observais. Soudain, il n’y avait plus de séparation entre moi, la fourmi, l’herbe, les arbres et les oiseaux. Nous respirions avec la même respiration. J’étais envahie par ce sens de parenté tellement beau et complet avec toute la création… ».
Sentir la nature
Richard Rohr nous convie à expérimenter une vie en pleine nature.
A l’exemple de François d’Assise, il a lui-même vécu quelques moments d’ermitage dans la nature. Il raconte comment il a découvert ce qui se passait chez les animaux et dans les arbres. Combien nous perdons lorsque nous sommes coupés de la nature… « Mes temps d’ermitage m’ont resitué dans l’univers de Dieu, dans la providence et dans le plan de Dieu. J’ai eu le sentiment d’être réaligné avec ce qui est. J’appartenais et donc j’étais sauvé… »
« Quand nous sommes en paix et que nous ne y opposons pas, quand nous ne sommes pas en train de fixer et de contrôler le monde, quand nous ne sommes pas remplis de colère, tout ce que nous pouvons faire est de commencer à aimer et pardonner. Rien d’autre ne fait sens lorsque nous sommes seuls avec Dieu. Il n’y a rien qui vaille de retenir parce qu’il n’y a rien d’autre dont nous ayons besoin. Je pense que c’est dans cet espace de liberté que le réalignement advient. François vivait un tel alignement… ».
Les cercles sacrés
Richard Rohr voit la Trinité comme un « cercle de danse » d’amour et de communion mutuelle. « Ceux d’entre nous qui ont grandi avec la notion trinitaire de Dieu communément répandue, voient la réalité consciemment ou inconsciemment, comme un univers en forme de pyramide, avec Dieu au sommet d’un triangle et tout le reste en dessous. Mais c’est exactement ce que la Trinité n’est pas. Les premiers Pères de l’Eglise disaient que la métaphore la plus proche pour envisager Dieu, c’était un cercle de danse de communion. Ce n’était pas une situation hiérarchique, monarchique ou une pyramide.
Richard Rohr cite alors Randy Woodley, un théologien d’origine Cherokee (tribu indienne). « Notre modèle de la relation à toute chose est un simple symbole utilisé par les autochtones américains : le cercle. L’harmonie dans le genre de vie est souvent entendue en terme symbolique de cercle ou de cerceau ». Rassemblons-nous… faisons un cercle… Le cercle n’a ni début, ni fin et on peut y entrer n’importe où et n’importe quand. « Quand nous nous rassemblons dans un cercle, la prière a déjà commencé… Nous nous rassemblons l’un avec l’autre et avec le Grand Mystère même sans qu’un mot ait été dit ».
Randy Woodley nous introduit dans le symbolisme pour les peuples autochtones et pour la terre elle-même.
« Dans presque toutes les tribus autochtones d’Amérique du Nord, le cercle ou le cerceau est considéré comme un symbole de la vie. Ce symbole est une puissante représentation de la terre, de la vie, des saisons, des cycles de maturité etc… ».
Une prière centrée sur la création
« La nature spirituelle de la Création a toujours été là depuis le Big Bang… L’Esprit et la matière ont été un depuis que Dieu a décidé de se manifester ».
« Le Christ est partout. La planète entière est ointe et messianique. Tout porte le mystère du Christ… Quand nous apprenons cela, nous sommes en communion. ». Nous sommes en communion lorsque nous allons à l’église… Nous sommes en communion dans la pause de la salle de bain. Nous sommes en communion quand nous sommes dans la nature.
Richard Rohr convie une sœur franciscaine, José Hobday à s‘exprimer. Elle écrit comment elle a appris à « prier sans cesse » à partir de la spiritualité autochtone de sa mère qui honorait le sens d’être en communion, en harmonie constante, d’être avec Dieu en toutes choses. « Ma mère priait comme une américaine autochtone. Cela signifie qu’elle se voyait priant en vivant et vivant en priant. Elle essayait de prier sa vie. Elle exprimait, par exemple sa prière de gratitude dans la manière dont elle faisait les choses : Quand vous remuez les flacons d’avoine, faites le lentement de manière à ne pas oublier que les flacons d’avoine sont un don et qu’il ne faut pas les prendre pour acquis. Elle faisait les choses en priant. Elle priait même en marchant… Elle m’enseignait à marcher doucement sur la terre parce que la terre est notre mère. Quand nous marchons, disait-elle, nous devrions être prêts à entrer dans chaque mouvement de beauté que nous rencontrons ».
Qu’est-ce que Richard Rohr a appris de la spiritualité américaine autochtone ? « D’abord à faire que ma prière soit centrée sur la création. Les indiens prient comme étant en famille avec la création. Dans notre prière, nous pourrions penser aux créatures… et à leur relation avec la création. C’est ce que les américains autochtones ont fait. Cela ne les a pas seulement gardés en contact avec la création, mais aussi bien avec le Créateur.
Révérer la création et le Créateur
Pour Richard Rohr et la tradition franciscaine, l’incarnation est au cœur d’une spiritualité affirmant la création. Nous rencontrons Dieu dans la création parce que nous rencontrons Dieu partout. Au lieu d’être une barrière à la vie spirituelle, la création est une porte. Les gens qui vivent en relation profonde et harmonieuse avec la nature ont toujours su cela. Richard Rohr a trouvé, dans ses conversations avec des anciens autochtones, une perspective sur la nature de la réalité qui commence avec un éclairage sur la nature du Créateur. Et il cite à ce sujet, un verset de l’épitre aux romains (1. 19-20) : « Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient comme à l’œil, depuis la création du monde, étant considérées dans ses ouvrages… ». « L’Ecriture est cohérente avec la vision du monde indigène que la nature du Créateur est visible dans la création. Qu’est- ce que la création nous dit de la nature de Dieu ? Les peuples indigènes ont été accusés d’animisme, c’est à dire d’adorer la création plutôt que le Créateur. Mais, en réalité, le fondement de la spiritualité indigène, c’est la révérence… La révérence, c’est un profond respect. Le Créateur est évident dans la création qui nous entoure. Je puis voir cela et en faire l’expérience avec mes sens… L’humilité, c’est reconnaître que je ne suis pas séparé de la création. Je fais partie du tissu de la vie. J’ai appris que cette dépendance mutuelle est un don. La vie est un don ».
