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De l’esclavage à la lumière

Du Bénin à la région parisienne, une histoire de vie

Fichier:Sculpture au Jardin du Luxembourg - Hommage aux esclaves ...Philo a vécu enfant au Bénin jusqu’à l’âge de  onze ans. Elle vivait avec ses parents, avec ses frères et sœurs. « Nous étions une famille très chrétienne, une famille très unie. Un papa maçon. Une maman très commerçante. Nous habitions à Porto Nove au Bénin. Je suis allée à l’école là bas. J’étais une élève très assidue. J’aimais l’école. J’aimais être avec mes ami(e)s à l’école. Après l’école, je jouais avec mes frères et sœurs. J’ai appris tôt à cuisiner et on lavait le linge à la main (Il n’y avait pas de machine à laver !). Pour les devoirs de l’école, je les faisais ensemble avec mes frères et sœurs. Je lisais aussi des livres, par exemple « Finagnon ».

Emmenée en France comme domestique

Je vivais ainsi avec mes parents lorsqu’une famille française est venue au Bénin pendant les vacances. Ils étaient venus rendre visite à des gens à côté de chez nous. Quand ils m’ont vu, ils ont proposé à mes parents de m’emmener avec eux en France pour un avenir meilleur à l’école. Sans hésiter, mes parents ont accepté. On se disait que j’aurais une vie meilleure en France et que je pourrais plus tard les aider. J’ai donc quitté le Bénin à 11 ans. J’étais contente de prendre l’avion sans imaginer ce qui allait m’arriver ensuite.

Une fois arrivée en France, la promesse que ces gens avaient fait à mes parents de m’envoyer à l’école n’a pas été tenue. Je me suis retrouvée ensuite dans une maison où il y avait deux enfants entre 5 et 8 ans. Je les déposais à l’école le matin. J’allais les rechercher à midi pour manger à la maison et j’allais les chercher à 4h ½ . Entre temps, je faisais le ménage, le repassage et la cuisine pour les enfants. J’ai vécu ainsi pendant des années. Au début, je ne comprenais pas du tout pourquoi, je vivais ainsi. Ce n’est pas ce qui avait été dit à mes parents. Je n’avais pas de nouvelles d’eux. J’ai vécu ainsi pendant 9 ans de 11 à 20 ans.

On me disait de manger ce qu’il restait après que tout le monde ait mangé. Et je n’avais pas le droit de toucher aux affaires des enfants. En cachette, je me débrouillais pour trouver des choses à manger avant leur retour. Et, en l’absence de la famille, je regardais les livres des enfants. Lorsqu’ils sortaient, je restais à la maison. Je n’avais pas le droit de sortir. Je regardais les passants par la fenêtre.

J’avais 16 ans lorsqu’ils sont partis au Bénin sans moi. Les parents n’avaient pas de nouvelles de moi. Ils s’inquiétaient. Quand ils ont vu ces gens, ils ont demandé de mes nouvelles. On leur a répondu que j’allais très bien et on leur a proposé de me téléphoner. Ils ont appelé et ils m’ont passé mes parents. C’est là que j’ai parlé à mes parents pour la première fois. J’étais contente de les entendre. Je n’ai pas eu l’à propos, ni le temps de leur décrire la situation dans laquelle j’étais. Je leur ai dit : « Tout va bien, mais priez pour moi ». Sans doute, ma mère a du se rendre compte que cela n’allait pas, mais elle n’a rien pu faire. C’est à partir de ce moment là que j’ai commencé à réagir. J’ai cherché à prendre contact avec l’extérieur.

Ces gens qui m’exploitaient m’avaient dit de me méfier des personnes   que je rencontrais à l’extérieur quand je menais les enfants à l’école. Je me tenais souvent à la fenêtre pour voir les gens. Une voisine m’a remarquée et m’a demandé un jour pourquoi je regardais toujours par la fenêtre. J’ai parlé un peu avec elle. Je lui ai dit que je n’avais pas le droit de parler avec quelqu’un. Du coup, elle a compris. Un autre jour, je l’ai rencontré par hasard au bas de l’immeuble. J’avais déjà 16 ans. Nous avons parlé. Elle m’a écouté. Ensuite, elle m’a dit de ne pas parler de notre conversation à la famille en attendant qu’on trouve une solution.  Un autre jour, on s’est croisé et elle m’a donné des informations écrites sur un papier : des adresses d’associations et de services sociaux. Ensuite, elle m’a dit : « Essaie de voir comment tu peux faire pour appeler tel numéro. Si ce n’est pas possible, je le ferais avec toi. Tu monteras chez moi et nous téléphonerons ». Je suis monté chez elle. On a téléphoné à une assistante sociale. Elle m’a donné rendez-vous. J’y suis allé. Elle m’a demandé de lui raconter comment j’étais arrivé en France. Je lui ai expliqué sans trop entrer dans les détails. Ensuite, elle m’a dit : « Moi, je suis là pour vous aider. Allez porter plainte ». La dame qui m’aidait m’a accompagné, mais, une fois arrivé là bas, ils nous ont dit que le délai était passé et qu’on ne pouvait plus porter plainte contre X.  Après, on est rentré. La dame m’a réconforté. Elle a proposé de m’accompagner dans d’autres démarches pour avoir un titre de séjour.

Je suis resté dans la famille qui m’enfermait sans rien dire de ma rencontre avec cette dame et de mes contacts extérieurs. Quand la famille rentrait, je ne pouvais plus faire aucune démarche. La dame, de son côté, avait promis de faire des recherches auprès des associations qui aident les sans papiers. Elle a trouvé une association qui lui a demandé quel lien elle avait avec moi. « C’est une jeune fille que j’ai rencontré et que je veux aider ». On lui a demandé la présence de l’intéressée. La dame m’a accompagné à l’association. L’association m’accueilli et je leur ai expliqué ce qui m’était arrivé. Ils m’ont demandé où j’étais allé à l’école depuis que j’étais arrivé. J’ai dit que je n’y étais pas allé. On m’a dit que ce n’était pas normal puisque la solidarité est obligatoire jusqu’à 16 ans. Ils m’ont établi un dossier pour la préfecture à partir des documents de la dame qui m’aidait comme si elle m’hébergeait. A partir de là, l’association a pu monter un dossier pour demander un titre de séjour.  Après six mois, il y a eu la réponse de la préfecture. On m’a interrogé et j’ai expliqué le cas. C’est grâce à la dame de l’association que j’ai fait cette démarche. J’en aurais été absolument incapable seule. Ils m’ont donné un récépissé du titre de séjour qui m’autorisait à travailler et à faire une formation. J’ai été orienté vers une mission locale. La mission locale m’a pris en charge. Après un an et demi d’attente, j’ai fini par obtenir un studio pour jeunes  travailleurs, ce qui me permettait de suivre un  enseignement de remise à jour.

A ce moment là, la voisine qui m’aidait m’a dit : « Il est temps de dire à la famille que j’allais partir de chez eux. J’avais les papiers pour cela ». A l’instant où j’ai commencé à parler de mon départ de chez eux, ils n’ont pas voulu m’écouter et ils m’ont dit d’une manière très agressive. « Voilà, on t’a sorti de la pauvreté et c’est comme cela que tu nous remercie ». Je me suis mise à pleurer en pensant à tout ce que j’avais enduré. Au moment où je pleurais, ils ont commencé de sortir mes affaires et ils m’ont dit de partir. C’est comme cela que j’ai été libérée. J’avais vingt ans.

J’ai été orientée vers la mission locale qui s’occupe des jeunes en difficulté. On m’a proposé de suivre une formation d’auxiliaire de  vie étant donné que je n’avais pas de diplômes préalables. Cette formation a  duré un an et elle m’a permis d’obtenir ensuite un emploi d’aide à domicile. J’y ai appris à accompagner des personnes âgées et les compétences et les capacités correspondantes comme l’écoute, la patience… Tout en cherchant cet emploi d’aide à domicile, j’ai exercé de petits boulots comme caissière à Intermarché. Finalement, j’ai trouvé un emploi d’aide à domicile dans un organisme spécialisé. Cet emploi d’aide à domicile m’a aidé à trouver mon autonomie dans la vie active, dans le monde du travail. J’ai pu développer ainsi une vie personnelle qui est aussi aujourd’hui une vie familiale. J’ai pu sortir d’un esclavage domestique et aujourd’hui je suis heureuse d’avoir   accompli quelque chose de positif.

Philo

Un chemin spirituel vers un nouveau monde

« S’élancer vers une nouvelle terre. Une approche contemporaine pour s’éveiller à demain et traverser les changements ».

A la sortie de la pandémie, le monde va-t-il reprendre ses habitudes, se réinstaller dans un système économique et social dont on voit bien qu’il va à sa perte. La crise du coronavirus va-t-elle permettre une accélération de « la transition vers des sociétés post-carbone respectueuses des limites de la biosphère, de la justice globale et des droits des générations futures ? » (1). Cependant, cette mutation globale requiert une profonde transformation des mentalités. Cette transformation appelle un cheminement spirituel qui  induise une évolution des comportements et la mise en pratique de valeurs nouvelles. C’est aussi, comme l’écrit Michel Maxime Egger dans un article du « Temps » (2), « le besoin d’un nouvel imaginaire qui puisse entrainer une mobilisation collective ».

Michel Maxime Egger est un sociologue et un théologien (chrétien orthodoxe) qui anime aujourd’hui le « Laboratoire de transition intérieure » de l’association suisse : « Pain pour le prochain ». Depuis plus de vingt ans, il milite pour le développement durable et des relations Nord Sud plus équitables. En 2004, il a fondé le réseau « Trilogies » (3) qu’il anime depuis « pour mettre en dialogue : traditions spirituelles, quête de sens, écologie et grands enjeux socio-économiques ». C’est une approche qui associe « le cosmique, l‘humain et le divin ». Dans cette perspective, Michel Maxime Egger a écrit plusieurs livres :

A partir de la spiritualité chrétienne, « La Terre comme soi-même. Repères pour une écospiritualité » (2015).

A partir de la profondeur de la psychè humaine : « Soigner l’esprit. Guérir la terre. Introduction à l’échopsychologie » (2015).

A partir de la spiritualité dans une approche interreligieuse : « Ecospiritualité. Réenchanter notre relation à la nature » (2018).

Michel Maxime Egger a préfacé récemment un livre de la grande militante écologiste américaine : Joanna Macy : « L’espérance en mouvement » Nous avons présenté cette œuvre sur « Vivre et espérer » (4).

Michel Maxime Egger intervient dans de nombreuses rencontres. Et ainsi, en mai-juin 2020, il a répondu à une interview rapportée dans une vidéo qui introduit un cycle de méditation : « meditatio écologie » « organisée par la « Communauté mondiale pour la méditation chrétienne ». L’horizon ouvert nous est annoncé par le titre  de cette vidéo : « S’élancer vers une nouvelle terre. Une approche contemporaine pour  s’éveiller à demain et traverser les changements » (1). Nous accompagnons ici cette interview en évoquant quelques unes de ses expressions. Mais la vidéo s’entend avec tant de clarté et avec tant de sympathie qu’elle se suffit à elle-même.