J H
- Center for action and contemplation. Contemplating creation : https://cac.org/contemplating-creation-2021-10-10/
Voir aussi sur ce blog:
L’homme, la nature et Dieu : https://vivreetesperer.com/lhomme-la-nature-et-dieu/
Enlever le voile: https://vivreetesperer.com/enlever-le-voile/
La grande connexion : https://vivreetesperer.com/la-grande-connexion/
Et la présentation du livre de Richard Rohr: The divine dance:
https://vivreetesperer.com/la-danse-divine-the-divine-dance-par-richard-rohr/
https://vivreetesperer.com/reconnaitre-et-vivre-la-presence-dun-dieu-relationnel/
par jean | Jan 1, 2014 | ARTICLES, Expérience de vie et relation, Vision et sens |
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Se sentir aimé, c’est une des conditions du bonheur.
Dans un article sur « psychologies.com » (1) : « Etre aimé pour être heureux », Hélène Fresnel énonce ce que nous savons déjà dans notre expérience intime : « Etre aimé, c’est une nécessité, un fondement de notre identité… Parce que nous sommes incapables de nous aimer, l’amour de l’autre justifie notre existence »… « Le fait d’être aimé entretient un sentiment de continuité dans l’existence… Nous sommes menacés de nous désintégrer face aux difficultés et à la dureté du monde. L’amour de l’autre nous permet de ne pas nous dissocier, de ne pas nous défaire…C’est un besoin existentiel qui évolue et perdure parce qu’il justifie plus que n’importe quoi d’autre la nécessité de notre existence. Nous n’avons plus à nous interroger : « Pourquoi suis-je là ? ». Et de citer le philosophe Maurice Merleau-Ponty : « C’est l’autre qui me donne mon visage. L’autre nous a reconnus pour ce que nous sommes… ». Mais, en même temps, on le sait, en fonction d’un passé douloureux, des obstacles comme la crainte et la peur de l’abandon, peuvent faire obstacle.
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A travers la parole de Jésus, Dieu s’adresse à nous. Jésus vit en relation à Dieu comme celle d’un fils à un père aimé, un papa (« abba »), et il peut donc nous parler de Dieu comme Celui qui est constamment présent, en qui on peut avoir une totale confiance (Luc 6. 25-34), un Dieu qui nous aime et vient à notre rencontre. Et d’ailleurs, Jésus lui-même incarne cet amour divin et nous appelle à aimer les autres, répondant ainsi au grand besoin d’être aimé qui est inscrit au cœur de l’homme.
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Cette expression de l’amour de Dieu peut rencontrer des obstacles tant dans notre psychisme que dans une représentation de Dieu (2), qui s’est écartée de l’Evangile et fait barrage à travers un inconscient collectif. Ainsi, pour lever ces obstacles, nous avons parfois besoin d’être aidé à percevoir les empêchements qui s’interposent.
Dans son blog : « Au bonheur de Dieu » (3), Michèle Jeunet, Sœur Michèle au Centre spirituel Notre-Dame du Cénacle à Versailles, sait apporter les éclairages et poser les bonnes questions qui permettent de dissoudre les obstacles et d’ouvrir notre compréhension. Ainsi dans ce texte à propos de l’Evangile de Luc (15.1-9) : « La conversion, est un changement de regard » (4), elle nous aide à recevoir personnellement le message de Jésus.
« L’Evangile est porteur de bonnes nouvelles pour notre vie ». Ce n’est pas rien d’entendre et de ressentir que nous sommes vraiment aimé par Dieu. « Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver, de me retrouver ».
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J H
La conversion est un changement de regard.
Dans l’Evangile selon Luc au Chapitre 15, verset 1 à 9
1 Cependant tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de lui pour l’entendre.
2 Et les pharisiens et les scribes de murmurer : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mangent avec eux.
3 Il leur dit alors cette parabole :
4 « Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis, et vient à en perdre une, n’abandonne les 99 autres dans le désert pour s’en aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ?
5 Et quand il l’a retrouvée, il la met, tout joyeux sur ses épaules
6 et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !
7 C’est ainsi, je vous le dis, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour 99 justes ; qui n’ont pas besoin de repentir.
8 « Ou bien, quelle est la femme qui, si elle a dix drachmes et vient à en perdre une, n’allume une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin, jusqu’à ce qu’elle l’ait retrouvée,
9 Et , quand elle l’a retrouvée, elle assemble amis et voisins et leur dit : Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, la drachme que j’avais perdue !
Quelle joie de pouvoir être auditeurs de l’Evangile comme nous le sommes !
Quelle joie de pouvoir nous glisser dans ce groupe de publicains et de pécheurs et comme eux s’approcher et écouter une parole où Jésus nous dit la valeur du prix que nous avons aux yeux de Dieu.
Et oui, ces deux paraboles, comme la troisième bien connue, dite du « fils retrouvé », nous disent d’abord le prix que nous avons aux yeux de Dieu.
Elles nous comparent à une brebis, une pièce d’argent et un enfant.
Ces comparaisons disent toutes les trois, à leur manière, une richesse et ue valeur qui ne doivent pas se perdre et qui demandent de tout mettre en œuvre pour être retrouvées.