La première question porte sur la réaction personnelle : « Pouvez-vous nous dire dans un registre personnel comment vous voyez ce qui se passe aujourd’hui ? En quoi vous êtes touché de manière sensible et comment y faites vous  face ? » Chacun réagit selon  les conditions d’habitat et de travail, mais aussi selon les circonstances  familiales. Ici Michel Maxime Egger profite du confinement pour être présent à sa maman dans son départ au Ciel et accompagner son papa dans sa nouvelle solitude, une école de compassion. Et naturellement  les nouvelles limitations sont une invitation à « aller vers le dedans, revenir vers soi, descendre à l’intérieur de soi » : prière, méditation, contact avec la nature…

La seconde question est plus générale. « Qu’est-ce que cette crise du Covid 19  nous dit de notre manière de vivre aujourd’hui ? Quel lien avec la crise écologique ? Comment met-elle le doigt sur une fragilité et questionne-t-elle nos vies spirituelles ? »

Si on entend par apocalypse révélation et dévoilement, cette crise a une « dimension apocalyptique ». Nous sommes conviés à écouter, à entendre. A travers ses symptômes, le  coronavirus est un puissant  révélateur . « Il donne le fièvre et tue par suffocation. Le symbole d’un système qui réchauffe et asphyxie la planète par son obsession de la croissance, sa démesure consumériste et sa quête du produit sans fin. Ensuite par son origine : le Covid 19 vient d’animaux abominablement maltraités , et son développement est indissociable des perturbations climatiques et écosystémiques…. Enfin par sa diffusion et ses impacts : impressionnant d’observer comment un virus microscopique peut mettre le monde à l’arrêt et l’économie à terre. L’expression de la vulnérabilité d’un système globalisé dont l’interconnexion est à la fois la force et la faiblesse » (2)

Cependant, Michel Maxime Egger nous appelle également à redécouvrir des éléments essentiels. Et tout d’abord, « Nous sommes un avec le Vivant. Le Vivant est un ». Nous sommes ensemble dans une situation de profonde interdépendance Or « par notre domination, par notre arrogance, nous avons brisé cette unité ». C’est un appel à la réconciliation avec la Terre, avec le Vivant.

Cette crise nous rappelle que « nous ne sommes pas les maitres et possesseurs de la nature. La nature n’est pas qu’un stock de ressources, mais elle est au contraire la source de la vie, une source qui nous appelle au respect, à un respect profond » .

Un troisième élément que cette crise du coronavirus nous rappelle, c’est que « nous ne sommes pas tout puissants, mais profondément fragiles, profondément vulnérables. C’est un appel à redécouvrir l’humilité ».

Et puis, parce que nous avons été amenés à réduire notre consommation, « nous avons appris que le bonheur ne réside pas dans des biens en quantité, mais dans des biens de qualité. Et, bien que physiquement, nous ayons du garder nos distances, nous avons redécouvert l’importance des relations humaines, des relations d’entraide pour la coopération. Ainsi ce virus nous apprend à retrouver, d’une part, la solidarité, et, d’autre part, par la réduction de la consommation, la sobriété ».

« A quels changements, attitudes et actions sommes-nous appelés, individuellement et collectivement, en lien avec un chemin spirituel tel que celui de la méditation ? »

« J’entend dans cette crise un triple appel : un appel à un choix radical, un appel à une métanoïa, un appel à un engagement, ces trois  dimensions étant profondément interreliées »

« Choix radical : Je vis depuis longtemps avec cette idée que l’humanité est arrivée à une croisée des chemins, à une forme de carrefour. Nous avons en fait le choix, selon l’expression du sociologue Edgar Morin, entre le coté de l’abime et la métamorphose. Pour moi, cette crise du coronavirus a confirmé cette vision d’un carrefour de l’humanité ». « La grande question aujourd’hui : Est-ce que l’après sera un simple retour à l’avant ou au contraire aurons nous su, pu profiter de ce temps de ralentissement, de retour sur soi-même pour pouvoir faire des pas vers cette transition écologique et sociale qui est absolument nécessaire ». « J’ai souvent médité sur la phrase du Deutéronome (Deutéronome 30) dans le Premier Testament : « Je te propose vie et bonheur, mort et malheur. Choisis la vie pour que toi et ta postérité (les générations futures), vous viviez ». Mais de quelle vie parle-t-on ? D’une Vie avec un grand V, d’une vie connectée avec ce qui est vivant, d’une vie ralliée avec ce qui est Vivant, mais aussi à la source du Vivant, à ce Souffle, cet Esprit qui est à la source de toute chose, qui anime toute chose, qui anime la Création, qui est le mystère du Divin quelque soit le nom qu’on veuille lui donner. Evidemment, pour entrer dans cette  connection là, la méditation est un espace, un chemin privilégié. S’ouvrir à ce Souffle, à cet Esprit, à cette dimension, attire une métamorphose, une métanoia, un retournement. Se métamorphoser, c’est en quelque sorte mourir pour renaitre. Mourir à ce qui conduit à la mort… pour pouvoir  renaitre…renaitre au nouveau et donc à la vie, une vie plus forte que la mort, une vie animée par le souffle de l’Esprit et dont la résurrection du Christ a été une des manifestations et un des symboles et qui nous ouvre à une dimension d’inconnu. Ce choix de la vie, cette métanoia sont les fondements d’un engagement, à la fois personnel et collectif, pour la transition écologique et sociale, au  sens fort du mot transition : trans ire : aller au delà, parce qu’il ne s’agit pas simplement de corriger un système ou de l’améliorer, mais bien de changer le système, changer le paradigme pour opérer, ce que le pape François, dans son encyclique, Laudato Si, appelle une révolution culturelle courageuse.

 Quel encouragement, quelle perspective pourriez-vous nous donner pour s’élancer vers une nouvelle terre ?

Cette tâche est gigantesque, mais il est important de ne pas se décourager devant l’ampleur de la  tâche ! Michel Maxime Egger nous propose plusieurs pistes.

Ne pas rejeter les émotions que nous pouvons avoir comme la peur, la tristesse, le découragement, le sentiment d’impuissance, mais simplement les accueillir … Elles sont . Elles appartiennent à notre humanité. Mais ce qui est extrêmement important, c’est de ne pas nous laisser enfermer, dominer, submerger par ces émotions, et, pour cela, créer des espaces où ces émotions puissent s’exprimer, se partager pour pouvoir ensuite être transformées….

Deuxième piste : « le mot confiance ou le mot foi ». Et à coté de toutes ses failles, « il y a en l’être humain créé à l’image de

Dieu… un être capable d’amour, capable de relations harmonieuses avec les autres. Ce sont des qualités, des dimensions à reconnaître, à cultiver et ce à l’intérieur de chaque être humain.

Troisième piste : entrer dans la conscience que chacun de nous tient le fil d’un autre possible. Un fil parfois ténu, mais qui est bien là. Mais pour pouvoir tisser ce fil, c’est extrêmement important d’aller à la source de ce fil, se connecter à ce qui est le plus vivant, le plus vibrant en nous, c’est à dire en fait se connecter à notre  désir. Cela  prendra des formes différentes…il  ne pourra y avoir d’écologie intégrale durable si c’est une écologie du défaut. Ce  doit être une écologie du désir.

Quatrième piste : commencer là où nous sommes, par de petits pas … L’important, c’est de se mettre en mouvement….

Cinquième élément : croire que c’est possible. Et pour cela se rappeler que l’histoire est pleine de causes qui apparaissaient au départ impossibles et sans espoir et qui se sont réalisées. Pensons à l’abolition de l’esclavage, à la chute du mur, à la fin de l’apartheid. … Il y a eu des basculements systémiques et structurels…

Sixième piste : construire des appuis et des alliances. On a  besoin des autres. On ne peut pas réaliser la transition tout seul. Et pour cela, pour construire ces alliances, on a besoin de dialogue. On a besoin de s’écouter, on a besoin de coopérer. Passer du pouvoir sur au pouvoir de… c’est à dire on se met au service de quelque chose avec d’autres…

Septième piste. Comme l’a dit Joanna Macy, opérer le changement de cap en gardant le cap de la joie profonde. C’est à dire cultiver des énergies comme l’amour, comme la joie, comme l’enthousiasme. Ces énergies ne sont pas seulement des énergies renouvelables. Ce sont, bel et bien, des énergies inépuisables.

Huitième piste. Pour tout cela, il est nécessaire de créer à l’intérieur de nous un espace où va pouvoir agir à travers nous une force, un esprit, une énergie ( c’est tout le rôle de la méditation), qui n’est pas celle de notre égo, ce moi volontariste qui est aux commandes, une force qui va pouvoir agir en nous, nous traverser, agir à travers nous, une autre force, une autre  énergie , un souffle qui est aussi un souffle de la terre, un souffle du vivant, mais aussi un souffle du Vivant avec un grand V, un souffle de l’Esprit, le souffle du Mystère au delà de tout nom. Et quand on laisse ce Souffle agir, dans cette ouverture, c’est aussi une ouverture à l’avenir, a ce qui va advenir, dans la  confiance, dans une ouverture au fait que cette  terre, cette terre nouvelle vers laquelle on s’élance, on ne sait pas la forme qu’elle va prendre. Il y a là une dimension d’inconnu, une dimension d’inouï, une dimension d’improgrammable à respecter. Oui, cette terre nouvelle, on ne peut pas la programmer, mais elle va émerger de quelque chose qu’on ne connait pas encore.

Voici une pensée unifiante, tournée vers l’avenir, qui en rejoint d’autres, présentes sur ce blog, telle que celle de Jürgen Moltmann. Cette méditation s’inscrit  dans la réflexion que le vision écologique induit également sur ce blog . « Nous sommes un avec le Vivant. Le Vivant est un », nous dit Michel Maxime Egger.

J H

 

  1. Dans cette interview en vidéo, Michel Maxime Egger introduit Meditatio Ecologie sur le thème : « S’élancer vers une nouvelle terre. Une approche contemplative pour s’éveiller à demain et traverser les changement » : https://www.youtube.com/watch?v=CxrfhAgi_0s&feature=share&fbclid=IwAR1ynwSqVhbTPyTDqv8QudnoR6vkT8fNr7VSexdHr25Xv83SSwH2B407jPQ
  2. Michel Maxime Egger. Après le coronavirus, besoin d’un nouvel imaginaire. Le Temps, 6 mai 2020 : https://www.letemps.ch/opinions/apres-coronavirus-besoin-dun-nouvel-imaginaire?utm_source=facebook&utm_medium=share&utm_campaign=article&fbclid=IwAR0PcSdvtfQ1UN62KbGft6FFgTSpeKSIKpKI2WppO69zGTEkqv672oGM7kA
  3. Le site de Michel Maxime Egger : Trilogies. Entre le cosmique, l’humain et le divin : https://trilogies.org/auteurs/michel-maxime-egger
  4. L’espérance en mouvement. Vivre et espérer : http://vivreetesperer.com/lesperance-en-mouvement/

 

Voir aussi :

En route pour l’autonomie alimentaire : http://vivreetesperer.com/en-route-pour-lautonomie-alimentaire/
Vers une économie symbiotique : http://vivreetesperer.com/vers-une-economie-symbiotique/
L’homme, la nature et Dieu : http://vivreetesperer.com/lhomme-la-nature-et-dieu/
Comment entendre les principes de la vie cosmique pour entrer en harmonie : http://vivreetesperer.com/comment-entendre-les-principes-de-la-vie-cosmique-pour-entrer-en-harmonie/
Une approche spirituelle de l’écologie (Sur la Terre comme au Ciel) : http://vivreetesperer.com/une-approche-spirituelle-de-lecologie/
Un avenir écologique pour la théologie moderne
http://vivreetesperer.com/un-avenir-ecologique-pour-la-theologie-moderne/

Comment  dimension écologique et égalité hommes-femmes vont de pair et appellent une nouvelle vision écologique : http://vivreetesperer.com/comment-dimension-ecologique-et-egalite-hommes-femmes-vont-de-pair-et-appellent-une-nouvelle-vision-theologique/

Convergences écologiques : Jean Bastaire, Jürgen Moltmann, pape François, Edgar Morin : http://vivreetesperer.com/convergences-ecologiques-jean-bastaire-jurgen-moltmann-pape-francois-et-edgar-morin/

 

…En route pour l’autonomie alimentaire

Une nouvelle manière de vivre en harmonie avec le vivant

« En route pour l’autonomie alimentaire » (1), tel est le titre d’un livre récent de François Rouillay et de Sabine Becker. Prendre ce chemin,  c’est répondre au déséquilibre d’une existence humaine où le contact s’est rompu entre la terre nourricière et l’assiette de nos repas  et où la continuité de notre alimentation est soumise à la menace d’une rupture dans nos chaines d’approvisionnement éclatées dans la distance géographique et soumises aux aléas de la spéculation.