Et, à chaque fois, cette valeur ou richesse est unique, car pour Dieu, chacun, chacune de nous est sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé !
Qu’il est meilleur le regard de Dieu sur nous si nous le comparons à celui que nous avons sur nous même !
C’est pourquoi l’Evangile est une bonne nouvelle. C’est pourquoi l’appel à la conversion est un appel à changer notre regard. En fait, c’est faire un échange : renoncer au nôtre et accueillir celui de Dieu. Je suis sa brebis préférée, sa pièce précieuse, son enfant bien aimé et il n’a de cesse de me chercher, de me trouver, de me retrouver.
L’autre lieu de conversion est donc aussi un appel à transformer nos images de Dieu. Sont-elles en coïncidence avec ce qui nous est révélé ici de Dieu ?
Dieu comme un berger qui court à ma recherche, qui me met sur ses épaules.
Dieu comme une femme qui allume une lampe pour me chercher sans se lasser.
Dieu comme un père qui fait la fête à l’enfant retrouvé que je suis.
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Oui, c’est bien de bonnes nouvelles pour notre vie dont l’Evangile est porteur. Laissons-nous libérer par elles. Ce sont elles qui peuvent dilater notre cœur et transformer quelque chose en nos vies.
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Michèle Jeunet . Sœur Michèle, Centre spirituel Notre-Dame du Cénacle.
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(1) Sur le site : « psychologies.com » : Hélène Fresnel. Etre aimé pour être heureux http://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Bonheur/Articles-et-Dossiers/De-quoi-avons-nous-besoin-pour-etre-heureux/Etre-aime-pour-etre-heureux
(2) Sur ce blog : « Quelle est notre image de Dieu ? ». Réflexion de Michèle Jeunet à propos d’une intervention de Thierry Bizot, éditeur du livre : « Catholiques anonymes » d’où a été tiré le film »Qui a envie d’être aimé ? » https://vivreetesperer.com/?p=1509
(3) aubonheurdedieu-soeurmichele : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/
(4) Le texte : « La conversion est un changement de regard » est emprunté au blog de Sœur Michèle : http://aubonheurdedieu-soeurmichele.over-blog.com/article-la-conversion-est-un-changement-de-regard-100069508.html
On pourra lire aussi sur ce blog :
« Geste d’amour » (Odile Hassenforder. Sa présence dans ma vie) https://vivreetesperer.com/?p=1204
« Lorsque Dieu nous parle de bonheur » (Odile Hassenforder. Sa présence dans ma vie) https://vivreetesperer.com/?p=205
« La beauté de l’écoute » https://vivreetesperer.com/?p=1219
« Dieu suscite la communion » https://vivreetesperer.com/?p=564
par jean | Mai 5, 2022 | Emergence écologique |
L’enquête sauvage, de Anne-Sophie Novel
Nous savons que l’humanité est menacée par l’oppression qu’elle exerce sur la nature et par les conséquences qui en résultent : le dérèglement climatique et le recul de la biodiversité. Nous en sommes troublés, inquiets, angoissés. Mais, dans notre société urbaine, n’avons-nous pas perdu également notre connection avec le vivant, avec la nature ? De la symbiose avec la nature qui s’établit, de fait, dans les sociétés rurales d’autrefois, ne sommes-nous pas aujourd’hui devenus prisonniers d’une vie qui tourne sur elle-même sans plus ce contact réel avec le vivant sauvage, c’est-à-dire ce qui ne nous est pas soumis. C’est ainsi qu’un livre d’Anne-Sophie Novel vient nous surprendre : « L’enquête sauvage » (1). Si nous apprenions à nous retrouver avec le vivant, avec la nature, nos engagements écologiques seraient d’autant plus profonds qu’ils seraient l’expression de toute notre personnalité, à la fois de la tête et du cœur. Anne-Sophie Novel nous propose un voyage pour nous plonger dans la nature sauvage en apprenant à écouter, à observer, à ressentir, à s’ensauvager. A partir de là, c’est un nouveau genre de vie qui émerge, un terreau fertile pour l’engagement écologique.
A plusieurs reprises sur ce blog, nous avons rencontré Anne-Sophie Novel, militante écologiste et pionnière d’une économie collaborative. Nous avons rapporté son livre visionnaire : « Vive la co-révolution. Pour une société collaborative » (2). Journaliste indépendante, spécialisée dans les questions d’environnement et d’écologie, Anne-Sophie Novel, anime un blog : « Même pas mal » (3), et collabore à plusieurs organes de presse.
Nous reconnecter au vivant, à la nature : un besoin vital
L’attention pour le vivant est au cœur de cette recherche. « Le vivant. Là est justement le sujet de cet ouvrage, un sujet mis à l’index par notre système politico-économique, car jugé trop « fleur bleue », bien léger et « bisounours » dans une civilisation où la recherche de vitesse, d’efficacité ou de profit génèrent de multiples violences » (p 8). Mais, de fait, c’est bien une question prioritaire qui nous concerne tous. Car, « cette rupture avec le vivant porte atteinte à tous… Et en particulier à celles et à ceux qui n’ont pas les moyens de se ressourcer régulièrement en pleine nature, de réinventer leurs vies loin des bouchons et du béton. Sans un nouveau rapport avec le vivant, notre civilisation occidentale va droit dans le mur. Et les plus fragiles d’entre nous en premier » (p 8). Anne-Sophie Novel a donc écrit un livre pour nous permettre de nous reconnecter au vivant et à la nature. Nous voici aujourd’hui en présence d’une « quête universelle » :
« Reconnecter nos vies et notre société à la nature est devenu une urgence vitale pour faire face aux crises écologiques et climatiques, pour enrayer l’extinction du vivant et renverser le modèle de développement dominé par les marchés financiers – et pour faire face aux dommages sociaux qu’ils engendrent. Il faut faire une force des interdépendances entre notre espèce et toutes les autres, la base d’un nouveau contrat social entre humains, et aussi entre humains, animaux et plantes. Il nous faut apprendre à nous appuyer sur la nature et les ressources qu’elle offre sans chercher à seulement la contraindre, la souiller ou l’épuiser. Il nous faut bâtir un monde pour tous avec des espaces naturels, sinon sauvages pour nous ressourcer » (p 8-9).