Cependant, ce livre nous dit bien plus. Car emprunter le chemin de l’autonomie alimentaire, c’est également s’engager dans un nouveau genre de vie , une vie en phase avec la nature nourricière. Et tout ceci implique une nouvelle éthique qui fonde une approche collaborative : « prendre soin de soi, de l’autre et de la terre ». (p 62)

Ainsi ce livre : « En route pour l’autonomie alimentaire » est ambitieux, mais il est aussi réaliste. Le sous-titre nous en informe : « Guide pratique à l’usage des familles, villes et territoires » .  En effet, nous n’avançons pas dans l’inconnu. Le chemin est déjà reconnu et balisé par de nombreuses initiatives collaboratives. Et ceux qui sont déjà impliqués dans ces initiatives où la présence du vivant engendre du bonheur  peuvent accéder à une joie que les auteurs mettent en lumière : « Lorsque nous sommes connectés par le partage, cette énergie, ce carburant, cette essence qui résident en nous nous permet d’avancer, d ‘évoluer, de faire tomber nos barrières, nos zones d’ombre. La joie est une immense force qui nous conduit vers l’amour libéré de nos peurs et autres pollutions psychiques, vers l’amour semblable à celui de l’enfant…. » (p 195).

Ce livre nous permet d’entrer dans une recherche où la vie se reconstruit différemment : un volet participatif, un volet éducatif, un volet coopératif  et un volet régénératif. A chaque fois, nous découvrons de belles expériences dans une grande variété d’approches du « permis de végétaliser la ville en paysage nourricier », aux « poulaillers participatifs », aux « ateliers de cuisine » et aux « zones d’activité nourricière ». C’est une collaboration inventive.

Les auteurs : une approche pionnière

Auteur du livre avec Sabine Becker , François Rouillay a été un pionnier de cette approche au cours de la dernière décennie. Il raconte comment, à un moment propice, où, consultant en politiques publiques, il s’interrogeait à leur sujet, il a découvert une approche innovante qui débute dans une petite ville anglaise. Effectivement, elle est née à Todmorden quand deux mères de famille, subissant le déclin économique et social du nord de l’Angleterre, ont décidé de réagir et de créer un mouvement pour planter légumes et fruits dans la ville en vue d’offrir une nourriture à partager . François Rouillay s’est engagé pour développer cette expérience en France en suscitant un mouvement : « Les incroyables comestibles » . « Il s’agissait de fabriquer des bacs de nourriture à partager sur un domaine privé ouvert au public ou visible depuis la rue qui enverrait un signal très fort d’offrande de nourriture que l’on aurait  soi-même mise en terre » (p 19). Pendant trois ans, François Rouillay a été l’animateur de ce mouvement , travaillant « dans la foi absolue que celui-ci aurait un effet transformateur dans les quartiers et dans les villes. Et ce fut le cas » (p 19). Le mouvement s’est alors répandu à vive allure. En trois ans, il s’est propagé en France et à l’international dans plus de 800 villes et 30 pays. A l’époque, nous avons rapporté sur Vivre et espérer une interview de François Rouillay en pleine action :

http://vivreetesperer.com/incroyable-mais-vrai-comment-les-incroyables-comestibles-se-sont-developpes-en-france/ Ce fut une véritable épopée. François Rouillay a ainsi « accompagné des centaines et  des centaines de groupes ». Malheureusement, cette activité s’est révélée épuisante et a porté atteinte à la vie privée de François.  En mars 2015, « il décide de passer la main après trois années de bénévolat ». Une nouvelle étape commence pour François Rouillay. Il rencontre Sabine Becker. La perspective s’élargit. En conjuguant la compétence de chacun, ils induisent le développement d’un mouvement pour l’autonomie alimentaire.

Sabine Becker a exercé, pendant trente-deux ans, la profession d’ingénieure urbaniste dans différentes collectivités publiques. Au vu des obstacles rencontrés, elle  a pris conscience que son activité professionnelle « n’était pas juste » et « elle a cherché à comprendre pourquoi ». « Une grande quête s’en est suivie qui m’a conduite à étudier le fonctionnement de l’être humain dans les différentes dimensions qui le composent. Je me suis également formée à la connaissance des énergies dans le monde vivant des humains, mais aussi des règnes végétal, animal et minéral » (p 23). « Ma vision est devenue holistique et mon regard est appliqué au travail sur soi, au travail collectif et aux territoires » (p 24).

François Rouillay et Sabine Becker se sont ainsi rejoints, « lui dans le domaine de la participation citoyenne au service de l’autonomie alimentaire et donc de la restauration de la santé des personnes, des sols et de la biodiversité, et, elle, dans le domaine holistique du fonctionnement humain en matière comportemental sur les plans émotionnel et mental (p 24). Ensemble, à la suite des expériences passées, ils ont dégagé une vision du retour à l’autonomie alimentaire et élaboré des stratégies pour  sa mise en œuvre. « Il s’agissait pour nous de diffuser la connaissance à partir de méthodes pédagogiques accessibles au plus grand nombre, d’expérimenter des techniques de fabrication de sol nourricier en milieu urbain et périurbain  et d’animer des réseaux de personnes volontaires  engagées dans l’agriculture urbaine et la transition alimentaire sur les territoires » (p 24).

C’est dans ce but que François Rouillay et Sabine Becker ont créé « L’Université francophone de l’autonomie alimentaire » et le site francophone qui en est l’expression : http://www.autonomiealimentaire.info

Et c’est ainsi qu’ils en sont venus à publier ce livre : « En route vers l’autonomie alimentaire ». Cet ouvrage présente la feuille  de route de 21 actions résultant de nombreuses expériences et réflexions et permettant le retour à l’autonomie alimentaire de manière individuelle et collective.

 

Pour des paysages nourriciers

Développer l’autonomie alimentaire, c’est non seulement faire face à des déséquilibres insécurisant, c’est établir une relation bienfaisante avec la nature pourvoyeuse de nourriture . Comment envisager cette autonomie ? C’est « la capacité d’un territoire urbain à produire une nourriture saine permettant de répondre aux besoins quotidiens primordiaux des habitants …. Il s’agit d’obtenir, à travers une production locale constituée de  fruits, de légumes, de légumineuses, de noix, de diverses céréales, d’œufs et de viandes, si nous sommes loin de la mer, de poissons  d’élevage en eau douce,  ainsi que de produits laitiers et d’huiles végétales ; le tout étant récolté, voire transformé sur ce territoire, ou situé dans une proche périphérie (moins d’une heure de trajet), élevé et cultivé selon des méthodes respectueuse de la santé et de l’environnement » (p 37).

Or, une telle politique requiert un nouvel aménagement de l’espace. Et cet aménagement dépend lui-même de notre niveau de conscience. Les auteurs mettent en évidence les déviations qui sont intervenues au cours  des dernières décennies. «  Comment se fait-il qu’au cours des cinquante dernières années nous soyons passés des espaces nourriciers aux espaces verts d’ornement ? » . Et, par ailleurs, « les entrées de nos villes forment des espaces périurbains voués invariablement aux zones commerciales avec leurs parkings et leurs ronds points » (p 47). En regard, le développement de l’autonomie alimentaire requiert une conscience collective. « Et l’un des moyens pour y contribuer est tout simplement de rendre les paysages nourriciers….. ». « A plus grande échelle que celle des bacs de nourriture, cela permettrait de mettre en évidence le lien entre le sol et l’assiette et nous en redonnerait le goût » (p 68). Tout au long de ce livre, nous voyons comment des paysages nourriciers peuvent apparaître et se développer. Et, par exemple, une des premières actions recommandées, c’est d’obtenir l’autorisation de planter légumes et fruitiers dans la ville auprès des collectivités publiques. C’est « le permis de végétaliser la ville en  espace nourricier » (p 17). « Le  permis de végétaliser est une pratique récente que le mouvement international : « Incredible edible » (Incroyables comestibles ) a grandement contribué à généraliser. Il exprime avant tout une volonté politique d’ouvrir l’espace public à la participation citoyenne pour l’agriculture urbaine. Pour des questions de sécurité et de responsabilité, il a progressivement été accompagné de protocoles (conventions simplifiées entre des citoyens désireux de jardiner la ville et les services techniques de la collectivité) et d’une procédure administrative (p 67) . En France, de nombreuses villes ont maintenant officialisé leur permis de végétaliser .

 

Une dynamique associative

Ce livre nous indique un chemin : en route vers l’autonomie alimentaire. Mais le mouvement en ce sens est déjà  bien engagé. Et il manifeste une dynamique associative. Celle-ci s’est déjà révélée dans la rapide expansion du mouvement des « Incroyables comestibles » qui a gagné ville après ville. La même force anime les nombreuses et diverses initiatives qui apparaissent dans ce livre. C’est le commun dénominateur des volets « participatif, éducatif, coopératif, régénératif » de la feuille de route  (p 6-7). Et ainsi les maîtres-mots sont bien : collaboration, coopération, participation, partage. Ainsi parle-t-on de « vergers et de jardins partagés », de « pépinières citoyennes participatives » et même de « poulaillers participatifs ». Ainsi cette collaboration s’exerce en divers domaines et à des échelles différentes. François Rouillay nous rapporte le fonctionnement d’un poulailler participatif  au Québec. « Sept familles s’y impliquent en intervenant à tour de rôle pendant une semaine pour préparer la moulée, donner à manger, nettoyer et « cueillir » les œufs. Le service revient toutes les sept semaines » ( p 110).

Tout ce mouvement, si divers dans ses expressions, s’inscrit dans « une vision commune partagée » : «  Nous ne sommes absolument pas dans une démarche autarcique d’individualités en repli… La logique cosmique des choses nous indique que nous sommes interdépendants les uns des autres …. Nous avons besoin les uns des autres pour rendre possible l’expression d’une intelligence collective autour d’une vision commune partagée » (p 193).

Ce livre témoigne d’une vision. Elle s’exprime notamment dans l’épilogue : « Voir les choses dans leur ensemble ; les fondements : eau, sol, semences, arbres ; l’homme est le gardien des équilibres ; l’univers est un lieu de création et d’abondance » (p 197-199). Ce sont des pensées directrices qui orientent notre marche vers une société nouvelle, un nouveau genre de vie, une éthique.

En même temps, à travers ce livre, on reconnaît le levain dans la pâte d’aujourd’hui comme l’écrit le préfacier, Fabien Tournan : «  Le fil conducteur de ce guide porte sur l’émersion de ce qui existe déjà, qui est là partout dans le monde, expérimenté, enseigné, mais masqué par le vacarme du modèle marchand qui domine…. Il nous conduit à nous reconnecter à la terre, à celle qui nous nourrit, que nous devons préserver, entretenir, celle dont nous devons prendre soin. C’est un livre qui nous invite ainsi à rencontrer la paix » (p 10) . Avec François Rouillay et Sabine Becker, entrons dans ce beau voyage.