Anne-Sophie Novel : un nouveau point de départ
Une opportunité s’est offerte à Anne-Sophie à l’occasion du confinement du printemps 2020. Elle s’est décidée à écrire à partir d’un nouveau genre de vie. En effet, « elle s’est arrachée à la ville comme on arracherait une « mauvaise herbe », presque machinalement, par la force des choses ». Avec ses deux enfants : Adèle (10 ans) et Ulysse (5 ans), elle a « pris refuge sur la terre natale de son époux, Nicolas, dans une maison de famille conçue comme une grande cabane camouflée par les chênes en lisière de forêt… Loin de me réduire à néant, ce déracinement forcé en mars 2020 s’est révélé être une renaissance » (p 18).
Cette expérience nouvelle a été décisive. « J’ai surmonté mes peurs. Je me suis reconnectée. J’ai réveillé en moi, des souvenirs, un vécu. Je me suis enracinée tout en me déployant autrement ». C’est à partir de cette expérience qu’Anne-Sophie a trouvé un nouvel élan pour s’engager dans une enquête où elle n’a pas seulement consulté de nombreux militants, innovateurs et experts, mais, en même temps éprouvé et exprimé de nouveaux ressentis personnels. Il lui a été donné ainsi de vivre une aventure qui lui a permis « d’adopter un œil neuf pour rejoindre la nature autrement, de grandir avec elle, de renouer avec le vivant » (p 19). « Guidée par de nouvelles envies, par une autre écoute, par des questions que je n’avais jamais explorées aussi profondément, j’aspire à comprendre intimement ce que cela signifie… Qu’est-ce que le « vivant » et la « nature » pour moi ? Quels ont été nos rapports jusqu’à maintenant ? Et qu’est-ce que cela m’apporte d’y prêter une attention nouvelle ? » (p 19).
Le mouvement d’une enquête et l’architecture d’un livre
Ainsi, dans ce livre, Anne-Sophie Novel nous invite à la suivre dans une « enquête sauvage » composée de lectures, de réflexions personnelles, d’expériences et de nombreuses rencontres sur le terrain ». Cet ouvrage est particulièrement dense et cette densité exclue tout compte-rendu détaillé. En voici donc l’architecture et le mouvement comme Anne-Sophie nous en donne la trame. Dans un premier mouvement, au travers d’une expérience qui met en œuvre tous les sens, Anne-Sophie se connecte au vivant et à la nature. « Dans la redécouverte du vivant, il m’a fallu tendre l’oreille dans un premier temps (chapitre Ecouter), puis ouvrir les yeux et changer de regard (chapitre Observer) avant de commencer à éprouver vraiment les bienfaits de la nature (chapitre Ressentir). Plus avant, « j’ai cherché à surmonter mes peurs et mes angoisses pour entrer pleinement dans le monde sauvage et me regarder autrement (chapitre S’ensauvager). A partir de là, Anne-Sophie Novel peut envisager autrement la transformation urgemment requise par la transition écologique. « Plongeant dans nos racines profondes, j’ai considéré sous un autre prisme le soin apporté au monde végétal (chapitre Cultiver), avant de m’interroger sur nos façons d’habiter le monde (chapitre Cohabiter) : des conflits d’usage aux nombreuses solutions et initiatives pour protéger le vivant. J’en viens aux luttes et aux procédés sémantiques et juridiques développés par de multiples gardiens et gardiennes de la terre (chapitre Lutter). Et je pars à la rencontre d’éducateurs et de professeurs passionnés, mais aussi de naturaliste amateurs… qui s’engagent au quotidien à transmettre leurs découvertes et leurs solutions pour préserver l’essentiel (chapitre Transmettre).
A l’écoute
En lisant le premier chapitre ‘Ecouter’, donc un point de départ, on comprend l’approche de Anne-Sophie Novel. Celle-ci apparaît clairement dans l’avant-propos du chapitre :
« Si l’on comprend que se taire permet de faire le premier pas vers la vie sauvage
Où l’on doit lâcher prise pour accepter l’inconnu et développer un autre type d’attention
Où l’on est subjugué par un sentiment océanique en pleine forêt
Où l’on se laisse guider par les oiseaux pour entrer dans la phonocène » (p 21).
Anne-Sophie nous rapporte ses expériences de marche en silence dans la nature. Et, par exemple, une « marche main dans la main et à l’aveugle ». Au total, « c’est une façon de se mettre au diapason. Il faut accepter de se taire, de ne plus rien dire, ne rien formuler, ni attendre, se laisser porter et tout oublier pour revoir tout autrement. Là où avant, j’entrais sans crier gare, sans cesser de bavarder lors de balades ou de randonnées, maintenant je marque le pas, je ralentis, je baisse la voix, j’essaye d’avancer en chœur » (p 22).
Dans une expérience de marche silencieuse en Gironde, Anne-Sophie réalise une ballade sensorielle grâce à l’organisatrice, Magali Coste, écothérapeute. Au delà de l’exercice des cinq sens les plus connus, elle apprend la complexité de la perception. C’est la découverte de « la proprioception (ou perception, consciente ou non, des différentes parties du corps), l’équilibrioception (ou sens de l’équilibre), la thermoception (ou sens de la chaleur et de l’absence de chaleur)… » (p 23).