(1) François Rouillay et Sabine Becker . En route pour l’autonomie alimentaire. Guide pratique à l’usage des familles, villes et territoires  Terre vivante, 2020

Aujourd’hui, le 12 juin 2020, François Rouillay fait le point dans une vidéo : « Autonomie alimentaire. Comment s’impliquer ? » :

https://www.youtube.com/watch?v=nE9kU0d93YA&feature=youtu.be&fbclid=IwAR1Xx0IHD6Tu9QKn-RltCDF1F_XGdutACjK2qKiTE0jMPp3BUaKQu78NTTI

J H

 

Voir aussi :

« Vers une économie symbiotique » : http://vivreetesperer.com/vers-une-economie-symbiotique/

 

 

La maladie – Les coulisses d’un sauvetage

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Il courait dans les médias un bruit de mort, la menace grandissait, le coronavirus se répandait, les deuils se multipliaient…

Plus fragile à mon âge, 89 ans déjà, le prudence était à l’ordre du jour. Je reportais une visite médicale à Paris ; ce fut un choix strict dans les rencontres de la semaine. Cependant un dimanche après-midi une poussée de fièvre se déclara.

La réponse du 15 fut prudente et le médecin me confirma dans cette prudence. Cependant le mal persistait et la fatigue gagnait. De Londres, où il résidait, mon fils, sensible à l’étrangeté de la situation, demanda à mon médecin de passer me voir, ce qui ouvrit un premier traitement. Mais la fatigue s’amplifia ; une forme de langueur s’installa.

Je descendais la pente sans en avoir bien conscience ; une voisine, amie de longue date, fut attentive, eut le courage d’intervenir et tira l’alarme. Le médecin arriva et déclencha une hospitalisation d’urgence.

 

Le choc

Et donc, en ce début d’après-midi des ambulanciers m’emmenèrent ; je me retrouvai dans une ambulance dont on ferma le capot. Destination : l’hôpital d’Antony.

Nous attendîmes à l’entrée ; le froid était glacial. J’ai souvenir de m’être ensuite retrouvé au chaud dans un lieu accueillant. Un masque à oxygène fut ouvert ; il distribua à forte dose le fluide de vie (18 litres). Nouvellement alité j’entrai dans une douce tranquillité. Une nuit passa. Le lendemain mon fils ayant pris la décision de me rejoindre dans la situation périeuse où je me trouvais, arriva de Londres.

Ma vie était en danger ; le pronostic vital était engagé. Les médecins ne cachèrent pas à mon fils la gravité de la situation. Cependant le vent tourna du bon côté ; quelques jours après je fus transféré dans une clinique/hôpital Les Tournelles à la Hay les Roses où le traitement fut allégé.

 

L’hôpital

Le traitement s’est poursuivi dans cet hôpital. De longues journées émaillées d’interventions ponctuelles : soins, médicaments, repas. L’organisation est régie par la division du travail ; à chacun sa tâche. Les relations sont limitées ; parfois elles s’élargissent grâce à une personne bienveillante, une « bonne personne ». La doctoresse apporte une dynamique d’encouragement. Finalement j’ai appris ma guérison. Libération !

Au terme de ce parcours, suite aux effets de la maladie, les forces physiques manquent. Le passage par une maison de repos s’impose ; la lutte se poursuit. Merci à ceux qui m’y accompagnent.

 

Sauvetage dans les coulisses

Si aujourd’hui la lutte pour regagner la vie normale se poursuit, ce récit n’en témoigne pas moins d’une échappée à une menace de mort très présente pendant quelques jours.

Quand mon fils arriva précipitamment à Antony et accéda à l’hôpital, les médecins lui parlèrent d’une situation désespérée. Mon fils dit à son papa, lui-même inconscient du danger, des paroles mobilisatrices. Pour me parler dans un contexte d’interdiction, il avait quasiment forcé le passage. Ensuite, durant la longue poursuite du traitement, sa présence a été une condition sine qua non dans la persévérance de l’effort de vie. Dans ce scenario, une autre personne a joué un rôle capital ; c’est une voisine amie de longue date et donc au courant de mon évolution, qui me voyant m’enfoncer dans une grande faiblesse, a eu le courage d’appeler le médecin à mon sujet. Celui-ci m’a hospitalisé d’urgence. Il était déjà très tard, le pronostic vital était engagé ; le vent a bien tourné.

D’une manière assez surprenante, la nouvelle de mon hospitalisation s’est très vite répandue. Quelques personnes en relation fréquente avec moi avaient remarqué mon affaiblissement dans les derniers jours ; elles s’alarmèrent lorsque le téléphone ne répondit plus. Elle prirent contact avec des amis pour avoir de mes nouvelles. L’une d’entre elles eut même l’initiative de rechercher sur l’annuaire l’adresse des médecins proches et eut ainsi la chance de pouvoir téléphoner à mon médecin traitant. J’ai su ensuite également les prières qui se sont exprimées à mon intention. Toutes ces interactions psychiques qui m’étaient favorables, ont certainement joué un rôle positif dans l’épreuve que je traversais.

Mon fils a même organisé un réseau d’information sur WathsApp, Dad’s army (l’armée de Papa), riche en expressions d’amitié et de souvenirs communs.

Cette épreuve a été une longue marche. Si tant d’amis ont participé de près ou de loin à cette effervescence salvatrice, je veux mentionner également ceux qui tout particulièrement ont joué un grand rôle dans le maintien de ma persévérance ; ce sont les amis qui m’ont accompagné au téléphone dans l’écoute, un partage de vie et de motivation, un temps de prière ; grâce à eux j’ai pu maintenir le cap. Ajoutons notre reconnaissance vis à vis des personnels hospitaliers qui ont permis cette guérison.

Dieu a été là ; il s’est engagé à travers toutes ces initiatives. Si cela peut prendre des formes et des expressions différentes, « tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». Sauvetage dans les coulisses, c’est un enseignement sur la puissance de l’entraide et sur notre responsabilité commune.

JH

Vivre de la présence divine

« Rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu » (Romains. 8/39).

La guérison est beaucoup plus que le rétablissement de la santé.

En moi, je ressens en profondeur cette certitude : que quoiqu’il m’arrive,
Dieu, en Jésus Christ, attesté par l’Esprit
Demeure en moi.
Sa présence est intégrée à ma personne. Je sais, je le vis.