Dans son nouveau lieu d’habitation au printemps 2020, Anne-Sophie, qui préférait la mer, a découvert la campagne. Elle nous raconte une ballade avec sa famille dans la forêt voisine. « Nous marchions depuis plusieurs heures lorsque nous avons débouché sur une clairière dont je ne connaissais pas l’existence. Il faisait doux, le temps était magnifique, les herbes étaient très hautes, une brise y dessinait des ondes de douceur. Un instant magique… A chaque pas, s’ouvraient à nous de magnifiques orchidées sauvages, de somptueux papillons tout petits tout blancs et nous savourions un moment suspendu quand un souffle inattendu vint nous surprendre… » (p 27) Anne-Sophie sursaute et interroge à ce sujet son mari Nicolas. « C’est le vent dans les arbres, le ballet de la canopée. Je suis subjuguée par le spectacle de ces éléments… C’est non seulement beau, mais tellement évident. Comment n’avais-je pas perçu auparavant la beauté de cette écume végétale ? Le vent dans ces feuillages me fait un bien fou, je le savoure, respire profondément. En moi, ce jour là, s’est passé quelque chose. J’ai été happée, comme appelée, profondément captivée. J’ai senti pousser une autre nature, insoupçonnée, indispensable… » (p 27-28).
Un autre aspect de l’écoute, c’est le chant des oiseaux. Anne-Sophie y accorde beaucoup d’importance dans ce chapitre. « La nature m’a toujours parlé et le chant des oiseaux tient, en la matière, l’essentiel de la partition. C’est d’ailleurs un trait commun à de nombreux naturalistes et amoureux de la nature que d’avoir été orientés par ces sirènes » (p 29). Comme c’est le cas tout au long de ce livre et ce qui contribue à en faire la grande richesse, Anne Sophie Novel part à la rencontre de ces chercheurs pour nous faire part de leurs découvertes. Et ainsi, elle interroge l’audio-naturaliste Fernand Deroussen « pour tenter de mieux comprendre les ressorts de l’écoute dans l’appréhension du vivant ». Et celui-ci lui dit : « Les oiseaux me passionnent, ils sont incontournables, mais en forêt, on ne les voit jamais. C’est ainsi que j’ai commencé à être attentif à leurs chants… ». Son approche débouche sur « la conscience de faire partie d’un tout ». « Dans la nature, les espèces se comprennent, il y a un langage universel, un langage d’écoute des autres formes de vie. Hélas, l’homme a perdu ce langage, l’humain ne vit que pour l’humain ». A la différence des bioacousticiens, Fernand récolte les sons à des fins artistiques. « On doit connaître ce qu’on écoute, forcément, mais je me préoccupe plus de l’émotion et de la beauté » (p 29).
Anne-Sophie est maintenant sensible aux sons. Elle écoute tous les bruits de la nuit. Et elle a remarqué le bruit de fond émis par les activités humaines et si dérangeant. Les biologistes ont commencé par étudier cette pollution sonore et à en mettre en évidence les méfaits. « A court terme, le bruit chasse les pollinisateurs et les insectes ». (p 32). Elle a même une incidence sur la végétation en réduisant le nombre de jeunes pousses… En 1962 déjà, Rachel Carson alertait sur « Le printemps silencieux ». « Nous sommes tellement bruyants que nous n’entendons plus la vie autour de nous » (p 33).
Anne-Sophie a également rencontré Frédéric Giguet, un éminent ornithologue, professeur au Muséum national d’histoire naturelle. « Pendant quinze ans, Frédéric Giguet s’est occupé du « Suivi temporel des oiseaux communs ». Fasciné par les oiseaux depuis le plus jeune âge (A six ans, il demandait déjà à ses parents d’aller en Camargue pour voir les flamants roses), cet ornithologue sait à quel point les oiseaux sont d’excellents indicateurs de l’état de santé des écosystèmes » (p 34-35). Ainsi, le programme « Oiseaux des jardins », lancé en 2012, afin d’impliquer le public dans le décompte des oiseaux, a toute sa raison d’être.
Anne-Sophie nous raconte également sa visite au « Jardin des murmures », de Magali Costes, « composé d’une prairie, d’une bambouseraie, d’un jardin médicinal et d’un petit vallon traversé par un ruisseau » (p 38). « Ces espaces très divers facilitent la reproduction de nombreux oiseaux ». « Nous sommes ici dans une communauté reconnue comme telle où « le moins que l’on puisse faire pour ménager la vie commune, c’est de ne rien faire ». Et Magali Coste, amoureuse des oiseaux, sait partager sa passion. « Nous comprenons grâce à elle que le plumage des oiseaux change chaque année, qu’ils le nettoient… Les mésanges sont même de véritables herboristes capables de ramener dans leurs nids de la lavande, de la menthe, du camphrier ou de l’immortelle dont les propriétés aromatiques ont des propriétés fongicides et insecticides qui leur sont très utiles (p 39).
Anne-Sophie poursuit son enquête en rencontrant Grégoire Loïs, ornithologue responsable du programme « Vigie-Nature » du Muséum d’histoire naturelle. La conversation se porte notamment sur les aptitudes extraordinaires des oiseaux migrateurs. « Avec lui, je réalise que les volatiles sont des messagers précieux. Ils ont parcouru des milliers d’années pour arriver jusqu’ici. Ils sont dotés de compétences « surhumaines » et savent parcourir des distances phénoménales ». « L’oiseau n’est pas perché. Il est ancré. C’est un trait d’union entre le ciel et la terre, à travers les âges, à travers les espèces » (p 40). Dans cette conversation, « le regard d’Anne-Sophie sur les volatiles a fini par se transformer totalement » (p 39).
Et si on élargissait encore l’angle de vue ? « La philosophe Viviane Despret questionne le comportement des volatiles en s’appuyant sur les travaux des ornithologues ». Elle force le trait.
« Je me dis qu’on a peut-être à faire à des compositions, voire à des partitions – au sens musical. On peut même aller plus loin et se dire que ce qui intéresse les oiseaux, ce sont les relations avec les autres oiseaux/congénères, et finalement pas des histoires de reproduction, de territoire à défendre ou à conquérir, etc… » (p 41). Et « riche des observations ornithologiques qu’elle a étudiées, elle les remet dans le sensible, dans l’étoffe du ressenti, et nous invite à inscrire notre époque… sous le signe du « Phonocène », entendu comme une ère où on va devoir entendre les sons de la terre ». « Avec l’ouïe, on est dans un rapport plutôt de curiosité. On est en quête de réel. Entrer dans le phonocène, c’est se mettre dans d’autres systèmes par rapport à la vérité qui produisent plus de réel, qui sortent de l’idée que l’humain est exceptionnel, notamment parce qu’il a le langage… » (p 42).
Anne-Sophie Novel rappelle qu’une proposition de loi pour « protéger le patrimoine sensoriel des campagnes » a été votée définitivement par le parlement français en janvier 2021.
Toutes ces découvertes n’ont pas épuisé la curiosité d’Anne-Sophie Novel qui nous dit poursuivre sa recherche par des observations personnelles et par l’exploration des ressources d’internet.
Nous venons de rapporter la richesse du chapitre : « Ecouter », tant par l’expression des ressentis de l’auteure que par une enquête soutenue auprès des meilleurs experts. Et ce n’est que le premier chapitre ! C’est dire combien ce livre est une ressource majeure. Nous y apprenons la biodiversité concrètement et sur toutes les coutures. Anne-Sophie Novel déploie dans ce livre une recherche active qui nous entraine dans un mouvement de vie en phase avec le vivant. Dans la conclusion de ce livre, elle rappelle son intention : « Aujourd’hui, il nous faut défendre la puissance de la vie contre la logique mortifère des lobbies. Et comprendre que le monde sauvage incarne tout ce à quoi nous avons renoncé : la liberté, l’autonomie et la connaissance parfaite de notre environnement. La nature est un espace d’enseignements illimités : elle nous apprend la patience, la résilience et l’adaptation, elle nous apprend à jouir des mille ressources qu’offre le monde vivant et à lutter pour qu’il demeure ainsi » (p 232). Tout au long de ce livre, elle a bien suivi cette piste. Elle peut ainsi continuer à nous appeler à un mouvement concret : « Passez le plus de temps possible au grand air au contact de tous les êtres qui palpitent, des roches, des cours d’eau, du vent… Soyez libres, enracinés et riches de la diversité qui vous entoure, dans cette puissance spontanée (et gratuite) du vivant… » (p 233). Anne-Sophie Novel ouvre pour nous un horizon et une dynamique.
J H
- Anne-Sophie Novel. L’enquête sauvage. Pourquoi et comment renouer avec le vivant. Salamandre, Colibris. 2022
- Une révolution de l’ « être ensemble » : https://vivreetesperer.com/une-revolution-de-letre-ensemble/ Voir aussi : Anne-Sophie Novel, militante écologiste et pionnière de l’économie collaborative : https://vivreetesperer.com/anne-sophie-novel-militante-ecologiste-et-pionniere-de-leconomie-collaborative/
- Le blog d’Anne-Sophie Novel : Même pas mal : https://www.lemonde.fr/blog/alternatives/a-propos/
Voir aussi :
« Animal » de Cyril Dion : https://vivreetesperer.com/?s=Cyril+Dion+animal&et_pb_searchform_submit=et_search_proccess&et_pb_include_posts=yes&et_pb_include_pages=yes
Ecospiritualité : https://vivreetesperer.com/ecospiritualite/
L’espérance en mouvement : https://vivreetesperer.com/lesperance-en-mouvement/
Jane Goodhall : une recherche pionnière sur les chimpanzés, une ouverture spirituelle, un engagement écologique : https://vivreetesperer.com/jane-goodall-une-recherche-pionniere-sur-les-chimpanzes-une-ouverture-spirituelle-un-engagement-ecologique/
par jean | Sep 25, 2015 | ARTICLES, Vision et sens |
« Dieu appelle » : des paroles inspirantes.
Notre vie s’inscrit dans un tissu de relations. J’éprouve ce désir de relation : partager ce qui est bon et beau, reconnaissance mutuelle, bienfait de la présence, accompagnement dans les épreuves. Nous faisons partie d’un tout. Tout se tient. Dans cette interrelation, n’y aurait-il pas plus particulièrement une présence qui entre en relation avec nous en nous manifestant un amour attentif et en nous communiquant une inspiration vivifiante. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers. Il y a bien une voix qui cherche à se faire entendre. C’est bien ce que nous dit le récit biblique. Dieu, communion d’amour, s’est révélé dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ. Il a ouvert une relation qui se poursuit aujourd’hui dans l’Esprit. Cette relation s’exerce dans des formes différentes, entre autres, dans la fréquentation de la Parole Biblique et dans la prière, et elle a besoin de se nourrir de représentations. Qui est Dieu ? Comment lui parler ? Comment le message qui nous est destiné s’inscrit-il dans ce que Dieu nous a déjà communiqué ? Les moments varient. Ce peut être le ressenti d’ « une vie bonne » qui nous invite à exprimer une louange et à participer davantage à la générosité de Dieu. Ce peut être aussi un temps d’épreuve où on est pressé de toute part et où l’horizon paraît bouché. Alors oui, quelle grâce d’entendre une voix qui encourage, qui communique force et confiance !