Tout en moi est imprégné de divinité.
Tout ce qui est terrestre est une couche superficielle de mon être comme l’aspect visible de l’arbre, de la vigne.
La sève, invisible, circule dans toutes les ramifications, apporte la vie.
L’arbre qui est coupé, paraît mort. Mais, du tronc, racines, la sève fait resurgir des pousses. Un deuxième arbre apparaît.

La vie divinisée en moi est éternelle.

Nous sommes étrangers sur cette terre dans la mesure où n’y sommes pas établis pour l’éternité.
La Terre est une étape dans notre Vie. La mort, un passage vers un autre état comme la naissance. Du fœtus au bébé, nous naissons à un état spirituel.

En moi, aujourd’hui :
Une joie profonde de la présence de Dieu
Qui donne :
Confiance au présent
Force et énergie
Espérance du futur
Illumination du passé.

Odile Hassenforder
Ecrits personnels
4 décembre 2006

Textes en regard.

Que Dieu qui est l’auteur de l’espérance
vous comble
de toute joie
et de sa paix  par votre confiance en Lui.
Ainsi, votre cœur débordera d’espérance
par la puissance du Saint Esprit.
(Romains 15/13)

Dans son grand amour
Dieu nous fait naître à une vie nouvelle… Voilà qui fait notre joie
Même si vous êtes attristés par diverses épreuves
actuellement …   qui servent à éprouver votre foi.
… Joie glorieuse qu’aucune parole ne peut exprimer…
(I Pierre 3,6)

Romains 8
Verset 2  C’est la loi de l’Esprit qui nous donne la Vie dans l’union avec Jésus Christ…

Sa présence dans ma vie

« Sa présence dans ma vie », tel est le titre du livre d’Odile Hassenforder. Ce livre porte un témoignage vivant qui nous parle à travers le temps : http://vivreetesperer.com/odile-hassenforder-sa-presence-dans-ma-vie-un-temoignage-vivant/
Ce témoignage s’exprime à travers ce blog .  Ce texte : « Vivre de la présence divine » rapporte un vécu qui s’adresse à chacun de nous . C’est un désir que nous ressentons.   Chez Odile, la réalité de la présence divine est aussi en phase avec le mouvement de ce désir :
« Ce désir au fond de moi d’être imprégné de la vie divine est suscité par l’Esprit. Donc, j’ai à accueillir son oeuvre en moi, et ensuite à donner mon accord pour qu’il me rende capable de vouloir, puis de faire vis à vis des actes qui lui plaisent . C’est très différent de me forcer, de rassembler ma volonté pour agir ».
« Accueillir la vie » : http://vivreetesperer.com/accueilir-la-vie/

Dieu vivant : rencontrer une présence

Ce témoignage apporte un exemple concret à l’appui de la vision théologique que nous apportent Bertrand Vergely, Jürgen Moltmann, Diana Butler Bass et Richard Rohr  dans ce blog. Ces apports convergent dans l’article : « Dieu vivant : rencontrer une présence » au sujet du livre de Bertrand Vergely : « Prier : une philosophie » : http://vivreetesperer.com/dieu-vivant-rencontrer-une-presence/

« La Vie. La Vie avec un grand V. Ce n’est pas un terme grandiloquent. Il y a en nous une présence faisant écho à ce que nous avons de plus sensible, d’où la justesse de parler de divine présence », nous dit Bertrand Vergely. Richard Rohr lui fait écho : « Dieu n’est pas un être parmi d’autres, mais plutôt l’Etre lui-même qui se révèle… Le Dieu dont Jésus parle et s’y inclut, est présenté comme un dialogue sans entrave, un flux inclusif et totalement positif, la roue d’un moulin à eau qui répand un amour que rien ne peut arrêter ». Jürgen Moltmann, dans la foulée de la théologie renouvelée d’un Dieu Trinitaire, écrit : « Nous vivons en communion ave Jésus, le Fils de Dieu, et avec Dieu, le Père de Jésus-Christ et avec Dieu, l’Esprit de vie. Ainsi, nous ne croyons pas seulement en Dieu . Nous vivons avec Dieu, c’est à dire dans son histoire trinitaire avec nous ».

C’est dans cette compréhension qu’Odile témoigne : « Ce désir au fond de moi d’être imprégné de la vie divine … Tout en moi est imprégné de divinité ».

J H

Comme la beauté nous accompagne en hiver

Ici, en partage, quelques photos des sites Flickr que nous fréquentons et qui nous apportent des moments d’émerveillement.

Des couleurs en trace d’automne
Avec Paula W Angleterre 30 décembre 2019

Temps de neige
Avec Sandra Bartocha Allemagne  8 janvier 2020

Rêve de blancheur
Avec Sandra Bartocha Allemagne  22 décembre 2019

Une harmonie qui se révèle
Avec Didier Héroux Savoie 26 janvier 2020

Neige en montagne
Avec Didier Héroux Savoie 26 janvier 2020

Ciel, lac et montagne tout en bleu
Avec Gérard et Françoise  Léman  5 février 2020

Un chemin dans la brume
Avec Tony Armstrong-Sly Angleterre  7 février 2020-02-15

Gestation, un matin, dans la brume
Avec Vanille France 10 janvier 2020

Crocus : annonce de printemps
Avec Dhina A 31 janvier 2020

Amandier en fleurs
Avec Gloria Castro Province de Valencia Espagne 28 janvier 2020

En toute saison, un ciel qui émerveille
Avec Gloria Castro  Province de Valencia Espagne 11 février 2020

« Le monde est très matériel et pourtant il est très spirituel. Une montagne, l’hiver, a beau être un tas de cailloux avec de la neige comme le dit un matérialiste ordinaire, ce n’est pas un tas de cailloux avec de la neige, c’est de la beauté. On fait un avec le monde quand on vit cette beauté. On expérimente le réel comme le Tout vivant. On se sent vivre et l’on s’émerveille de vivre … » Bertrand Vergely Retour à l’émerveillement  (p10)

http://vivreetesperer.com/emerveillement-un-regard-nouveau/

 

 

J H