Parmi les livres qui peuvent nous aider dans cette recherche spirituelle, il y a un recueil de messages inspirés : « Dieu appelle » (1). Ce livre a été publié en Angleterre durant l’entre deux guerres, puis traduit en français par un pasteur qui a joué un rôle important de médiateur culturel. Cet ouvrage a été vendu à un grand nombre d’exemplaires au long des années et il rencontre encore aujourd’hui une réception favorable. Il traverse les frontières confessionnelles. Cette diffusion est un véritable phénomène sur lequel nous reviendrons.
« Dieu appelle » : quel contexte ?
Mais comment ce livre a-t-il été écrit ? C’est ce que nous rapporte le pasteur Géofranc, lui-même traducteur de cet ouvrage dans l’édition française.
« Ce livre n’est pas un livre ordinaire. Le contenu a été reçu par deux humbles femmes qui ont tenu à conserver l’anonymat, plus particulièrement par l’une d’entres elles, d’ailleurs. Elles avaient été amenées à s’unir étroitement pour rechercher quotidiennement les directions d’en haut par l’Esprit, afin d’y conformer ensemble leur vie. Ce livre est donc comme la réponse même de Dieu à leur volonté d’entière et courageuse consécration ».
Géofranc nous éclaire sur le contexte de cette écriture en dissipant les objections qui pourraient être émises à l’égard de cette entreprise. « C’est en invoquant la présence du Christ glorifié, l’Eternel vivant qui a dit à ses disciples : « Je suis avec vous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Matth 28.20) que ces pages ont été reçues. Mais il ne s’agit aucunement de messages « dictés » ou d’écriture automatique. Il s’agit de ce que le Christ, actuellement vivant et agissant par l’Esprit, peut communiquer d’inspiration pratique, de vive lumière, de directions et d’éclaircissements précis, parfois même d’un enseignement d’une valeur exceptionnelle à des âmes humblement disponibles et qui s’efforcent de l’écouter, en faisant taire devant Lui toutes les voix humaines. On ne cherchera pas dans ces pages une inspiration littérale, ou l’expression infaillible d’une sorte de révélation complémentaire, adaptée à des besoins particuliers. On y cherchera bien plutôt une libre parole de Dieu s’adressant aux âmes sincères. »
Des thèmes privilégiés.
Nous recevons ces paroles dans notre être profond. Elles répondent à telle ou telle aspiration, à tel ou tel besoin. Mais, à tous, elles communiquent un état d’esprit, une manière d’être, un regard. Des thèmes privilégiés reviennent au fil des pages. En voici quelques uns.
C’est un appel à la communion. « Ces haltes avec moi ne sont pas tant des moments où vous devez demander d’être éclairés et conduits que des moments où vous devez vous placer devant moi afin de prendre effectivement conscience de ma présence. Le sarment demande-t-il constamment au cep de lui fournir la sève et de lui montrer dans quelle direction il doit s’orienter. Non, n’est-ce pas ? Cela résulte tout naturellement du fait qu’il est uni au cep… et vous êtes les sarments (Cf Jean 15.1-5)… Ainsi, mes enfants, une seule chose importe vraiment pour vous. C’est d’être unis à Moi. Tout le reste suit d’une façon si naturelle ! Et il suffit souvent, pour que cette union soit réalisée, que vous deveniez conscients de ma Présence » (p 114-115).
C’est un appel à la confiance. « Vous ne sauriez périr mes enfants, car la vie qui vous anime est la Vie de la vie. C’est la Vie, qui, à travers les siècles, a soutenu et gardé mes serviteurs dans le péril, dans l’adversité, dans l’affliction. Une fois que vous êtes nés de l’Esprit (Cf Jean 3.5-6), l’Esprit devient votre souffle de Vie. Vous ne devez donc jamais vous abandonner au doute ou aux soucis, mais avancer pas à pas dans le chemin de la liberté. Ayez soin seulement d’y marcher avec moi » (p116).
C’est un appel à l’amour. « Appelez souvent la bénédiction de Dieu sur les autres, sur ceux en particulier qui vous contredisent et s’opposent à vous ou sur ceux que vous désirez aider. Faites le de tout votre cœur, désireux vraiment de voir se répandre à flot sur eux la bénédiction, la joie et le succès… Quant à leur nécessaire redressement ou formation… remettez-vous à Moi pour les assurer… Ah, si mes enfants voulaient bien ne pas se mêler de mes affaires et s’en tenir à ce que je leur demande ! Aimez donc. Je le répète, aimez encore, aimez toujours. L’amour vous fera surmonter toutes vos difficultés…
Dieu, en qui le mal perd toute réalité, Dieu, en qui le bien, au contraire trouve sa réalité, Dieu est amour. Quand vous vous aimez les uns les autres, vous laissez Dieu agir dans votre vie. Or laisser Dieu agir dans sa vie, c’est permettre à cette vie de répandre tout ce que l’homme peut manifester d’harmonie, de beauté, de joie et de bonheur « p 117-118).
C’est un appel à la prière. « La prière modifie tout. Elle recrée. Elle agit irrésistiblement. Ainsi donc, priez ! Priez sans cesse (I Thess 5-7). Priez jusqu’à ne presque plus formuler de prière parce que vous serez établis sur le roc de la foi absolue… Priez surtout et toujours jusqu’à ce que votre prière culmine en louange. C’est la seule note sur laquelle devrait se terminer la vraie prière. Quand on se tourne vers l’homme : amour fraternel et rire confiant. Quand on se tourne vers Dieu, prière de louange » (p 138).
Ces messages invitent à la joie, à la paix, au calme intérieur. « Toute agitation contrarie le bien. Le calme, par contre, le favorise et prive le mal de ses atouts… Commencez par vous tenir tranquille et sachez que je suis Dieu. Efforcez-vous ensuite de n’agir que sous ma direction. En Dieu, l’on demeure toujours calme. Le calme est la confiance en action. Seule la confiance, une absolue confiance peut assurer le calme… » (p 131-132).
« Soyez remplis de joie. La joie est salutaire. La joie guérit. Réjouissez-vous du moindre rayon de soleil, du moindre sourire, du moindre acte de bonté ou d’amour, du moindre service rendu… Refusez d’être abattu… Aimez et sachez rire. Je suis avec vous . Je porte vos fardeaux… » (p 14-15).
Il y a dans ces messages beaucoup de sagesse : « Ne vous croyez pas tenus de porter les péchés et les souffrances du monde. Pour le faire et vivre, il faut être le Christ. Attachez-vous plutôt à découvrir autour de vous ceux qui font preuve d’amour, de sincérité, de bonté et de courage » (p 180). Ces messages encouragent et orientent vers le positif. « Tout est bien », répète souvent cette voix pour nous rassurer et nous réconforter (cf index).
Parfois, un éclairage original vient corriger des représentations qui ont pu être marquées par des images contraignantes :
« Ce que l’on entend par la « conversion » n’est souvent que la découverte du « Grand Ami ».
Ce que l’on entend par la « religion » est la connaissance du « Grand Ami »
Ce que l’on entend par la « sainteté » est l’imitation du « Grand ami » ou la conformité de nos deux vies.
La « perfection », cette perfection à laquelle j’appelle tous les hommes : « Soyez parfait comme votre Père Céleste est parfait » (Matth 5.48) consiste en somme à être comme votre Grand Ami, afin de devenir à votre tour, un ami semblable pour les autres…
Je suis votre Ami… Songez un peu à tout ce que signifie les termes d’Ami et de Sauveur. Un ami est toujours disposé à venir en aide… Il prévient vos besoins… Sa voix est celle de la tendresse qui trouve les mots pour détendre les nerfs fatigués et pour rassurer l’âme agitée et envahie par la peur… Tachez de vous représenter ce que doit être l’Ami parfait, celui que rien ne décourage, qui se donne sans réserve, qui a triomphé de tout et qui peut tout. Je suis pour vous cet Ami… » (p 180-181).
Quel chemin à parcourir ! Mais, ces paroles ne suscitent pas la culpabilisation ou le découragement, car il nous est simplement demandé d’entrer dans une relation qui porte la Vie. Jésus nous dit que l’arbre se juge à ses fruits. Ici, ce sont les fruits de l’Esprit : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté… » (Epitre aux Galates 5.22).
Ces écrits sont présentés en terme de méditations quotidiennes. Nous les recevons dans le contexte de nos sensibilités. On peut attendre de ces paroles une transformation progressive de notre mentalité.
Pendant plusieurs dizaines d’années après sa parution, ce livre a été réédité plusieurs fois et continue aujourd’hui son œuvre bienfaisante.
Et son parcours, qui traverse les frontières confessionnelles, est impressionnant. Ce recueil a été publié en Grande-Bretagne. Il a été reconnu et traduit en français par un pasteur, Georges F Grosjean (2). Celui-ci, originaire du Jura suisse, a effectué ses études au Canada, puis a exercé un ministère pastoral en France. Il a fait connaître dans notre pays les fruits d’un renouveau spirituel advenu en Grande-Bretagne dès l’entre-deux guerres. Aujourd’hui, les textes de ce recueil sont présentés sur un site catholique au titre de ce que l’Eglise catholique appelle une « révélation privée » (3).
Cette reconnaissance, par tant de canaux et par tant de lecteurs, est, pour nous, une œuvre de discernement. En recevant ce livre, nous recevons une inspiration, mais nous pouvons également la partager. Des amis proches ont beaucoup reçu de ce livre. Alors, partageons et exprimons aujourd’hui notre reconnaissance. « Silencieusement, le travail de l’Esprit s’accomplit » (p 64).
(1) Dieu appelle. Traduit de l’anglais par Géofranc (Pasteur Georges F Grosjean). A la Baconnière. La publication de ce livre a été suivie par celle d’un deuxième recueil : « Vivre par l’Esprit ». Avec quelques autres, ce livre a été présenté dans un article mis en ligne sur le site de Témoins : « Entrons avec confiance dans la relation avec Dieu » : http://www.temoins.com/ressourcement/vie-et-spiritualite/ressourcement/entrons-avec-confiance-dans-la-relation-avec-dieu
(2) Parcours de vie de Georges F Grosjean (pseudonyme : Geofranc) : « Georges François Grosjean (1891-1981) » : http://sitepasteurs.free.fr/bios/grosjean.htm
(3) Site catholique : « Prière d’église » : http://home.nordnet.fr/caparisot/html/dieuapdeux.html
Des ami(e)s nous ont dit l’apport de ce livre pour eux. Voici à ce sujet le témoignage de Nadine :
« J’apprécie l’esprit des deux livres de méditations quotidiennes : « Dieu appelle » et « Vivre par l’Esprit ». Le matin, je commence ma journée par la lecture de la Bible et par ces méditations. Cette parole pour chaque jour m’encourage dans ma vie chrétienne, elle me donne une ligne directrice pour la journée qui m’aide à demeurer dans le calme et la tranquillité quoiqu’il arrive.
Bien souvent, cette méditation me rejoint dans mon vécu en me préparant aux évènements, en me confirmant une intuition ou en m’éclairant sur un point d’incertitude. Bien souvent aussi, je la reçois, comme la parole même du Seigneur à ce moment là. Deux choses que j’admire chez leurs auteures : leur proximité avec l’Esprit de Dieu et leur choix de ne pas divulguer leur identité. Ces deux livres sont une référence pour moi et m’accompagnent jour après jour ».